Archives de 8 août 2012

Agadir: L’Université Ibn Zohr saturée

par Malika Alami – leconomiste.com

  • Un enseignant pour 70 étudiants, alors que la moyenne est de 35
  • Dans la faculté des sciences juridiques: un enseignant pour 250 étudiants
  • 24.000 nouveaux inscrits, soit 64.000 étudiants à la prochaine rentrée

 


L’université est au cœur des préoccupations des élus de la région Sous-Massa-Draâ. Ils ont tenu en fin de semaine dernière une rencontre avec Omar Halli, président de l’Université Ibn Zohr et son équipe. Au cœur du débat, les problèmes d’engorgement qui marquent ce pôle universitaire. A voir les résultats du baccalauréat cette année, il risque de l’être encore plus, avance Brahim Hafidi, président du Conseil régional du Souss-Massa-Draâ. L’établissement est en effet très prisé. Il draine les étudiants de quatre régions du sud. Ainsi, pour la prochaine rentrée, sur les 32.000 bacheliers de la région, 24.000 vont intégrer l’Université Ibn Zohr, précise Omar Halli. Le pôle d’enseignement devrait donc atteindre pour l’année universitaire 2012-2013 un nombre de 64.000 étudiants environ.
Il y a aussi un énorme déficit au niveau de l’encadrement. Le taux en la matière est très faible comparativement à celui enregistré à l’échelle nationale. Ainsi il est d’un enseignant pour 70 étudiants à Ibn Zohr alors qu’à l’échelle nationale le taux d’encadrement est d’un enseignant pour 35 étudiants, poursuit le professeur Halli. C’est la faculté des sciences juridiques qui bat un record. Ce taux y est d’un enseignant pour 250 étudiants. Pour résorber le déficit sur ce plan, beaucoup d’efforts ont été fait en la matière depuis la mise en œuvre du plan d’urgence, mais la situation ne s’est pas beaucoup améliorée. Aussi, élus et dirigeants réfléchissent aujourd’hui au moyen de faire face aux contraintes que rencontre l’établissement. En attendant que l’annexe en cours d’aménagement soit opérationnelle (elle devrait l’être en février prochain), les dirigeants de l’Université souhaiteraient qu’il soit permis aux étudiants du sud de s’inscrire s’ils le veulent dans les autres universités du Royaume. Et Omar Halli compte sur les élus pour l’appuyer sur ce plan au niveau de l’administration centrale. Il attend également d’eux qu’ils fassent du lobbying auprès du gouvernement pour l’implantation d’un deuxième pôle universitaire dans la région. Une question qui devrait s’imposer d’elle-même avec le futur nouveau découpage régional. En attendant, les responsables d’Ibn Zohr ouvrent deux sections en économie, respectivement à la faculté polydisciplinaire de Taroudant et à l’école supérieure de technologie récemment mise en place à Guelmim. Pour ce qui est du renforcement du taux d’encadrement, l’Université Ibn Zohr demande l’affectation à l’université de quelque 150 docteurs qui ont intégré récemment l’administration régionale de l’éducation nationale.

 

 

 

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Publié 8 août 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Enseignement, Université

Mise à niveau dans les provinces : le cactus crée des emplois

par Malika Alami – leconomiste.com

  • PRÈS DE 50% DE LA PRODUCTION NATIONALE À AÏT BAÂMRANE
  • UNE UNITÉ DE TRANSFORMATION OPÉRATIONNELLE CE MOIS D’AOÛT
  • UN INVESTISSEMENT DE 18 MILLIONS DE DH

 

Au Maroc, la superficie totale du cactus est estimée entre 120.000 et 150.000 ha. Ses dérivés servant aussi bien dans la pharmacologie que la cosmétologie, sans compter l’alimentation humaine et le fourrage pour le bétail surtout en période de sécheresse, aussi est-il prévu de développer la culture de cette plante. D’ici 2020, quelque 100.000 hectares de cactus seront plantés à travers le royaume

