Archives de 25 février 2013

Agadir commémore le 53e anniversaire du séisme

MAP – lematin.ma

Le Forum «Izorane N’Agadir» (Racines d’Agadir) a concocté, du 28 février au 2 mars prochain, un riche programme pour célébrer le 53e anniversaire de la destruction d’une cité-martyre, un 29 février 1960.

«Célébrer l’anniversaire «dans l'hommage et le respect de tous nos martyrs, sans distinction de confessions, mais aussi dans l'espoir de contribuer à positiver les acquis de la cité». (Photo : ait-souab.clicforum.com)

«Célébrer l’anniversaire «dans l’hommage et le respect de tous nos martyrs, sans distinction de confessions, mais aussi dans l’espoir de contribuer à positiver les acquis de la cité».
(Photo : ait-souab.clicforum.com)

Il s’agit de célébrer cet anniversaire «dans l’hommage et le respect de tous nos martyrs, sans distinction de confessions, mais aussi dans l’espoir de contribuer à positiver les acquis de notre cité», explique un communiqué des organisateurs.

Ce rendez-vous annuel se veut un moment public et solennel pour la valorisation des compétences locales qui, en rendant hommage à des hommes et à des femmes qui se sont dévoués pour le rayonnement de leur paisible cité, aspire à instaurer «une culture pérenne au sein des diverses générations de notre Forum».

A cet effet, un cérémonial collectif est prévu dans la soirée du 28 février au cimetière Ihchah en présence des familles des victimes et des sinistrés qui sera suivi, le lendemain soir d’un rituel de «selka» au même quartier, d’une cérémonie-hommage aux enfants d’Agadir et d’un exposé-débat sur «Quelle gestion du foncier d’Agadir de 1960 à 1973?».

Pour les organisateurs, le choix de ce sujet, comme thème majeur de cette manifestation, s’explique par la volonté d’attirer l’attention des décideurs à «tirer les renseignements nécessaires pour une mise en œuvre d’une gestion rationnelle et optimale du foncier actuel».

Sont prévus, le surlendemain, une marche collective baptisée «Sur les traces des souvenirs» suivant un itinéraire de découverte des anciens sites de la ville, un exposé-débat sur «Les sports à Agadir 1960-1980» et un hommage au sportif Harite Gabarit, champion du Maroc en Maroc-Rallye, et au journaliste et acteur associatif M’Bark Chbani.

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Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Souvenir

13ème édition de l’Enduro d’Agadir 2013 du 5 au 8 mars 2013

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L’édition 2013 aura lieu les 5, 6, 7 et 8 mars
Nous avons effectué fin novembre les deuxièmes reconnaissances du parcours 2013. Au menu : Un départ de Marrakech et l’arrivée à Agadir. Un parcours extrêmement varié, nouveau à 80%. Il y aura du franchissement, du roulant, du caillou, de la terre, du sable mais surtout très peu de bitume !
De Marrackech à Taroudant, traversée du désert d’Agafay puis franchissement du haut Atlas avec col à 2650 mètres. Ensuite, une piste très sinueuse nous amène à Taroudant, la cité célèbre par ses impressionnant remparts. La grosse étape de la course, 272KM
Taroudant – Tafraoute, de toutes nouvelles pistes serpentant en moyenne altitude, paysages superbes dans une région dominée par le granit rose. 202KM
Tafraoute – Tiznit, moins de reliefs mais quelques franchissemets, nous rejoingnons la plaine. Environ 170KM.
De Tiznit à Agadir, nous avons recherché le sable, avec la traversée du petit Sahara et environ 70 KM de pistes sabloneuses, un régal !

