Archives de 24 août 2011

Le CRT d’Agadir tient son CA

Le Centre régional du tourisme (CRT) d’Agadir Souss-Massa-Draâ tient aujourd’hui, mercredi 24 août, son 6e conseil d’administration. A l’ordre du jour, l’examen de la conjoncture à fin juin 2011, l’état d’avancement de la Vision 2020 et du contrat-programme de la région Souss-Massa-Daraâ. Au menu également, l’approbation des rapports d’activités des différentes commissions du CRT. Le président de la Fédération du tourisme, Ali Ghannam, devrait y prendre part pour un avant-goût du focus sur le secteur. Toujours est-il que la FNT se réunira avant le 1er salon international du tourisme de l’année, Top Resa Paris, prévu du 20 au 23 septembre. Objectif, élaborer «une photo réelle par territoire touristique». A cela s’ajouteront les opérations de leviers promises par la FNT et l’ONMT pour aider le secteur à se sortir de la conjoncture difficile de cette saison.

Publié 24 août 2011 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Tourisme

Souss-Massa-Draâ : Cactus, une alternative économique d’envergure

Constituant une véritable locomotive de développement économique au
niveau de la région du Souss-Massa-Draâ, le cactus est aujourd’hui une vraie
source de revenu pour les locaux.

En réel levier de développement, le cactus est devenu au niveau de la région du Souss-Massa-Draâ une source de revenu créant près de 355.000 journées de travail, soit 1775 équivalents temps plein (ETP). En effet, la culture du cactus est une alternative de premier choix pour la promotion économique de la région d’où le regain qu’a connu cette culture ces dernières années. Possédant des qualités à la fois agronomique, économique et écologique, l’huile du cactus est aujourd’hui l’une des huiles les plus chères au monde. Ceci étant, cette espèce miracle a ainsi permis la mise en valeur des terres se situant dans des zones arides ou semi-arides. Force est de constater que le Plan Maroc Vert a joué un rôle incontournable dans la promotion de ce produit local notamment via le plan mis en place pour la valorisation de cette filière dans le cadre du pilier II.
Ainsi, la mise au point de nouvelles technologies de valorisation agro-industrielle de différentes parties du cactus, aussi bien le fruit, la raquette, la fleur que les graines, dans la production a permis la promotion de la consommation des produits dérivant de cette espèce dont on note les confitures, jus, fruits confits, conserves de filets, soupes et farines de raquettes. Autant de produits qui sont élaborés à base des figues de barbarie, de raquettes ou des grains des fruits. En effet, l’huile extraite des grains de fruits du cactus est aujourd’hui l’un des produits dérivants les plus chers de cette espèce. Notons dans ce sens sa haute qualité cosmétique et sa valeur commerciale élevée. Néanmoins, la cherté de cette huile est en fait due à la quantité de grains utilisés pour à peine extraire quelques gouttes de cet élixir. En effet, chaque tonne de fruits donne 25 kg de graines et à peine un litre d’huile. Notons que même si le nombre des grains contenus dans un fruit est élevé, il n’y a que 5% d’huile dans chaque germe.
Il est à noter que la région du Souss-Massa-Draâ dispose d’une superficie de 43.000 ha de cactus. La production est estimée au niveau de la région à 350.000 tonnes avec un rendement moyen de 8 tonnes par hectare. Par ailleurs, le nombre des producteurs est estimé à 3700. Ceci étant, l’un des objectifs du Plan Maroc Vert est d’élever aussi bien l’évolution des superficies, des rendements que celle de la production. Ainsi, trois projets ont été retenus dans ce cadre. Il s’agit d’un premier projet dédié à l’intensification du cactus. Le deuxième projet est consacré à la reconversion des plantations alors que le troisième projet est dédié à l’extension de la culture du cactus et à la valorisation de la production. Parallèlement, un groupement d’intérêt public a été créé au niveau de Sidi Ifni en partenariat avec les coopératives locales, les producteurs ainsi que les opérateurs. Le produit porte désormais une appellation d’origine «figue d’Ait Baâmrane». Des recherches agronomiques ont également été menées par l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) avec l’aide de l’Association agrotechnologies et le conseil régional du Souss-Massa-Draâ. Les efforts consentis devraient ainsi amener à faire évoluer la superficie pour atteindre 50.800 ha en 2020 et élever le rendement pour ainsi donner 8.01
tonnes/ha en 2011, 8.10 T/ ha en 2013 et 9.34 T/ ha en 2020. Quant à la production, elle devrait atteindre les 374.750 T en 2013 et 474.625 T en 2020.

