Agadir / Bidonvilles : 800 familles attendent d’être relogées depuis 1980 !

  • Les anciens habitants du lotissement Lagouira campent devant la commune urbaine
  • Le dossier  bute aujourd’hui sur le foncier

Interminable et délicat ce dossier de relogement des bidonvillois. Agadir a été déclarée ville sans bidonvilles depuis décembre 2009, mais le chantier continue à coincer au niveau du recasement. Normal, bien que les listes des ménages concernés aient été arrêtées (après de nombreux ajouts ces derniers mois en raison du phénomène des familles multiples), de nouveaux cas surgissent. La problématique des familles du lotissement Lagouira, connu aussi sous le nom de Lakhiam III, est indubitablement la plus ancienne, mais aussi et surtout la plus complexe. C’est en fait un dossier qui remonte à 1982, époque à laquelle des élus avaient lancé une opération de relogement pour les habitants de Lakhiam, mais en vain. Certains proches du dossier vont même jusqu’à qualifier ce chantier de ‘‘projet fantôme’’. ‘‘Nous avons versé à l’époque des acomptes de 5.000 DH chacun, mais près de 30 ans plus tard, nous n’avons toujours rien’’, déplore un des membres de l’association Lagouira Lakhiam III qui s’est constituée pour défendre ce dossier. Selon les concernés, les bidonvillois se sont multipliés sur le site et beaucoup d’entre eux ont été recasés, mais le projet qui remonte à 1982 n’a jamais abouti. ‘‘C’est ainsi que sur les 1.064 familles concernées, 264 ont pu récupérer les indemnités qu’elles ont reversées en acompte. Mais la majorité des familles, soit 800, sont toujours dans la même expectative’’, indique l’une des personnes lésées. Cette semaine, les concernés sont montés au créneau et campent devant la commune urbaine d’Agadir. Contactés par L’Economiste, Tariq Kabbage, maire de la ville, assure que c’est une problématique qu’il essaye de régler depuis 2006. Pendant longtemps, le dossier a buté sur le foncier. Selon lui, un terrain a été trouvé avec la société Al Omrane, près du lotissement Adrar. Reste aujourd’hui à assainir le foncier. Du côté de la société Al Omrane, le problème reste cependant posé. Le terrain choisi appartient aux Eaux et Forêts et son coût financier est un frein. ‘‘Le coût de revient du m² dans cette zone est de 7.000 DH et le prix du marché est de 10.000 DH le m². Difficile dans ces conditions de vendre des lots à 50.000 DH l’unité. Qui paiera la différence en termes de coût de revient?’’, indique un proche du dossier. Autant de questions qui font que le dossier n’avance guère. En attendant, les anciens habitants du lotissement Lagouira mettent la pression devant le siège de la commune. Espérons qu’à l’approche d’une nouvelle échéance électorale, le dossier va finir par trouver une issue.

Recasement
Hormis ce problème des anciens habitants du lotissement Lagouira, l’opération de recasement des bidonvillois avance bien. C’est du moins ce qu’avancent des proches du dossier à la société Al Omrane Agadir. De fait, le cas des anciens habitants du lotissement Lagouira n’a jamais été comptabilisé dans l’opération ville sans bidonvilles à Agadir. Pour rappel, 16.500 ménages au total ont été concernés par l’opération. La distribution de lots est achevée. Pour ce qui est des logements, l’opération devrait être terminée cette année.

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Publié 23 septembre 2011 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Aménagement, Construction, Société

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