Agadir: La mise à niveau urbaine se poursuit

par Malika ALAMI – leconomiste.com

  • Priorité aux quartiers défavorisés
  • Le réaménagement du quartier Taddart à Anza sur les chapeaux de roues
  • Lancement des travaux dans les piémonts

La baie d’Agadir de jour

Restructuration, équipement, désenclavement… Agadir et sa région sont en pleine métamorphose. Depuis le lancement du plan communal de développement en 2010, ce phénomène s’est particulièrement accentué. La priorité est donnée à la mise à niveau des quartiers défavorisés à travers leur équipement en infrastructures de base. C’est ainsi que plusieurs chantiers ont été lancés, notamment en aménagement de voirie dans les communes de Bensergao, Tikiouine et Anza. D’autres projets du genre sont à l’étude. Mais indéniablement un des plus gros chantiers en la matière dans la ville c’est le projet de Taddart. De fait, la mise à niveau de ce quartier, de la commune d’Anza, est un véritable programme d’envergure qui est en œuvre. Le projet, lancé en janvier 2011, est réalisé sur les chapeaux de roues. En effet, il va être réalisé en un an et demi au lieu de 3 ans au programme. Pas de temps à perdre. Ce chantier, d’un coût global de 177 millions de DH, est d’une grande importance sociale. Cette localité, tout juste un tout petit douar dans les années 1950,  située au nord de la ville d’Agadir a enregistré depuis les années 1980 une forte évolution démographique et abrite aujourd’hui une population de 22.000 habitants environ. Un nombre qui assurément va augmenter car, sur le lieu, se trouve un lotissement support du programme “ville sans bidonville” d’une capacité de 5.000 ménages bénéficiaires. Raison de ces perspectives et du développement de la population sur les lieux, le nombre des logements n’a cessé de se multiplier dans la zone sans grand accompagnement en équipement. Aussi, la localité est plutôt enclavée et connaît de nombreuses insuffisances en matière d’équipement. De plus, la qualité paysagère du cadre bâti est médiocre. Une situation qui accentue les disparités entre la zone et la station balnéaire d’Agadir. Mais tout cela est appelé à changer. Le projet de mise à niveau des piémonts est aussi un dossier prioritaire dans la ville. Il est même incontournable si on veut mettre définitivement fin au phénomène de l’habitat clandestin sur les lieux. Les partenaires du dossier semblent engagés à réaliser ce projet qui nécessitera un investissement global de 200 millions de DH. Après plusieurs réunions, ce chantier a fini par démarrer en avril dernier. Les premiers travaux concernent l’installation du réseau d’assainissement et les adductions d’eau potable. De fait, ce chantier s’articule autour de trois composantes au total.  Ce qu’il y a de plus urgent, c’est, de l’avis de tous, le transfert et le relogement de plus de 400 ménages résidant dans les quartiers menaçant ruine. Fossés, falaises ou encore carrières abandonnées, les terrains de la zone sont accidentés et nécessitent des protections pour éviter des accidents dans les environs. C’est ce que rapportait déjà une première expertise réalisée en 2008 pour le compte de la société Al Omrane Agadir. Selon cette étude, les douars des piémonts sont construits sur un site à forte sismicité. Par ailleurs, il y a des risques de glissement de terrain et d’éboulements par endroits donc grand danger pour les habitations implantées sur des talus. Ceux qui occupent le domaine public hydraulique le sont aussi car ce sont des zones inondables. Ces douars implantés depuis plus de 100 ans sont appelés donc à changer de visage. Il était grand temps.

A la traîne
A Agadir, il n’y a pas que des projets qui avancent. Certain dossiers sont vraiment à la traîne. La gestion de la nouvelle décharge contrôlée constitue justement un souci.  Le délégataire s’est engagé à trouver des solutions. Il est question de traiter le lixiviat et de le verser dans le réseau d’assainissement. En attendant, les odeurs nauséabondes qui se dégagent de la décharge pourrissent l’atmosphère des quartiers périphériques et causent beaucoup de désagréments aux riverains de ces zones. Les dossiers de plan de déplacement urbain (PDU) et de gestion de parkings n’avancent pas également. Selon le maire de la ville, Tarik Kabbage, ils sont toujours au niveau de la Direction générale des collectivités locales et aucune explication n’a été donnée quant à leur devenir. Pour la commune, cela est fort contraignant car des projets comme celui de la future gare routière sont tributaires du PDU. En ce qui concerne la gestion des parkings, la commune a créé il y a deux ans déjà une société mixe avec la CDG pour leur gestion. En outre, la commune envisage la création d’autres sociétés de développement local pour la collecte des déchets, et la production d’énergie. La question de la mise à niveau du site des gargotes à l’entrée du port est aussi parmi les dossiers qui n’avancent pas à la commune urbaine d’Agadir.

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A propos Michel Terrier

Un ancien d'Agadir revenu au pays.
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