A Sidi Ifni, il y a d’autres richesses que les plages… La localité de Aït Baâmrane, à elle seule, génère près de 50% de la production nationale de cactus. Elle reste cependant peu organisée et peu productive comparativement à ses potentialités de développement et de création de valeur, donc de richesses et d’emplois, considérables. Pour organiser la filière et développer les revenus des petits producteurs sans oublier la création de nouveaux emplois, le Conseil régional du Souss-Massa-Draâ a programmé l’aménagement d’une unité de conditionnement et de transformation du cactus sur un terrain de 8.200 m2. Un projet de 18 millions de DH financé par le département de l’Agriculture, le Conseil régional du Souss-Massa-Draâ ainsi que le GIE Cactus d’Aït Baâmrane et la municipalité de Sidi Ifni. L’unité devrait être opérationnelle ce mois d’août. Une fois réalisé, l’établissement offrira 90 postes d’emploi permanents lors de ses trois premières années. En outre, il permettra de réunir l’ensemble des producteurs existants au sein d’une dynamique commune afin de défendre les mêmes intérêts. Objectif: produire mieux et en quantité, et se donner les moyens d’écouler la production autant sur le marché national qu’international. Et aussi répartir équitablement les gains de plus-value et rémunérer les prestataires de service d’appui technique et commercial. Le souci est une meilleure répartition de la valeur ajoutée le long de la chaîne de production au profit des professionnels afin d’augmenter leur pouvoir de négociation. Il faut préciser qu’au Maroc, la superficie totale du cactus est estimée entre 120.000 et 150.000 ha. C’est une culture présente sur l’ensemble du territoire, mais avec des densités variant d’une région à l’autre. Au sud du Royaume, on la trouve à des altitudes allant de zéro à 1.000 m. Plus précisément, 50% de la superficie nationale de cactus se situe entre la zone d’Aït Baâmrane et Sidi Ifni. 40.000 ha se trouvent dans la région de Sidi Ifni. Dans cette région, des coopératives agricoles cultivent le cactus pour en faire de la confiture et des fruits confits. Ainsi, cette culture permet la mise en valeur de zones enclavées et éloignées. Selon les chercheurs du domaine, cette plante présente divers avantages. Ils sont d’ordre écologique, socioéconomique, alimentaire, cosmétique, voire thérapeutique. D’un point de vue scientifique et écologique, d’après un chercheur scientifique en la matière, l’utilisation du cactus au Maroc est une alternative d’envergure pour lutter contre la sécheresse et la désertification. En effet, cette plante possède une très grande adaptation aux conditions des milieux les plus critiques (aridité du climat, chaleur, terrains pauvres.). Elle permet, en outre, une production en biomasse très efficiente et d’une valeur fourragère acceptable. Le cactus constitue ainsi une source fourragère de survie lors des périodes de sécheresse. Il joue également un rôle important dans la protection des sols sans compter que sa culture est très rémunératrice. Un hectare de cactus rapporte à son exploitant jusqu’à 10.000 DH de bénéfice, contre 3.500 DH pour l’arganier et 1.500 DH pour les céréales.

Bientôt 100.000 hectares plantés
Selon les chercheurs, le sud marocain dispose d’une très grande variabilité d’écotypes de cactus. En effet, lors de prospections menées en 1999 et 2000 au nord, à l’est et au sud de la ville d’Agadir et à travers les provinces de Tata, Goulmime, Tiznit (Sidi Ifni, Aït Baâmrane), Inezgane, Chtouka Aït Baha, Taroudant et Essaouira, 100 écotypes dont Achfri, Aïssa et Moussa ont été collectés et plantés. Les résultats de ces essais ont révélé l’existence d’une très grande variabilité génétique entre les écotypes aussi bien au niveau de leurs fruits que de leurs raquettes. A titre d’exemple, le poids du fruit varie entre 44g et 142g et la teneur en sucre entre 4,5 et 18,7%. Nombreuses sont aussi les vertus du cactus.
Ses dérivés servent aussi bien dans la pharmacologie que la cosmétologie, sans compter l’alimentation humaine et le fourrage pour le bétail surtout en période de sécheresse. Aussi il est prévu de développer la culture de cette plante. En effet, d’ici 2020, quelque 100.000 hectares de cactus seront plantés à travers le Royaume.

Publié 8 août 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Agriculture, Développement, Région

Mise à niveau dans les provinces : la bouillonnante Sidi Ifni prépare son décollage

par Malika Alami – leconomiste.com

  • DE NOUVEAUX ENJEUX POUR LA PROVINCE QUI FOURMILLE DE PROJETS
  • SANTÉ, SOCIAL, INFRASTRUCTURE, PORT… 871 MILLIONS DE DH SONT MISÉS
  • FORMATION ET EMPLOIS POUR DES JEUNES SURCHAUFFÉS

 

Un hôpital, pas de clinique ni de laboratoire d’analyses et seulement 22 médecins et 89 infirmiers pour une population estimée en 2010 à quelque 130.000 âmes. Les statistiques du CRI d’Agadir ne font que pointer davantage une situation sanitaire précaire à Sidi Ifni, petite ville de province qui a connu ces derniers mois de très fortes tensions. La jeunesse inoccupée et chauffée à blanc a réclamé à cor et à cri du travail et des conditions de vie plus décentes. Une prise de conscience des autorités les pousse aujourd’hui à faire de cette ville un espace plus vivable. Des projets générateurs d’emplois, des centres sociaux, l’assainissement des réseaux… un cadre de vie qui permettra aux jeunes de s’épanouir, à prendre des initiatives citoyennes et à créer des activités génératrices de revenus

Une nouvelle vie s’offre à Sidi Ifni. Cette petite province, connue pour son arrière-pays touristique, mais aussi par ses derniers soulèvements, cherche à rompre coûte que coûte avec son passé turbulent. Renforcement de la voirie urbaine, aménagement de voies, construction d’équipements publics et d’infrastructures de base… la ville est en chantier depuis des mois et ne cesse de se transformer. Ce sont en fait 444 millions de DH qui sont investis à l’échelle de la zone urbaine et plus de 871 millions de DH à l’échelle provinciale dans ce programme d’envergure de mise à niveau.
Dès l’entrée de la ville, le changement est visible. L’artère principale nouvellement plantée de palmiers donne un avant-goût des multiples transformations. D’abord la ville se connecte à son environnement grâce à un serpentin de 151,5 km de route, quasi fini, qui désenclave 9.900 habitants ruraux, portant ainsi le taux d’accessibilité des populations rurales à l’infrastructure routière de 70 à 86%. Un projet qui a nécessité quelque 140 millions de DH.

