Archives de 2 mai 2012

La jeunesse marocaine célèbre la lecture

  • Un collectif qui répond au nom de «Nod Tkra»
  • Des rééditions sont à prévoir

«Nod Tkra» (NDLR: littéralement lève-toi et lis). Encore une initiative nationale qui naît sur les réseaux sociaux. Mais cette fois, le collectif organisateur n’a aucune prétention politique. Le seul but est de mettre le livre au centre des priorités, et d’intéresser les jeunes (et les moins jeunes aussi) à la lecture. Organisée en même temps dans plusieurs villes du Maroc, cette initiative rassemblait des amoureux de la littérature en un seul endroit, «pour passer une petite heure à lire ensemble, sous un même ciel». Le 29 avril, journée mondiale du livre et du droit d’auteur, a été choisi comme date symbolique pour le lancement de cette manifestation culturelle. Chacun se devait de venir avec un livre, voire plusieurs, pour en donner à ceux qui n’en ont pas. Le surplus était exposé sur une petite table et mis à disposition du public.  Vers la fin de l’heure convenue, les participants se sont tous levés, lisant leur livre à voix haute. «Un beau mélange de décibels, pour unir nos voix au nom de la lecture», déclare une jeune femme. Tout le monde s’est réuni par la suite pour scander le message de cette manifestation culturelle. Livres levés, ils ont exhorté leurs concitoyens à «se lever et à lire».  Agadir, Casablanca, Errachidia,  Fès, Fnideq, Marrakech, Oujda, Rabat, Tétouan et Tanger: l’heure et l’endroit ont été publiés sur internet. Certaines villes (comme Oujda) n’étaient pas prévues au programme, mais se sont rapidement structurées pour «être parmi les ville marocaines participantes». A Casablanca, se sont environ 200 personnes qui se sont réunies place des Nations Unies (dite place des pigeons). Parmi la foule, l’actrice et mannequin marocaine Fatym Layachi, le réalisateur Mohamed Achaour, le président de Transparency Maroc ainsi que des bloggeurs de renommée comme Larbi El Hilali. A Tanger aussi, le concept a drainé les foules, autant dans la ville en elle-même que dans ses provinces. Ainsi, Tétouan, Larache, Martile et M’Diq ont aussi eu droit à leur heure de lecture. Pourtant, le succès n’a pas été le même partout, pour différentes raisons. La pluie, d’abord, en a découragé plus d’un.  A Fès, un internaute tente un sondage pour recenser les présents, et constate avec ironie que «les gens sont restés chez eux, même si Barcelone ne jouait pas».  A Rabat, les «Nod Tkra» ont été assimilés aux 20 févriétistes, et le rassemblement n’a tout bonnement pas eu lieu. Des agents en civil ont «encouragé» les lecteurs à «rentrer lire chez eux». Il n’empêche que tous ont envie de réitérer l’expérience. Tanger s’est déjà donné rendez-vous la semaine prochaine, pendant que les autres villes s’organisent pour la suite.

R. A. -leconomiste.com

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Publié 2 mai 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Culture, Littérature

Pêche: Le programme Ibhar piétine

  • L’opération bloque au niveau du département des Finances
  • Les entreprises candidates doivent présenter une situation fiscale régulière

Epineux programme Ibhar de modernisation et de mise à niveau! Le dossier n’arrive toujours pas à décoller. Pourtant, il est opérationnel depuis l’an dernier et mis en œuvre avec l’implication des chambres professionnelles. Mais aujourd’hui, le projet coince au niveau du département des Finances. C’est du moins ce qu’avancent les opérateurs de la pêche côtière. Selon Abderrahmane Sarroud, président de la Chambre des pêches maritimes d’Agadir, six dossiers ont été déposés depuis près de cinq mois pour l’obtention de la subvention auprès du ministère de tutelle, mais ils n’ont toujours pas été validés par le département des Finances. Ce n’est en fait que les premiers d’une longue liste de dossiers en attente pour le même sujet qu’envisage d’introduire la Chambre maritime auprès des instances concernées pour la même procédure. En effet, la pêche côtière a enregistré 35 dossiers candidats au programme. Du côté de la pêche artisanale, ce sont 480 dossiers qui ont été retenus. “Nous attendons la réponse pour les six dossiers en question pour présenter le reste pour l’obtention de la subvention’’, indique Sarroud. Evidemment, cette situation inquiète les opérateurs concernés qui perdent aujourd’hui patience. Au ministère de tutelle, Zakia Drouich, directrice de la pêche et de l’aquaculture, explique que la contrainte pour tous les candidats est qu’ils doivent se prévaloir d’une situation fiscale régulière pour bénéficier de la subvention. “Or, aujourd’hui, il semblerait que des candidats ont présenté des factures non conformes aux critères clairement retenus dans ce programme’’, est-il indiqué. La responsable précise que le ministère de la Pêche est en négociation avec le département des Finances pour faire avancer le programme. “Les opérateurs concernés sont  tout de même priés de faire un effort pour présenter une situation fiscale régulière. Si la situation perdure ainsi, l’enveloppe allouée à ce programme pourrait bien être mise ailleurs et le projet abandonné’’, est-il indiqué. Ce serait bien dommage, car cela porterait un coup dur aux deux segments. Beaucoup d’opérateurs ont de fait déjà investi dans de nouveaux équipements en attendant la subvention. Au-delà, l’arrêt de ce programme aurait un impact très négatif sur le plan Halieutis. Abderrahmane Sarroud va jusqu’à dire que “l’échec du programme Ibhar serait l’échec du plan Halieutis, car il est indispensable pour la compétitivité des entreprises du secteur’’. Quoi qu’il en soit, le secteur ne pourra pas faire l’économie d’une telle démarche. Aujourd’hui, pour des raisons de durabilité de la ressource, la modernisation et la mise à niveau de toutes les filières sont incontournables.

Historique
C’est en 2008 que la première édition du programme «Ibhar» avait été lancée. Ce programme était dédié à la période 2008-2012, et l’investissement global avait été fixé à 5 milliards de DH. La participation de l’Etat à «Ibhar I» s’élevait à environ un milliard de DH. 740 millions de DH destinés à l’appui direct et 260 millions de DH sous forme de garantie des crédits bancaires. Les 4 milliards de DH restants étant constitués de fonds propres et de crédits bancaires. Le programme a tout d’abord été très bien accueilli par les professionnels. Mais par la suite, sa mise en œuvre a piétiné. De leur avis, «les mesures arrêtées n’étaient pas assez incitatives et certaines des dispositions étaient inadaptées à la réalité des segments concernés». C’est pour cela que, lors du lancement de cette première édition, plus de 990 dossiers avaient été retirés, mais très peu ont été déposés. Dans la deuxième édition d’Ibhar et en concertation avec les professionnels, des ajustements ont été apportés. Pour assurer la réussite de cette deuxième édition du programme, «Ibhar II» est aujourd’hui mis en œuvre avec l’implication des chambres maritimes. C’est auprès d’elles que les opérateurs candidats au programme déposent leur dossier. L’association des chambres professionnelles à l’opération est une différence de taille par rapport à la première édition d’Ibhar.

Malika Alami – leconomiste.com

Publié 2 mai 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Pêche

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