L’Enduro d’Agadir est ouvert à deux types de participants: les pilotes en courses et les pilotes en raid, tant en quad qu’en moto.
Catégorie Raid
La catégorie raid est ouverte à tous, sur le même parcours, mais n’est pas chronométrée et n’a pas de temps imparti obligatoire. Ces participants reçoivent aussi un carton de pointage avec des temps conseillés. Ils peuvent être en avance ou en retard mais en cas de passage trop tardif, ils devront prendre un raccourci pour rejoindre l’arrivée. L’organisateur vous indiquera au briefing le moyen d’éviter les plus grosses difficultés.
Catégorie de course
Les pilotes en course participent à un enduro, sur les mêmes règles qu’une manifestation en Europe. Ils doivent être licenciés (licence suisse, marocaine, européenne internationale ou licence à la journée).L’abandon ou la mise hors course d’une journée permet néanmoins de participer aux autres jours de course.
Parcours
Le parcours est intégralement fléché, pas de road-book ni de GPS, il est sous la surveillance de marshall. Longueur des étapes : entre 150 et 270 KM par jour, soit entre 5 à 7 heures de moto. Une moto d’enduro avec une autonomie de 85 KM est parfaitement adaptée. Les spéciales, en général 2 par jour, sont banderolées.
Les catégories
Catégorie 1 : -125ccm 2T / -250ccm 4T
Catégorie 2 : +125ccm 2T /+-250ccm 4T
Catégorie 4 : Quads
Catégorie 5 : Juniors, – 25 ans
Catégorie 6 : Expert, 26 – 35 ans
Catégorie 7 : Seniors, 36 – 49 ans
Catégorie 8 : Vétérans, 50 – 77 ans
Catégorie 9 : Dame

L’organisation
Le team est composé d’environ 45 bénévoles :

Direction de course avec secrétariat.
Service médical suisse, 3 ambulances et 9 personnes, 2 ambulanciers en moto avec matériel
Marshalls
Chronométrage par Adrien Corminboeuf
CH, CP et spéciales
Ravitaillements
etc…

Planning de la manifestation.

Lundi 26 et mardi 27 février
Chargement des motos en Europe

Du vendredi 1 mars au lundi 4 mars
Accueil des concurrents et des accompagnants, hôtel

lundi 4 mars après-midi
Contrôles techniques et administratifs

Mardi 5 mars
Marrackech – Taroudant

Mercredi 6 mars
Taroudant – Tafraoute

Jeudi 7 mars
Tafraoute – Tiznit

Vendredi 8 mars
Tiznit – Agadir, soirée remise des prix à l’hôtel

Samedi 9 mars
Chargement des motos

Dimanche 10 mars
Retour en Europe

Jeudi 14 et vendredi 15 mars
Déchargement des motos en Europe

Le transport du matériel entre les différentes étapes s’éffectura en camion, les accompagnants en minibus.

Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Sport, Sports mécaniques

Agadir Première : le N° 37 est paru !

524701_317039021733047_2067472506_nVotre nouvel AGADIR PREMIÈRE MAGAZINE N°37 est paru et déjà dans vos points de distribution habituels ! Dans ce numéro, un focus sur notre architecture. Pourquoi Agadir ne ressemble-t-elle à aucune autre ville du Maroc ? Sa vocation touristique, direz-vous ? Pas uniquement. Les réponses se trouvent dans son passé, mais aussi dans son présent et même son futur. L’architecture est une donnée qui voit loin dans le temps et répond aux attentes des citoyens. L’architecture d’Agadir, c’est donc celle de sa reconstruction, caractéristique du mouvement moderne des années 60, mais résolument intemporelle. Ce sont les poutres brut de décoffrage, le béton apparent, les poteaux massifs destinés à rassurer les citoyens. Le hic, c’est que l’expansion immobilière d’Agadir n’a pas forcément fait suivre une architecture dans cet esprit. Mais des solutions existent et des hommes travaillent à retrouver l’identité d’Agadir. La finalisation d’un nouveau pôle urbain à Talborjt remet la question au centre des préoccupations. Au cœur de l’arrière-pays, autres paysages mais même préoccupations. Les villageois ne sont plus sensibles à la beauté de l’habitat traditionnel et se laissent contaminer par le béton qui défigure les campagnes. D’autres délaissent la vie nomade devenue difficile. Mais là aussi, des hommes et femmes œuvrent à la sauvegarde du patrimoine. Dans ce numéro encore, de la culture, du sport, de bonnes adresses… Tout ce qui vous fait vivre et vibrer !

Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Communication

AGADIR: LE COMPLEXE SPORTIF OPÉRATIONNEL EN MARS

par Malika ALAMI – leconomiste.com

  • L’INFRASTRUCTURE A ÉTÉ RETENUE POUR ABRITER LE MONDIAL DES CLUBS DE FOOTBALL
  • VISITE TECHNIQUE DE LA FIFA

 

Un investissement de 1,2 milliard de DH, une superficie globale de 45 ha, 45.000 places, 5.000 places de parking, sont quelques chiffres du complexe sportif d’Agadir

Un investissement de 1,2 milliard de DH, une superficie globale de 45 ha, 45.000 places, 5.000 places de parking, sont quelques chiffres du complexe sportif d’Agadir

La capitale du Souss se prépare à un grand événement sportif. Elle devrait abriter fin 2013 le mondial des clubs de football. Une commission technique de la FIFA a visité hier le grand stade d’Agadir. Ce dernier a été retenu au même titre que celui de Marrakech pour accueillir cette manifestation d’envergure. Pour le moment, le chantier est en phase finale avec un taux de réalisation de près de 98%, est-il indiqué. Plus que quelques agencements et le complexe devrait être livré. Selon une source bien informée, le premier match test est programmé fin mars. Pour l’heure, tout le monde s’active à l’intérieur comme à l’extérieur du stade pour achever l’infrastructure dans les temps, surtout que les représentants de la FIFA suivent de près l’état d’avancement du chantier. Mercredi dernier, ils ont examiné à la loupe le complexe et ont constaté qu’il répond aux normes en la matière et aux exigences de la FIFA. Au total, pour la réalisation de ce mégaprojet, c’est 1,2  milliard de DH qui a été  investi. Une enveloppe qui a été revue à la hausse avec l’actualisation des prix puisque la première estimation du coût du projet en 2003 était de 817 millions de DH. D’une capacité de 45.000 places dont 10.000 couvertes, le futur stade est pensé comme un équipement structurant, s’intégrant dans son cadre environnemental. A l’intérieur de la structure, les équipements prévus font un clin d’œil aux couleurs nationales, notamment au niveau des sièges et de la toiture. Outre le terrain de football, qui est polyvalent et pourra ainsi être utilisé pour d’autres disciplines grâce à une piste d’athlétisme de huit couloirs, l’infrastructure comprend de même un stade annexe avec une piste d’athlétisme dotée de six couloirs. De nombreux aménagements annexes ont été aussi aménagés. Il s’agit, entre autres, d’une loge royale, de bureaux administratifs, de centres médicaux sportifs et locaux pour la presse. Au niveau du hors site, deux dessertes routières mènent désormais au complexe. Pour rappel, ce sont Saâd Benkirane et Vittorio Gregotti, lauréats du concours international en 1999 pour la réalisation de ce complexe, qui sont les architectes du projet.
Pour concevoir les plans du stade d’Agadir, l’architecte marocain et son confrère italien disent avoir été fortement inspirés par les caractéristiques du site retenu. Un terrain à la topographie mouvementée situé au piémont de l’Atlas à l’extérieur de la ville sur la route nationale 8 menant vers Marrakech et l’aéroport. Sur le plan fonctionnement, la gestion du complexe est confiée à la Sonarges.

Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Aménagement, Construction, Sport

Agadir mise sur les sports nautiques

par agadirinou.com – leconomiste.com

La destination s’appuie sur l’expertise canarienne
Plusieurs actions au programme pour renforcer les activités en la matière
Une enveloppe de 450.000 euros allouée au programme

agadir_MarinaLe programme de coopération devrait permettre la création et la mise en œuvre d’un réseau de marinas sportives des îles Canaries orientales et la région Souss-Massa-Drâa.

Le développement du tourisme dans le Souss passe par la diversification de niches et le renforcement de l’animation et des loisirs dans la destination. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet Naucam (réseau nautique de coopération îles Canaries) lancé hier à Agadir dans le cadre du programme opérationnel de coopération transfrontalière Espagne-Frontières extérieures (POCTEFEX). Pour l’heure, une convention de partenariat a été signée par différents intervenants concernés. Parmi eux, du côté espagnol, l’Institut universitaire Tides (Tourisme et développement économique durable), rattaché à l’université de Las Palmas de Gran Canaria ainsi que le Centre technologique des sciences marines et la municipalité de Las Palmas de Gran Canaria. Au niveau marocain, on retient la participation à ce chantier du département du Tourisme, l’Agence nationale des ports, le Conseil régional du Souss-Massa-Drâa, l’université Ibn Zohr, la Chambre de commerce ainsi que l’Institut supérieur des pêches maritimes.

