Agadir repense son urbanisme

Par Yassine SABER  - lesechos.ma

«Pour accompagner les tendances sociospatiales et pallier au dysfonctionnement de l’urbanisme, la prise en compte des acteurs locaux s’impose comme un impératif». C’est le constat sur lequel se sont accordés en fin de semaine à Agadir, les participants au forum des concertations régionales autour de la politique de la ville, initié par le ministère de l’Habitat et de l’urbanisme. À l’image de plusieurs villes marocaines, l’étalement urbain du Grand Agadir traduit un déséquilibre sociospatial, d’où la nécessité de repenser la planification de l’aire urbaine, constituée d’une ville relativement équipée et de plusieurs centres satellites en déficit d’infrastructures. Le développement urbain, porté dernièrement par une dynamique économique et sociale, a engendré des groupements de béton non équipés en infrastructures de base. À tel point que le grand Agadir ne dispose actuellement d’aucune identité architecturale. De plus, la ségrégation sociospatiale a posé entre autres, des contraintes liées à la mobilité, au transport, à la circulation, mais aussi un déficit en termes d’équipements, notamment la rareté des espaces récréatifs, sportifs et communautaires. «Malheureusement, la politique adoptée durant cette décennie a été marquée par la construction de lotissements et la négligence de l’aspect social», a ainsi déclaré le maire d’Agadir, Tarik Kabbage. De son avis, il est indispensable d’arrêter la construction des nouveaux lotissements puisque ceux d’Agadir abritent à eux seuls environ 500.000 habitants. C’est pourquoi, il est nécessaire d’adopter une vision intégrée de la ville, mais aussi des communes avoisinantes.   La solution émane, selon le maire, du plan de développement communal ayant déjà tracé ce qui doit être réalisé dans la ville de demain, notamment en termes de proximité, d’amélioration du cadre de vie, mais aussi de la fédération de l’ensemble des ministères ayant une responsabilité afférente à l’aménagement urbain en matière d’enseignement, de santé, de sécurité et d’encadrement social de la population. Cela ne peut réussir, selon Kabbage, qu’à travers la signature de contrats-programmes avec le gouvernement, avec le ministère de l’Urbanisme et en particulier Al Omrane et les élus qui sont les porteurs de cette politique de la ville. De son côté, le ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de la politique de la ville, a prôné une nouvelle approche (la politique de la ville qui serait présentée le 27 juin aux assises nationales) permettant, à partir des acquis engrangés en termes de développement urbain, de traiter les dysfonctionnements et les points négatifs. «On ne peut plus traiter les villes comme des zones d’habitat, il s’agit de les traiter comme un espace de création de richesses, de production et surtout de répartition juste de ces richesses. Il s’agit aussi de créer les conditions pour que les villes soient accueillantes, solidaires, inclusives, que les villes puissent produire de la mixité sociale et puis nous avons différentes formes d’interventions qui peuvent concerner le centre rural émergent que la grande ville», souligne le ministre. Par ailleurs, «cette politique ne peut réussir qu’à travers l’amélioration de l’attractivité et la compétitivité de la région en général et des villes en particulier», ajoute Brahim El Hafidi, président du Conseil régional Souss-Massa-Drâa. Parmi ces facteurs de richesse, les zones industrielles. Au total, ce sont 15 zones qui ont été créées dans le Grand Agadir avec une superficie globale de 765 ha. Jusqu’à présent, le nombre des zones en activité est estimé à 10 tandis que 5 autres sont toujours en attente. Plusieurs lots totalisant 3.481 parcelles ne sont pas encore valorisés.

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A propos Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.
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