Majda Saber – aujourdhui.ma

Publié 24 août 2011 par Michel Terrier dans Agriculture, Développement, Economie, Région

Maroc, affluent méditerranéen et mythique Andalousie

Chronique d’hier et d’aujourd’hui, par Mouna Hachim

Née à Casablanca, titulaire d’un DEA en littérature comparée, je suis journaliste, écrivain, chercheur et éternelle étudiante en quête perpétuelle de Connaissance…
Citadine et rurale, captivée par la richesse patrimoniale que recèle mon pays, guidée par la passion des origines, je suis auteur d’un roman, paru en janvier 2004 sous le titre « Les Enfants de la Chaouia », une fresque sociale dépeignant un siècle d’histoire de Casablanca et de son arrière-pays.
En 2007, j’ai publié en auto-édition, le « Dictionnaire des noms de famille du Maroc » qui présente sous une forme pratique des pans essentiels à la compréhension de l’histoire du Maroc sous le prisme des noms de famille.
Je contribue également tous les mardis  à l’Economiste avec ma « chronique d’hier et d’aujourd’hui », mêlant actualité et histoire.
 

Quand on est sensible aux questions de la valorisation de nos patrimoines, de la relation entre culture et développement, du dialogue interculturel et interreligieux… on ne peut qu’être saisi par cette mise en valeur de l’identité plurielle du Maroc dans la nouvelle Constitution.
Dans l’attente que des chantiers soient initiés sur les plans de l’Enseignement, de la Culture, de l’Audiovisuel…afin de promouvoir à sa juste valeur cette richesse, poursuivons notre chevauchée, entamée la semaine dernière depuis les profondeurs de l’Afrique, pour voguer entre les deux rives de la Méditerranée.
Il est alors logique de remonter l’histoire des liens humains à des époques plus lointaines que l’ère de la resplendissante Andalousie. Il est tout aussi tentant de relater ces théories relatives à l’origine des Ibères, outre celles «classiques» qui soutiennent la thèse ouest-occidentale. D’autres, s’appuyant sur des vestiges archéologiques, suggèrent en effet l’arrivée des Ibères au Néolithique à partir d’autres rivages de la Méditerranée, si ce n’est comme le suppose certains, d’Afrique du Nord, en soulignant les similitudes avec les Berbères notamment sur la base de découvertes anthropologiques.
Divisés en plusieurs tribus à travers le vaste territoire, les Berbères comme les Ibères voient peu à peu arriver, les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains, les Vandales, les Arabes… A la variété originelle des peuplements se sont ainsi superposées, au fil des siècles, d’autres influences civilisationnelles.
Parmi les grands épisodes: l’arrivée des Phéniciens, édificateurs à partir de leurs sites d’origine, dans l’actuel Liban, d’un réseau de comptoirs à travers la Méditerranée et la naissance sur le sol africain de son héritier, l’empire carthaginois. Outre leur alphabet, leur religion et culture, ils ont développé la notion de cité-État et ont permis l’essor de l’urbanisation en diffusant dans tout l’espace punique, le modèle de la ville avec enceinte fortifiée. Parmi ces cités: Tripoli, Sousse (Hadrumetum), Carthage la capitale; Hippone (Annaba), Icosium (Alger); Lixus (Larache), Rutubis (Mazagan), Mogador (Essaouira), Gadir (Cadix), Mallaca (Malaga),…