L’objectif principal du projet Naucam est de favoriser les activités économiques et sociales liées au tourisme nautique et de plaisance dans la zone comprise entre les ports de la région de Souss-Massa-Drâa et les îles Canaries (principalement ceux qui se trouvent dans la province de Las Palmas). A Agadir qui offre une large façade atlantique et des kilomètres de plage, la démarche répond aux actions retenues dans le cadre du nouveau contrat-programme régional du tourisme élaboré dans le cadre de la vision 2020. Il coïncide également avec la vision en matière d’aménagement des zones tampons de la future station balnéaire de Taghazout où il est prévu de développer notamment les sports nautiques pour renforcer la croissance économique des populations locales. Dans ces localités comme sur les plages plus au nord de la destination les activités nautiques se sont multipliées en nombre ces dernières années. Elles restent cependant mal structurées encore et relèvent pour la plus part de l’informel. Aussi il est question à travers le projet Naucam de renforcer les capacités des professionnels existants à travers notamment des formations. Il s’agit aussi entre autres d’améliorer les mesures de sécurité maritime dans les deux régions partenaires sans oublier la mise à niveau des normes environnementales. La démarche vise aussi à favoriser l’intégration de l’offre nautique des deux régions. L’enveloppe allouée pour atteindre ces objectifs est de 450.000 euros.

Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Sport, Voile

Marcel Cerdan : Une légende marocaine

Par Miloudi Belmir – libe.ma

Marcel CerdanLe flâneur nostalgique, du boulevard Rahal El Meskini à Casablanca, ne pourra passer devant la brasserie « Marcel Cerdan » sans chercher la trace d’une époque de toutes les grâces, de  toutes les joies et de tous les prestiges. Il ne pourra admirer cet élégant monument sans que sa mémoire reconstitue la vie de ce géant casablancais, le plus beau, le plus élégant et le plus digne de la réputation universelle. C’est dans ce lieu tout chargé d’histoire et fort populaire chez les gens de l’époque, que le raffiné et le charmeur Cerdan avait gagné le pouvoir de la séduction et se sentait au faîte de sa gloire.
Ce grand champion, qui symbolisait la singularité casablancaise, était aussi  un magnifique cadeau du Maroc.
Il représentait pour les Marocains une légende du siècle. Le Maroc était sa patrie. Les belles et les solides qualités des Marocains se reflétaient en lui : droiture, sens pratique, politesse aisée et amour des jouissances simples. Toutes ces qualités amenaient Cerdan dans son itinéraire sportif et le qualifiaient pour combattre et vaincre.   Quand on voit cette brasserie de nos jours, célèbre par son passé historique, on ne saurait concevoir ce qu’était ce lieu autrefois. Mais les témoignages racontent qu’elle était la plus célèbre et la plus enviée des brasseries de son époque, où se succédaient, pour les plus grands de ce monde, des fêtes d’une magnificence plus que royale. Le prince Cerdan y rencontrait les plus élégantes personnalités du monde. C’était là, et nulle autre part, qu’il avait ressenti la vive intuition de l’histoire.
C’était Casablanca, vécu au quartier « Mers Sultan ». Marcel Cerdan y avait passé presque toute son existence. Il était casablancais, il ne connaissait rien d’autre, n’admirait rien d’autre que cette ville. Il se trouvait proche de  Larbi Benbarek. Cette perle noire qui faisait partie de la mythologie de son époque. Ils s’étaient liés d’une grande amitié où le sport semblait n’avoir aucune part. Cerdan admirait Benbarek, il le fréquentait, il était sélectionné à ses cotés dans l’équipe du Maroc qui affrontait la France.
CerdanCasablanca était alors l’un des centres sportifs du monde. Cerdan et Ben Barek étaient les grands noms casablancais qui tenaient l’affiche. Pour réussir, ils avaient une grande détermination. Cerdan ne demandait qu’à être encouragé dans sa voie sportive, car la boxe ne lui faisait pas peur. Benbarek ne cédait pas aux défis du football. Ce qui restait durable en eux, c’était  le sentiment réciproque d’affection et de sympathie qui se fondait sur les liens de l’amitié. Ainsi commençait pour eux ce cycle décisif de leur vie, dont ils rêvaient.
Cerdan appréciait Casablanca, cette ville éminemment civilisée. Il pouvait y vivre alors qu’il ne le pouvait pas à Paris. A Casablanca, il se sentait bien. Il ne déprimait pas, ce qui lui arrivait souvent ailleurs. Il allait aux restaurants, aux brasseries et aux stades. Il se promenait, il voyait des amis. Au milieu de ses  familiers amis, Cerdan n’était plus seulement le sportif reconnu ayant réalisé un idéal. Mais, il était un grand ami des Casablancais et un intermédiaire valable entre les  Français et les Marocains.
Casablanca de ce début du siècle précédent émerveillait le jeune boxeur en quête de célébrité. Dans cette ville, il entamait ainsi à la fois sa carrière de footballeur et celle de boxeur, cette période est restée gravée dans sa mémoire. Il cherchait toujours son chemin, il attendait quelque chose qu’il sentait arriver, qui lui semblait imminent. C’était le championnat du monde.
PiafDès qu’on entend le nom de Marcel Cerdan, on pense à Edith Piaf. Tous les deux avaient subi les inévitables épreuves, les mêmes inquiétudes et  les meilleurs élans. Les Casablancais de cette époque avaient beau être habitués à vivre l’épanouissement de la grande amitié qui unissait Cerdan et Piaf. Ils étaient heureux de voir leur idole s’intéresser à Piaf. Ils considéraient que Cerdan était entièrement libre de tout mener à sa guise.
Pour Casablanca si fière de sa légende, Cerdan n’était pas un aventurier. Le hasard a voulu qu’il rencontre un jour Edith Piaf. Elle était vraiment célèbre et charmante et, de plus, tout à fait le genre d’artiste qui lui convenait. Il savait que leur histoire aurait fini comme les feuilletons de série, et nul ne comprit son secret que lui-même. Il se garda bien de diminuer les effets de cette histoire sans le moindre commentaire. Il était toujours dévoué et fidèle à sa famille, et grâce à elle, il pouvait achever son œuvre sportive.
Dans son livre consacré à Piaf, Simone Berteaut se sentait éblouie par la candeur de Cerdan et par sa marocanité : «C’était plutôt sympa. On avait l’impression de se connaître déjà. Je lui ai demandé : – Et toi, tu es du pays ? Oui. – Qu’est-ce que tu fais ? Je suis boxeur. Il a dit ça avec un drôle d’accent. Pas d’erreur, il était bien du coin. Il se redresse, son coude dans le sable ; pose sa tête sur une main si blanche que j’avais du mal à croire qu’elle appartenait à la boxe. Puis il m’annonce triomphalement : – Je suis Marcel Cerdan. »
Berteaut faisait allusion aussi à sa famille : « C’est un fidèle, Marcel. Marinette, c’est sa femme, celle qui lui a fait ses fils, c’est sacré. » Elle se plaisait à évoquer des épisodes de ses années de souffrance : « Mais il était malheureux. Il a souffert ; lui. Il y en a d’autres qui ont souffert, mais comme lui, ce n’est pas possible. Lui, il était sûr qu’Edith était supérieure intellectuellement. Il comptait sur elle pour faire son éducation, son instruction, lui apprendre à se tenir. Il attendait tout d’elle».
