Agadir: La Ramsa mise sur la réutilisation des eaux usées

  • Le projet opérationnel
  • Un premier golf desservi et deux autres le seront en 2012
  • Alimentation des espaces verts du Grand-Agadir dès 2013

Le bilan des ressources en eau dans la région du Souss-Massa-Drâa dégage un déficit important tant au niveau des eaux de surface qu’au niveau des eaux souterraines en raison du climat semi-aride de la zone. Aussi la contribution de la réutilisation des eaux usées et épurées s’avère aujourd’hui incontournable.
C’est cette situation qui a mené la Régie autonome multiservices d’Agadir (Ramsa) à se lancer, suite aux hautes instructions du Souverain et aux recommandations du Conseil supérieur de l’eau et du climat en 2001, dans un chantier de réutilisation des eaux usées. Une première expérience du genre à l’échelle d’une ville dans le Royaume. Le projet avait été d’ailleurs inauguré par SM le Roi en octobre 2009. Depuis, le programme d’un coût global de 298 millions de DH avance bien. Il est même opérationnel. La première et la deuxième phase du projet sont réalisées. La capacité de la station d’épuration de M’zar est aujourd’hui de 10.000 m3/j et devrait atteindre à l’horizon 2013, 30.000/m3/j avec les extensions des bassins d’infiltration des 2e et 3e tranches.
En attendant, déjà l’un des golfs de la ville celui de l’Océan est desservi et les golfs des Dunes et du Soleil seront raccordés en 2012. Il s’agit aussi d’alimenter les espaces verts de la ville dès 2013, précise Ali Benazouz, directeur général de la Ramsa. A noter que la station d’épuration de M’zar offre une épuration primaire par décantation anaérobie d’une capacité de 75.000 m3/j permettant l’abattement de la pollution de 50%. Le procédé d’épuration secondaire par infiltration-percolation sur sable suivi d’une épuration tertiaire par UV mis en place également offre une capacité de traitement de 30.000 m3/j et devrait atteindre 40.000 m3 dès 2014. Il permet en outre la production des eaux épurées répondant à la catégorie A des normes de l’OMS pour la réutilisation sans restriction en irrigation, indiquent les responsables de la Ramsa.
Au-delà de contribuer à la résorption du déficit hydrique de la région, les objectifs ultimes visés par ce chantier d’envergure de réutilisation des eaux usées dans le Grand Agadir sont multiples. Il s’agit notamment de réduire les rejets épurés dans le milieu marin et de contribuer à l’amélioration de la qualité des eaux de baignade. Un aspect très important dans une ville qui se positionne comme la première destination touristique balnéaire du Royaume.
Pour la dépollution d’Agadir Nord il est aussi question d’implanter des stations d’épuration dans la commune d’Anza et dans la commune rurale d’Aourir. Elles seront dimensionnées pour respectivement traiter à terme 50.000 m3/j et 15.000 m3/j. Ce programme d’un coût global de 460 millions de DH, le coût de la mise en place de l’émissaire Nord en mer compris, devrait être finalisé fin 2013. Il reste aujourd’hui que ce programme d’envergure de réutilisation des eaux usées épurées doit être accompagné par une synergie entre les différents acteurs concernés, notamment avec les opérateurs économiques pour réduire à la source la pollution industrielle. Dans ce contexte, le prétraitement et traitement des effluents industriels selon les normes requises sont indispensables. Le développement d’un programme de recherche sur la réutilisation des eaux épurées et le devenir ainsi que la valorisation des boues est aussi nécessaire pour que les objectifs escomptés soient véritablement atteints.

Investissement
C’est dans le programme de l’assainissement liquide du Grand Agadir que s’inscrit le chantier de réutilisation des eaux usées. Pour rappel, la première tranche de ce programme d’assainissement liquide est achevée. Elle a nécessité un investissement de près d’un milliard de DH. La deuxième tranche d’un coût de 1,5 milliard de DH devrait être bouclée en 2015. En 2012, ce sont 322 millions de DH qui seront investis par la Ramsa en matière d’assainissement. Il s’agit d’une manière globale de la poursuite des travaux de la deuxième tranche permettant la dépollution de la zone Nord d’Agadir ainsi que le renforcement des infrastructures de la zone sud d’Agadir et la continuité des travaux de restructuration des zones sous équipées. Pour le secteur de l’eau potable, la Ramsa a prévu d’investir 44 millions de DH en 2012 en vue d’améliorer notamment les conditions de desserte en la matière.

Malika Alami – leconomiste.com

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Publié 29 décembre 2011 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Développement, Ecologie, Technique

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