Archives de 6 mai 2012

8ème Salon International d’Art Photographique d’Agadir

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Publié 6 mai 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Art, Expositions

Tabaamrante, Adami fka rabi saaht a lalla fatima

Tabaamrant, voilà un nom qui va marquer le parlement marocain et l’histoire politique nationale et régionale. Tabaamrant est le premier député des temps moderne à avoir ouvertement revendiqué sans équivoque sa marocanité  amazigh, Chelha ou Berbère comme vous voulez. Cet acte devrait être regardé avec beaucoup d’intérêt et de clairvoyance chez nous bien sur mais aussi chez les voisins… Tabaamrant a tout simplement posé, au parlement, une question à un ministre du Royaume du Maroc en tachelhit. Les murs de Qoubat al barlamane ont du trembler. Certes la nouvelle constitution fait de la langue utilisée par Tabaamarant une langue officielle du pays à côté de l’arabe, mais jamais un acte officiel, public n’avait été entrepris dans cette langue. Personne avant elle ne s’était aventuré sur ce terrain. Encore une fois c’est une dame qui prend les devants et montre la voie. L’histoire va retenir son nom.
Poétesse et interprète hors paire Rayssa fatima ne fait de la politique que depuis peu. Elle est à sa première expérience parlementaire. Expérience qu’elle a su optimiser dès ses débuts avec cette question « B’Chelha » Rayssa, Fatima Tabaamrant est né en 1963 à Bougafer. Pour ceux et celles qui ne peuvent pas situer Bougafer, il faut savoir que ce village est au cœur des Ait Baamrane la  dernière tribu a avoir capitulé devant l’invasion française. Ce fut vers 1936 seulement. Son nom est justement là pour évoquer son appartenance ethnique. Elle a grandi à Ifrane de l’anti atlas du côté de J’bel Saghro et en parti à Lkhassas entre Tiznit et Agadir, un village connu pour la beauté du marbre rosâtre extrait la bas. Certains vont mettre cet acte significatif de la député RNI, dans la case de la provocation. Peut être. Seulement d’autres hommes politiques et partant des citoyens vont maintenant se sentir libre de faire de même. Que ferait un juge, un fonctionnaire, un médecin, ou un Caid à qui un citoyen lambda va s’adresser en Tachelhit ou tarifieit? Innocemment, voir fortuitement, Tabaaamrant vient ainsi de créer des milliers d’emploi. Dorénavant le parlement, les administrations, les tribunaux, les hôpitaux et autres institutions publiques et privées devront recruter des traducteurs de l’arabe vers  tamazight et inversement. Le gouvernement doit prendre la chose au sérieux et tout de suite, avant de se trouver dépassé par les événements. Des écoles publiques et privées devraient de suite servir des programmes et des formations de traduction en tamazighte dans toutes ses variétés. C’est aussi une piste sérieuse pour tous ces diplômés dont personne ne veut plus avenue Mohammed V à Rabat. Il s’agit en vérité d’une révolution culturelle qui est entrain de s’opérer et que Tabaamrant vient tout fièrement de mettre sur les rails.

azizdaouda.blogspot.fr

Publié 6 mai 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Culture, Région

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