Cerdan qui, quoi qui ait dit de sa vie, était satisfait de soi-même parce que son génie et sa ténacité faisaient rêver ses adulateurs et ses détracteurs. Son nom et ses titres éblouissaient ses amis. Les casablancais du temps se souviennent encore du jour où la population Casablancaise lui avait réservé un accueil triomphal après avoir gagné le championnat du monde des poids moyens en battant  par K.O le géant Tony Zale le 21 septembre 1948.
Dans sa brasserie, Cerdan trouva  son vrai public, composé d’amis intimes, sportifs, intellectuels, journalistes, artistes… auxquels se mêlaient les gens élégants désireux de rencontrer cette légende casablancaise. A cette époque, il parlait de l’un de ses combats qui avaient fait sa gloire. Il racontait une anecdote, un souvenir de sa jeunesse. Il évoquait encore l’une de ses aventures du passé. Tous ceux qui ont connu cette brasserie du temps passé, se souviennent de l’ambiance feutrée d’entende profonde, spontanée et souvent inexprimée entre personnes.
A cette époque-là aussi, les Marocains éprouvaient de l’amour et de la passion pour la boxe. Pour eux, la boxe remplaça toutes les disciplines sportives à part le football. La boxe resta la grandeur idéale à laquelle on mesurait non seulement la boxe, mais aussi les boxeurs et leurs mérites. . Cerdan, ce maître de la boxe, cet esprit de sportif qu’il était, connaissait que la gloire ne s’acquiert pas, on l’a de l’amour et du sentiment de la gratitude. Quand nous demandons  aujourd’hui quels sont ceux qui peuvent se permettre de porter un tel jugement sur une discipline honorée et adorée, nous nous apercevons que ce ne doit être que Marcel Cerdan.
Cerdan2Cerdan, ce boxeur glorifié dans le monde entier était marocain d’éducation et inséparable des destinées du Maroc. Il ne pouvait rester indifférent à l’occupation qui s’empara, à la charnière du siècle précédent, de millions de Marocains. Il n’acceptait pas les idées des colons. Son amour du peuple marocain lui avait depuis longtemps fait goûter la beauté et la générosité de ce pays. Avec ses amis marocains ou français, il soutenait toujours la cause des Marocains. Il sentait de façon particulièrement aiguë, combien il était redevable, en tant que sportif, à ce pays et à ce peuple.
Cette légende avait atteint son apogée sous le ciel du Maroc. Pour les Marocains, il était leur symbole de la grandeur et de la célébrité.  C’était dans leur pays que Cerdan se sentait à l’aise, respirait et s’entraînait merveilleusement bien. Aujourd’hui, l’orage provoqué par ce géant s’est calmé. Aujourd’hui, soixante-trois ans après sa mort, aucun de ses amis ou de ses admirateurs n’a contribué à sauver Cerdan de l’oubli. Nul n’a pris sa plume pour réhabiliter la mémoire  de ce boxeur de haute taille qui symbolise, à nos yeux, l’esprit de la belle époque.
Dans ses derniers jours, Marcel Cerdan avait aimé la vie avec une gravité souriante et une sorte d’optimisme. Il n’avait à peu jamais quitté Casablanca, sa grande ville aimée. Il y vivait en grand prince dans sa demeure et dans sa brasserie qui évoque toujours sa mémoire.  Grâce au Maroc, son pays le plus cher, il était parvenu à se faire un nom parmi les géants de l’époque et a trouvé sa propre place au soleil. L’amour qui le liait aux Marocains, l’avait si bien rapproché de ce peuple et de ce pays.
Au terme d’une vie consacrée à la boxe, Marcel Cerdan trouva la mort dans un accident d’avion survenu au-dessus de l’Archipel des Açores. Le destin a voulu que ce géant de la boxe soit mort alors qu’il était encore jeune et au top de sa carrière. Aujourd’hui, nul ne se souvient de lui. Ses amis ont  l’un après l’autre quitté ce monde et ceux qui sont encore en vie ne prennent aucune initiative pour entretenir sa mémoire.
Après avoir vécu une vie brève, mouvementée et idyllique, Cerdan, ce champion hors norme, n’aurait sans doute pas apprécié  que son corps quitte un jour le sol marocain. Toute sa vie, il avait toujours exprimé le souhait d’être  enterré au Maroc, aux côtés de ses amis de  Casablanca. On se souvient du sort de Cerdan, à savoir le rapatriement de sa dépouille qui était un acte injustifiable. Cerdan était mort de nouveau. Ici, dans ce boulevard, pendant des années, Cerdan portait un secret de bonheur. Ce bonheur, il ne le devait pas  uniquement à ses exploits, mais à quelque chose de vital, à un secret d’amour. Il avait choisi rien de moins que de donner sa vie pour le Maroc et pour ses amis.
Après la mort de Cerdan et à la mémoire de cette légende. Edith Piaf possédait une singulière voix pour émouvoir les admirateurs, en interprétant une chanson pathétique qui exposa profondément ses sentiments et toucha plus particulièrement les sens : «Mon Dieu, laissez-le-moi. Encore un peu, mon amoureux. Un jour, deux jours, huit jours ! Laissez-le-moi. Encore un peu à moi ! Le temps de s’adorer, le temps de le dire, le temps de se fabriquer des souvenirs». Cette chanson sur la mort de Cerdan sera reliée à sa mémoire. Dans cette chanson, Edith Piaf exprimait ses sentiments à propos de cette tragédie. Son succès était immédiat ; de multiples versions paraissaient en français, en anglais, en allemand…Son style, le choix du texte. Son esprit lugubre et funèbre, font de Cerdan une légende immortelle et éternelle.
Telle était la vie de ce grand boxeur marocain qui représentait une des plus grandes figures de la boxe mondiale. Cette légende était supérieure à la fois par son talent, son intelligence et par son élégance.  Ceux qui l’ont approchée davantage ont admiré sa force attractive et ses qualités de sportif. Quel homme extraordinaire.

Publié 25 février 2013 par Michel Terrier dans Histoire, Souvenir, Sport

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