Dans le cadre de cette évocation, rappelons que la toponymie offre de captivantes pistes de convergences. Un exemple en est la racine « gdr » qui entre dans la composition du mot amazighe « Agadir », désignant « le rempart », par extension, « le grenier collectif fortifié ». C’est le nom de notre fameuse cité du Sud, il entre aussi dans la composition d’innombrables toponymes et fut l’ancienne appellation de Tlemcen. Le linguiste Saïd Chaker suppose son emprunt à la racine punique « gdr », définissant le mur ou l’enclos. Une racine qui se retrouve dans le nom de la ville espagnole de Cadix, dite Gadeira par les Grecs, ainsi que dans le mot amazighe Ajdir, et qui n’est pas sans évoquer le terme « jidar » en arabe…
En dehors de l’onomastique, il est dommage que les vastes fouilles réalisées au XIXe siècle soient axées principalement au Maghreb sur l’époque romaine et byzantine, négligeant parfois les autres vestiges, car n’étant probablement pas en phase avec l’idéologie maîtresse, héritière de l’impérialisme romain.
Comment ne pas se rappeler aussi que lors de la deuxième guerre punique, Hannibal dans sa fameuse conquête de Rome avait mené des troupes formées non seulement de Carthaginois et de Berbères mais aussi d’Ibères !
À la fin de la troisième guerre punique, après plus de cent ans de conflit, Rome rase Carthage et devient le plus puissant État de la Méditerranée occidentale. Plusieurs villes sont alors prospères faisant place aux comptoirs phéniciens et témoignent du modèle architectural romain avec ses forums, basiliques, arc de triomphe, thermes…
Mais la pax romana est diversement appréciée par les populations et la traversée du Rhin des peuples germaniques, dits «barbares» finit par ruiner l’Empire. En Espagne débarquent les Suèves, les Wisigoths et les Vandales lesquels après avoir conquis la Gaule, s’installent pendant cent ans au sud de la péninsule où ils laissent leur nom à Wandalicia, « Terre des Wandales » (devenue Al-Andalus).
En 429, ils passent le détroit de Gibraltar et s’installent en Afrique du Nord sous la poussée des Wisigoths qui règnent en Ibérie jusqu’à la conquête musulmane.
Entre-temps, la chute de Rome avait provoqué la relève de l’empire byzantin au nom de la défense de la chrétienté. Mais, la pacification du territoire demeure laborieuse heurtée, malgré la défaite des Vandales, à la résistance des Berbères en Afrique et aux ambitions des Wisigoths en Espagne.
C’est dans ce contexte que survient la conquête musulmane. En 711, le général berbère Tariq Ibn Ziyad accomplit avec succès, à partir du Maroc, son expédition en Espagne à la tête de cinq mille hommes. Selon certains récits, il aurait été aidé par l’émir Yulyan (le comte Julien), Rifain Ghomara christianisé qui gouvernait Sebta et Tanger et qui l’aurait fait pour venger l’honneur de sa fille Florinda déshonorée par le roi Roderic.
Quoi qu’il en soit, moins de deux ans plus tard, toute la péninsule était sous prépondérance musulmane. Il est intéressant de s’arrêter alors sur l’éclairage révélateur de la toponymie portant encore les vestiges de cette présence. Parmi ces noms: Tarifa, du nom du commandant berbère Tarif bin Malik; Alcalá de los Gazules, en rapport aux tribus berbères Igzoulen; Sant Quintí de Mediona, du nom de cette tribu de cavaliers zénètes; Albarracin, évoquant les Ibn Razine, Berbères Houara, venus de Tripolitaine. Laissant leur nom chez les Ghomara, participant aux exploits de Tariq Ibn Ziyad, ils sont chargés de la sécurité des frontières en Aragone et profitent de l’éclatement du califat omeyyade pour se tailler à l’instar des roitelets de taïfa, un émirat à Sahla avec pour capitale Albarracin… Affluent aussi vers l’Andalousie des légions arabes, avant que le rescapé omeyyade, Abd-er-Rahmane 1er, n’y fonde en 756, après une escale chez les Ghomara, l’émirat de Cordoue, érigé de 929 à 1031 au rang de califat rayonnant. L’Espagne devint alors El-Andalus et reste pendant quarante ans sous domination omeyyade, liée de par sa proximité géographique au Maroc.