Malgré ses fortes potentialités, la province offre encore trop peu d’opportunités d’emplois, ce qui crée des tensions qui tournent au pugilat. Dans les rues, la présence de jeunes et moins jeunes désoeuvrés est un signe que le taux de chômage est très important. Officiellement, il se situe entre 9 et 10,5%, et il qui risque de s’aggraver à cause du raccordement routier avec le monde rural.

Pourtant, la cité est une façade atlantique qui offre une grande richesse halieutique et donc de nombreuses opportunités de travail. Les autorités ont d’ailleurs consacré une enveloppe conséquente au réaménagement du port qui devrait s’établir autour de 321 millions de DH.
Pour l’heure, les travaux concernant l’épi d’arrêt de sable pour faire face au problème d’ensablement réalisés à 15% devraient s’achever en 2015. Un quai de débarquement pour la pêche artisanale (35 millions de DH) est également prévu. A moitié conçu, il devrait être opérationnel en 2013. Mais sans main-d’œuvre qualifiée, point de développement économique. Des établissements de formation professionnelle sont en projet. Il s’agit d’un institut spécialisé de technologie appliquée (ISTA) et d’un centre de formation maritime. Le premier, d’un coût de 25 millions de DH, offrira à l’horizon 2014 un nombre de 452 places pédagogiques. Pour sa part, le centre de formation maritime nécessitera un investissement de neuf millions de DH et aura à l’horizon 2013 une capacité de 450 places de stagiaires.
Sidi Ifni n’oublie pas non plus sa jeunesse malade ou indigente. En matière d’équipements sociaux, de nombreux chantiers ont vu le jour, dont Certains sont déjà opérationnels.
Les centres des handicapés de Sidi Ifni et de Mirleft offrent respectivement une capacité de 40 à 60 personnes. Si le centre dédié aux étudiantes est achevé, les maisons de quartiers de Sidi Ifni et de Lakhssas sont pour leur part réalisées à 70%.
En matière d’infrastructure sanitaire, le centre urbain de soins devrait être opérationnel en novembre 2012. Le centre d’hémodialyse le sera en mars 2013.
Pour rappel, souvent les raisons des révoltes concernaient des problèmes de base tels que des carences en matière d’assainissement, ou de cherté de l’électricité. Aussi Sidi Ifni compte-t-elle se mettre à niveau en se dotant d’une station d’épuration. Une démarche pour notamment améliorer la qualité des eaux de baignade de la plage.
Dans ce même objectif, deux autres stations d’épuration des eaux usées à Mirleft et à Lakhssas sont actuellement en cours d’étude. Toujours sur le plan environnemental, le Conseil communal a lancé la requalification de la décharge urbaine. C’est la société STAM, siégeant à Casablanca, qui est en charge de ce chantier. Pour l’heure, le dossier est au stade de versement des cotisations des partenaires.
L’objectif de tous ces chantiers est bien sûr, outre améliorer le cadre de vie des habitants de la ville, de rendre plus attractive la région autant pour les touristes que pour les investisseurs.

Tourisme nature et découverte
Comment drainer l’investissement ? Sidi Ifni doit encore se démener pour récupérer ses terrains. Près de 90% de son assiette foncière appartient notamment à la direction du Domaine -ministère des Finances- et à l’Agence des équipements militaires. Selon les autorités locales, les efforts ont porté leurs fruits et il existe aujourd’hui des terrains disponibles à travers les zones industrielles portuaire et municipale. Sur le plan de développement économique, les institutionnels et élus de la ville tentent de mettre en avant les opportunités touristiques de la région. L’organisation du festival “Caravanes’’ qui en est à sa troisième édition est justement une occasion de valoriser la beauté de la nature, des plages et des sites touristiques de la contrée sans oublier son patrimoine culturel. La ville veut se positionner sur le tourisme nature et découverte. Elle se prépare à cela à travers le réaménagement de son front de mer. Dans ce contexte, l’expertise canarienne a réalisé pour le compte de Souss-Massa-Draâ l’avant-projet de la promenade du front de mer de la ville de Sidi Ifni. Au-delà, les événements tel le festival “les Caravanes’’ et l’amélioration du cadre de vie sont d’un grand intérêt sur le plan social pour animer la ville et calmer les tensions qui la traversent par moment. Aujourd’hui, les jeunes sont appelés à prendre des initiatives citoyennes et à créer des activités génératrices de revenus. La démarche finira bien par porter ses fruits

 

Publié 8 août 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Développement, Région

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