Tourisme: La destination se prépare au pire

  • Les nuitées ne cessent de baisser depuis une année
  • Sur les 26.000 lits de la destination plus de 20.000 ont plus de 35 ans
  • Parc hôtelier vieillissant, connexion aérienne et promotion  insuffisantes…

Un climat ensoleillé près de 360 jours par an, de larges plages de sables fins,  un arrière-pays dépaysant… la station balnéaire d’Agadir, une des plus belles baies du monde, a tous les atouts pour séduire les touristes. Mais en dépit de tous ses charmes, l’activité reste en deçà de ses potentialités. Depuis un an, la destination a du mal à séduire. Le nombre de touristes séjournant dans la ville ne cesse de régresser de mois en mois depuis 2011. En avril dernier le nombre de nuitées a chuté de 8,31% comparativement à l’an dernier à la même période. Et ce malgré une légère hausse des arrivées de 1,93% par rapport à avril 2012. Le taux d’occupation moyen dans les hôtels classés de la ville d’Agadir durant le mois d’avril 2012 a enregistré par ailleurs une baisse de 10,98 soit 45,21% en 2012 par rapport à 50,78% en 2011. Durant les 4 premiers mois de 2012, le taux d’occupation moyen des établissements d’hébergement a baissé de 43,54% en 2012 par rapport à 53,60% enregistré en 2011. Les derniers chiffres du CRT d’Agadir sont formels (cf. notre édition N° 3782 du 14 mai 14/05/2012). Même les marchés traditionnels chutent de manière vertigineuse. Le marché italien enregistre la plus forte baisse -54,63% en arrivées et -75,39% en nuitées, notamment à cause de la fermeture de Club Valtur. Le marché polonais perd 22,81% de nuitées et 16,14% d’arrivées. Il y a eu -16,75% d’arrivées belges et le double en moins de nuitées (-30,00%). Quant aux marchés français  et allemand, ils ont accusé respectivement -16,69% et -13,62% en termes d’arrivées et -24,00% et -10,75% en nuitées. Le marché britannique a aussi accusé deux baisses à ce  niveau de -5,62% et -3,44%. Idem pour le marché russe avec -53,56% en nuitées. Et ce n’est pas fini, avance Saïd Scally, professionnel du tourisme pour qui le pire est encore à venir. «L’été 2012 sera un des plus mauvais de l’histoire de l’activité touristique de la station balnéaire», présage-t-il ajoutant que «le taux d’occupation moyen de la station balnéaire se situera en dessous de 45%». Des propos qu’il justifie par l’impact des vols low cost qui ont supplanté sur les vols charters. «La baisse de l’activité est en grande partie due aux retombées du printemps arabe», résume de son côté Lahcen Ouenchar, DG de l’hôtel Framissima à Agadir. Les touristes potentiels s’inquiètent beaucoup de la sécurité et préfèrent changer de destination que de prendre des risques. Il est donc important de communiquer en permanence pour changer la perception de la destination, indique-t-il. Mais l’origine de la situation d’Agadir n’est pas seulement due aux retombées du printemps arabe. La destination souffre véritablement de problèmes structurels. Son parc hôtelier est en partie vieillissant. La ville qui offre aujourd’hui plus de 26.000 lits abrite par rapport à 2007 une capacité additionnelle de plus de 3.000 lits environ. Mais il faut dire que certains établissements sont difficilement commercialisables. Aujourd’hui sur les 26.000 lits plus de 20.000 ont plus de 35 ans et ont fortement besoin de rénovation. Mais le dossier de mise à niveau des établissements touristiques concernés n’avance pas vraiment malgré les nombreuses réunions entre institutionnels et hôteliers et les études réalisées à ce sujet. De fait, la maigre activité de beaucoup d’entre eux en raison de la faiblesse de leur stratégie commerciale et l’état du produit ne permettent pas aux concernés d’investir dans des travaux de rénovation. La promotion insuffisante de la station balnéaire sur les marchés émetteurs est aussi un maillon faible de la stratégie de développement de la destination Agadir. Comment renverser la tendance avec des budgets limités à ce niveau. Pour Scally, la solution pour sortir de cette conjoncture difficile est dans un effort collectif et l’initiative doit venir en premier des professionnels d’abord à travers des engagements auprès des tour-opérateurs. L’effort est aussi au niveau de stratégie individuelle. Les chiffres de nuitées réalisées et le taux d’occupation de certains établissements qui font exception dans la ville montrent que la baisse de l’activité n’est pas une fatalité. Reste plus qu’à bouger et à prendre exemple.

