- Affluence des jeunes à la conférence même en période d’examen
- Renforcement du taux d’insertion, obtention de stages, loisirs… leurs attentes
- Les entreprises, elles, cherchent des compétences
«Il y a encore des insuffisances en matière d’adéquation des formations à l’activité économique de la région.» C’est en ces termes que l’un des étudiants assistant à la conférence de L’Economiste sur l’enquête des jeunes (Surnergia) à l’Ecole Nationale de Commerce et de Gestion à Agadir a exprimé le cœur des préoccupations des jeunes de la région. L’événement qui s’est tenu vendredi 25 mai, s’inscrit dans la continuité de la dernière rencontre à Marrakech et auparavant à Casablanca, Fès et Rabat. Malgré la période des examens bien engagée, de nombreux étudiants de l’établissement ont assisté au meeting. «L’objectif premier de cette rencontre c’est d’écouter les jeunes étudiants s’exprimer sur leurs préoccupations», explique Anouar Zyne, modérateur de la conférence et corédacteurs de l’enquête des jeunes de 2011 avec Mouna Kadiri. Après, la présentation des résultats de l’étude aux étudiants (les résultats sont consultables sur le site Internet de L’Economiste, à la rubrique «Documents»), la question posée aux étudiants était simple: Comment rêvez-vous le Maroc de demain? Comment voyez-vous le pays dans 20 ans? Tous les étudiants s’accordent sur une chose: “Il faut faciliter l’insertion des jeunes dans le monde du travail’’. S’ils sont ceux qui ont le moins de mal à trouver un emploi à la fin de leur cursus, les étudiants de l’ENCG Agadir sont conscients des contraintes de la région. Deuxième pôle économique du pays, Agadir et sa région abrite plus d’un secteur porteur d’emplois. Mais les jeunes diplômés ont cependant bien du mal à trouver un travail à la fin de leur cursus universitaire. En effet, paradoxalement à une forte activité économique, la zone est marquée par un taux de chômage des diplômés élevé. Il serait même le plus important du Royaume. Il avoisinerait les 20%. Cette situation inquiète bien sûr les jeunes de la région. Dans cette zone le rendement des facultés et des écoles de l’université Ibn Zohr qui ne dépasse pas 4.000 diplômés par an, ne trouve pas toujours preneur. “Pourtant des efforts ont été faits ces dernières années pour renforcer l’adéquation de l’offre en formation à l’activité économique de la zone. Nous disposons aujourd’hui de 130 filières’’, souligne Abdelatif Moukrim, vice-président de l’université Ibn Zohr.
Mais il faut dire que dans la région les activités ont toutes les caractéristiques d’être saisonnières. L’origine du problème n’est en fait pas vraiment à ce niveau. Il s’avère qu’il faut endiguer les lacunes dont souffrent les jeunes diplômés de l’université. De l’avis des professionnels, ils semblent qu’ils ne sont pas assez outillés. Ceci surtout que les entreprises recherchent plus aujourd’hui des compétences que des porteurs de diplômes. En effet, il y a encore et encore un grand besoin en compétences dans la région Souss-Massa-Draâ. Pour une étudiante participante à la conférence il est important aussi de pousser encore plus les jeunes vers l’auto-emploi à travers plus de facilitations.
Les jeunes de la région d’Agadir ont aussi leur mot à dire sur la gestion locale. Ils veulent une zone plus désenclavée. «Les jeunes Marocains ne sont pas nombreux à passer leurs vacances dans le sud en raison de l’insuffisance des moyens de transport», souligne un étudiant en réponse à une tendance qui ressort de l’enquête présentée. En effet, le train reste le moyen de transport préféré des jeunes et la ligne de chemin de fer n’arrive toujours pas à Agadir. En matière de désenclavement, Oufae Zerouali, enseignante-chercheur à l’ENCG, préconise un rural mieux connecté dans l’avenir. Le Maroc est en effet aussi rural et la région d’Agadir l’est en grande partie. Heureusement que la société civile est très dynamique dans les zones enclavées. Au-delà du désenclavement, les jeunes de la région d’Agadir parlent aussi du développement humain à renforcer dans l’avenir. Leurs préoccupations vont aussi à leur environnement de proximité tels que les infrastructures culturelles, sportives et de loisirs à développer. Et là les élus et responsables locaux sont vivement interpellés.
Initiative
Les étudiants de l’ENCG vont au-devant de leur marché du travail. Ils viennent de créer un club d’insertion et stage. L’idée est d’accompagner les jeunes dans la recherche de stage et aussi d’un emploi à la fin du cursus estudiantin. La démarche va consister à s’approcher des décideurs du monde du travail et les amener à des rencontres avec les étudiants de l’établissement. Les uns pour connaître les profils de l’établissement, les autres pour découvrir les opportunités d’emplois des entreprises.
Malika Alami – leconomiste.com

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I. F. A. : Institut Français d'Agadir
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