Gestion de la ville d’Agadir : Tarik Kabbaj, un maire soumis à rude épreuve

Membre du conseil national de l’Union socialiste des forces populaires et maire d’Agadir,Tarik Kabbaj dans un entretien avec notre journal, a évoqué sa candidature aux prochaines élections législatives, ses affrontements avec le Wali actuel et son prédécesseur, ainsi que les difficultés rencontrées avec le proche entourage du roi. Il s’élève avec énergie contre tous les lobbies immobiliers qui veulent contrecarrer son projet urbanistique pour la ville d’Agadir.

Selon Tarik Kabbaj, maire de la ville d’Agadir, il est d’une nécessité absolue que des élus locaux se présentent aux élections législatives afin de soutenir leur ville dans le cadre des politiques nationales: il considère que c’est là la meilleure façon de défendre les intérêts de la ville qu’il représente.

“Il aurait fallu une parfaite coordination entre les représentants  de notre parti au Parlement avec les élus locaux d’Agadir pour faire avancer nos dossiers.  Nous constatons malheureusement leur absence”.
Tarik Kabbaj, maire d’Agadir

Lors de son entretien avec notre journal, le maire d’Agadir a pu évoquer ses principales préoccupations, les obstacles -nombreux- qu’il rencontre, comme autant de freins aux projets de développement de la ville.

À propos des Walis
Kabbaj dénonce d’emblée les dépassements par les walis de leurs prérogatives, et leurs tentatives de marginaliser l’action de la municipalité d’Agadir. Rappelons que le maire d’Agadir a fait plusieurs fois la Une des médias suite à ses oppositions à des projets immobiliers, et autres. Certains lobbies ont même réussi à le rayer de la liste des notables lors de la dernière cérémonie d’allégeance de la fête du Trône…

Tarik Kabbaj évoque les nombreux secteurs que la municipalité souhaite développer: transport urbain, enseignement, voierie, assainissement, aménagement d’espaces de vie pour la population, équipement des quartiers insalubres, traitement des ordures etc.

Le transport urbain
Concernant les aménagements du transport urbain, le maire considère que le trafic automobile doit être restreint au bénéfice des transports en commun. C’est la tendance internationale, dit-il. “Le simple élargissement des voies ne constitue jamais une solution à l’encombrement du trafic… En plus quand vous n’avez même plus de terre-plein central, le piéton doit se transformer en sportif pour traverser”, dit Tarik Kabbaj.

“À Agadir nous avons décidé d’avoir une autre politique. Par exemple nous avons préféré carrément arrêter la circulation sur la corniche. Cela est particulièrement apprécié aujourd’hui par les commerçants qui peuvent utiliser leur terrasse. Nous avons aussi opté pour le développement des transports en commun avec notamment un tramway sur pneus”.

L’aménagement urbain
Autre préoccupation du maire, les nombreux quartiers où il n’y a pas de voirie, les travaux d’assainissement ayant pris beaucoup de retard. Ces travaux sont réalisés par la régie dont le président est le Wali souligne t-il, une manière d’évoquer les profonds désaccords qui opposent la Wilaya à la Ville.

Tout en défendant le Service Public, Tarik Kabbaj dénonce des délais trop longs, citant comme exemple les problèmes d’assainissement dans le quartier d’Aghrob. Ou encore les piémonts (quartiers périphériques) “qui manquent de rues, d’éclairage, d’eau et de tous les services. C’est là où se développe aujourd’hui l’habitat sauvage.”

“L’État aujourd’hui ne joue plus son rôle qui consiste à appliquer les lois. Et cela nous ne pouvons pas l’accepter. Il faut un État juste qui applique les lois.”
Tarik Kabbaj

“Nous subissons régulièrement un blocage de nos projets par l’administration des collectivités locales à Rabat”, déplore le maire qui conclut à la nécessité d’une “vraie régionalisation pour que nous puissions gérer notre destin nous même localement”.

Concernant l’espace urbain, le maire milite pour une plus grande multiplication de lieux de vie qui constituent des poumons, à base d’espace verts, de terrains de sport et de maisons de la Culture.

Enseignement et Santé
L’autre problématique importante de la ville explique Kabbaj, c’est l’enseignement et la santé, deux points noirs qui ressortent des derniers sondages auprès de la population.

Dénonçant l’insuffisance des “petites actions du genre de réfection d’un mur de clôture, ou d’un portail d’entrée”, en guise de plan d’urgence de remise à niveau de l’enseignement, il insiste sur la nécessité de plus d’efforts sur le nombre de classes, les infrastructures de base, les bâtiments: “Comment voulez vous éduquer des enfants avec des toilettes pourries ou bien en entassant 50 enfants par classe”?

“Il y a un très grand malaise chez les enseignants suite aux décisions qui sont prises sans concertation. Les enseignants dans la campagne travaillent dans des conditions épouvantables. Où va l’argent investi dans l’Éducation? Comment est-il utilisé?”
Tarik Kabbaj.

La gestion des ordures ménagères
“Nous avons été obligés de déléguer la gestion des ordures ménagères à Tecmed”, nous dit le maire.

“Cette société cumule les problèmes, et nous n’avons pas de pouvoir réel sur les gestionnaires délégués. C’est une des raisons qui m’obige d’être contre toute gestion déléguée”, explique Kabbaj.

Des lois existent mais il n’y a aucune mise en application notamment pour les déchets industriels explique Tarik Kabbaj. Nous avons construit des décharges mais nous avons sous estimé les nuisances dues au lexivia, -(résidu liquide des déchets ménagers)-, qui s’accumule dans ces lieux.

A.Sedrati – aufaitmaroc.com

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Publié 26 octobre 2011 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Aménagement, Développement

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