Mix haut de gamme et tourisme rural
Le développement de la station balnéaire passe aussi par la diversification du produit. Il faut miser de plus en plus sur le tourisme individuel haut de gamme, estiment les professionnels. Pour cela, il est important que la destination investisse dans des manifestations d’envergure internationale. L’évolution de l’activité est aussi tributaire d’un renforcement de l’offre. Il est important en effet de miser plus sur le tourisme de niche et notamment sur le tourisme rural. «Le tourisme rural est encore embryonnaire dans la région malgré d’énormes potentialités», fait observer Hassan Aboutayeb, président du Réseau de Développement Touristique Rural (RDTR). Pourtant le chantier du pays d’accueil touristique (PAT) de l’arganier est en marche. Les zones concernées dans la région dans le cadre de ce programme sont: les PAT d’Immouzzer, de Chtouka, Tiznit et Taroudant. Les plus avancés sont ceux d’Immouzer et de Chtouka. Pour Aboutayeb, la démarche est d’importance pour repositionner la destination et offrir un avantage comparatif par rapport à d’autres destinations balnéaires.

M. A. – leconomiste.com

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A propos Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.
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3 réponses à Tourisme: La destination se prépare au pire

  1. Masin dit :

    Bonjour,
    La ville d’ Agadir est belle et attirante sauf que son entourage est sale et touche à son image en général. Venant de l’ aéroport, il est impossible de ne pas remarquer les sacs de plastique partout, l’ odeur de poubelle recyclée ou pas encore vous frappe dès l’ entrée d’ Agadir, surtout le matin et le soir. De Tilila jusqu’ à la station balnéaire ces odeurs font votre accueil.
    Autres choses, toute le monde sait qui a des plages superbes grand, vastes et loin de la ville .. leur découverte est aussi programmée par beaucoup de nos visiteurs. Sauf que c’est sale vraiment sale. Il y a tout un désastre et une mauvaise organisation. vous y trouvez des poubelles, sacs de plastique, des chèvres, des dromadaires, des chiens et des vendeurs de toutes sortes de choses qui nuisent à votre intimité et votre tranquillité. On peut garder nos visiteurs sur la seule plage d’ Agadir qui est propre et bien gardée. on ne peut pas les garder dans les hôtels pour ne pas pas voir nos villages-poubelles, des souks sales et des routes trouées.

  2. agadir dit :

    Profiter de cette baisse de touristes pour regoudronner entierement -en nylon si possible- la route de la valée du paradis bourée de nids de poule et dont le rafistolage ne dure pas un mois vu le chaland incessant et l’age du troncon aussi. les gens pourront quand meme utiliser les autres routes menant a immouzzer depuis les nationales 1 et 8.

  3. CHOUTEAU Lionel dit :

    Bonjour, je séjourne régulièrement à Agadir, et de plus je lis régulièrement, les articles du blog de Monsieur Michel Terrier,
    A leur lecture, je me pose toujours la même question, "Tous ces acteurs de la région, discutent à n’en plus finir, des causes de la désaffection des touristes, je vous accorde que la crise financière mondiale, n’aide pas les pays en développement, mais la vraie question pour Agadir est que nous ne comprenons pas, que cette agglomération, ne fasse pas un plus grand effort, sur la propreté, des rues"
    En effet sitôt que l’on sort du quartier balnéaire, et que l’on visite les quartiers, ce qui saute aux yeux, ce sont ,les poubelles des quartiers ouvertes, leur contenu déversé dans la rue, sans doute par les pauvres récupérateurs, peut-être aussi, par un nombre insuffisant de ces poubelles. Ces détritus n’étant d’ailleurs pas recueillis par les ouvriers des camions de ramasssage.
    En outre dans les quartiers en évolution, les terrains non encore urbanisés, servent souvent, pour ne pas dire toujous de dépotoirs aux chantiers voisins.
    Une simple visite des élus responsables, dans ces quartiers , leur ouvrirait très certainement les yeux !!!
    Bien amicalement.
    L. CHOUTEAU

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