Agadir/conférence scientifique : A propos de l’erreur médicale…

La responsabilité médicale entre les textes et les contraintes de la pratique a été, vendredi dernier, au Palais des Roses d’Agadir, la thématique centrale de la conférence scientifique, tenue par le syndicat autonome des médecins du secteur public du Souss Massa Drâa, en coordination avec le club des magistrats du Maroc. Cette rencontre à laquelle a pris part une pléiade d’acteurs du corps de la magistrature et de la médecine, toutes spécialités confondues s’est surtout illustrée par ce côtoiement révélateur de deux «antagonistes» autour d’une profession entachée d’erreurs professionnelles. «L’erreur est humaine», dira-t-on, mais dans le secteur de la médecine, elle est fatale. Selon certains intervenants, elle coûte, au temps révolu, des sanctions drastiques allant de l’indemnisation des victimes à l’amputation des mains de l’auteur des bévues. Aujourd’hui, en dépit de quelques dérapages médiatiques et outrances abusives, les lois légiférant la responsabilité du médecin est similaire à celle régissant toutes les obligations civiles, administratives et pénales, à l’instar de ses homologues de l’Hexagone. D’autres communications ont mis l’accent sur la complexité de détection des bavures professionnelles en matière de médecine et la vétusté des lois en vigueur en cas de production de déficience. A ce propos, la loi préserve aussi bien le citoyen que le médecin, tout en précisant que la profession de ce dernier est particulièrement exposée à l’erreur, de par le danger qu’il encourt, face aux outils utilisés, plus spécialement lors des opérations chirurgicales et esthétiques. Toutefois, il est pratiquement impossible de déterminer l’erreur purement technique, du fait que l’évolution technologique et scientifique est telle qu’on n’arrive pas à décerner exactement l’irrégularité, alors qu’on peut facilement sanctionner un comportement d’indifférence et de fantaisie émanant de tel ou tel médecin, en termes de non-respect des règlements ou du non divulgation des états d’avortement à titre d’exemple. Cependant, c’est à l’appréciation du juge que revient la décision de condamner ou non ce genre d’erreurs. Parmi les allocutions pertinentes des intervenants, on peut aussi retenir cette question intrigante selon laquelle les médecins ont tendance à « occulter » des rapports concernant leurs collègues, soit par rangement à leur côté ou dérobade de la responsabilité ! Enfin, il est à souligner que cet événement a été marqué par la richesse des points de vue, sanctionnée par une haute maturité et une large expertise des professionnels, mais également par la perspicacité des idées soumises au débat fructueux qui s’en était suivi dans la salle hyper bondée. Il a été ponctué pareillement par le vibrant hommage rendu au Dr Jama, l’un des fondateurs du syndicat autonome des médecins du secteur public pour ses louables actions au service de la profession et du citoyen.

Saoudi El Amalki – albayane.press.ma

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A propos Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.
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