En 818 déjà, sous le règne d’Idris II, les chroniques retiennent l’installation à Fès, de huit mille foyers arabes du faubourg de Cordoue révoltés contre El-Hakam 1er. Ils donnent leur nom depuis à la Rive des Andalous. Avec la chute du califat, l’Andalousie vit sous le règne des roitelets des principautés qui se partagent ses ruines.
Appelés à l’aide par les Abbadides de Séville, les Sahariens almoravides remportent la bataille de Zallaqa en 1086 et réunifient l’Andalousie qui rayonne sous leur règne et fournit au Maroc d’éminents savants, artistes et mystiques de renom.
A l’arrivée des Almohades, victorieux de la bataille d’El-Arak (Alarcos) en 1195, les liens humains et civilisationnels ne font que s’accentuer entre les deux Rives. Mais la grande défaite d’El-‘Oqab (Las Navas de Tolosa) en 1212 sonne le glas pour les musulmans confrontés à une coalition des Croisés. La Reconquista avait pris en effet du terrain depuis la prise de Tolède par Alphonse VI, Cordoue et Séville par Ferdinand le Saint, Valence par le Cid, Saragosse par Alphonse VIII… jusqu’à la prise de Grenade, dernier bastion tombé en 1492.
Pendant ce temps-là, les persécutions et décrets d’expulsion des Rois Catholiques obligeaient juifs et musulmans à choisir entre la conversion ou l’exil en violation des clauses de l’acte de capitulation.
Même les convertis de force au christianisme ne tardent pas à subir les foudres des mesures de déportation. En 1525, le décret de Charles Quint ordonne la conversion des musulmans. En 1568, c’est la mesure d’expulsion de tous les « Moriscos » jugés pas assez convertis, suite à l’insurrection déclenchée par l’édit royal interdisant l’usage de la langue et des coutumes arabes.
En 1571, après la révolte d’Alpujarras, montagnes dans laquelle se réfugient les Morisques, les autorités optent pour la solution de leur dispersion du royaume de Grenade au royaume de Valence. Enfin, le décret de 1605 voté par le Conseil d’Etat, entré en application en 1609, visant l’expulsion de tous les Morisques vers la « Berbérie », jugé comme le premier cas moderne de « purification ethnique », marque de son sceau la dernière phase d’exil des Morisques.
Ceux-ci, fuyant leur paradis perdu, animés par l’espoir du retour au pays natal, vivant dans la conscience du devoir de combat se proclament chantres du Jihad maritime et donnent plusieurs chefs guerriers et bâtisseurs de cités, de même que de redoutables capitaines-corsaires, écumeurs des mers.
Qu’ils appartiennent à des familles établies anciennement au Maroc ou plus récemment avec la dernière vague d’expulsion, quellesque soient leurs origines premières, les Andalous se sont installés dans différentes villes, villages, montagnes et campagnes aux quatre coins du pays, suivant en cela leur mode de vie passé en Andalousie et ont fourni une manne humaine sans égale avec ses érudits, ses diplomates, ses artisans, ses agriculteurs, ses marchands… tous pétris d’une culture andalouse raffinée qui marque de son empreinte l’identité marocaine.

leconomiste.com

Publié 24 août 2011 par Michel Terrier dans Culture, Histoire

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