Tifaouine baisse le rideau

Par Yassine SABER – lesechos.ma

Le week-end dernier à Tafraout était certainement le plus chargé de l’année en animations culturelles. Durant 4 jours, l’affluence du public était exceptionnelle et les rendez-vous culturels se sont terminés sur une note de «reviens à la prochaine édition du festival Tifaouine»(Lumières). Cette 7e édition, quant à elle, s’est achevée avec le MégaMelhaf, un défilé de mode mettant en exergue la variété et la richesse du patrimoine vestimentaire féminin Amazigh et les traditions qui les accompagnent. C’était un voyage culturel où le public s’est émerveillé de la beauté des costumes exposés durant le défilé. Pour la 5e fois consécutive, un mariage collectif a été organisé au profit des jeunes de la région, lequel a vu la conclusion d’une dizaine d’actes de mariage sur la grande place de Tafraout. «L’olympiade de Tifinagh» : le concours de la dictée en langue Amazigh organisé par l’association Tifaouine en partenariat avec le ministère de tutelle et l’Institut royal de la culture Amazigh (IRCAM) a été marqué pour la 3e année consécutive par la participation de huit académies et de 13 élèves. Trois filles, originaires d’Agadir, de Meknès et de Tadla ont été gratifiées lors de la soirée de remise des prix. S’agissant de la 3e édition de l’Université rurale de l’écrivain Mohamed Khair-Eddine, c’est le thème de la perception du village dans le cinéma marocain qui a été débattu à l’École Mohammed V, laquelle a vu la présentation de la 1re publication de l’université «Tafraout et Ammelne, des potentialités, culture et mémoire». De l’avis d’Ahmed Boughaba, critique de cinéma, la filmographie marocaine a globalement traité le village d’une façon mitigée. «La relation des cinéastes a souvent été émaillée d’une tension conflictuelle faite d’attractions ou de rejets en fonction d’un choix, d’une vision et d’une perspective qui sous-tend le rapport du réalisateur avec tout ce qui se trouve au-delà de la ville». Des films ont traité la campagne d’une façon burlesque et verticale, ce qui a engendré des clichés. D’autres films ont su maîtriser le sujet d’une façon objective et artistique comme «Alyam, Alyam» d’Ahmed Al Maânouni (1978), «Zeft» de Tayeb Saddiki (1983) ou «Mille mois» de Faouzi Bensaidi (2003). Dans la même perspective, l’expert en communication Yahya El Yahyaoui et Mohamed Bakrim, chercheur et critique de cinéma ont donné un aperçu général sur l’image de la campagne, en déplorant la persistance des stéréotypes qui collent encore aux habitants de la campagne dans les productions télévisées et cinématographiques. Pour le cinéma s’exprimant en langue Amazigh, «certaines productions sont en train de reproduire les mêmes erreurs (clichés et stéréotypes), sans profiter des erreurs commises dans le passé, en vue de créer une valeur ajoutée». D’un point de vue artistique, la grande place de Tafraout et celle d’Ammelne ont vibré sous les rythmes de la musique traditionnelle et moderne. Les soirées du vendredi et du samedi ont drainé près de 20.000 spectateurs. Elles ont été animées par Raïssa Fatima Tabaâmrant, Archach, Oudaden, Hamid Inzraf et Abdelaziz Stati. Au menu également figurait la création artistique, fruit d’une résidence musicale de la troupe Rebab Vision et du groupe Tyour Gnaoua, avec le maâllem Abdeslam Alikane. Ce programme s’est achevé par la présentation de la pièce théâtrale «Awal Oufella», en hommage au dramaturge Ahmed Amal et en partenariat avec le théâtre national Mohammed V de Rabat.

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Publié 30 août 2012 par Michel Terrier dans Actualité, Animation, Festival, Région, Transports

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