Concert de la Tolérance – Entretien avec Sofia Essaïdi, chanteuse et comédienne franco-marocaine

Propos recueillis par Mae Ait Bayahya – lematin.ma

«La tolérance est un point fondamental de l’humanité»

Sofia-EssaidiLe Matin : Vous êtes à Agadir pour participer au «Concert pour la tolérance», que représente pour vous la tolérance ?
Sofia Essaïdi : La tolérance est un point fondamental de l’humanité. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas, donc on a besoin de faire des événements comme on va faire ce soir pour rappeler qu’il faut être tolérant, que c’est vraiment la base, sans cela, rien ne marche.
Il y a bel et bien de l’intolérance dans ce monde, je l’ai découvert en tournant le film «Aicha», j’ai découvert des choses que je ne connaissais pas. J’ai eu la chance de ne pas connaître cela et de bien grandir en France tout en étant marocaine. Moi, je n’ai jamais de problème pour louer un appartement ou accéder à un emploi, mais je sais que le problème existe vu de près.

Vous qui êtes artiste, pensez-vous avoir un rôle fondamental à jouer en tant que messager et ambassadeur de valeurs telles que la tolérance, le respect, le dialogue ?
J’estime que quand on est artiste on se doit de faire passer des messages, car il y a un public derrière nous, il y a des personnes qui nous écoutent. Si on peut faire avancer les choses, faire entendre les bons messages au plus grand nombre, il faut le faire. Pour moi, le rôle de l’artiste est de donner du bonheur aux gens, mais aussi de leur rappeler l’essentiel : ne pas oublier ceux qui n’ont pas leur chance, ceux qui ne sont pas nés du bon côté. En France, il y a beaucoup de concerts organisés pour défendre des causes et c’est avec un immense plaisir que j’y participe à chaque fois.

Vous avez été révélée par la «Star Academy» en 2003. Dix ans après, vous êtes toujours présente sur la scène musicale. Quel est le secret d’une téléréalité réussie ?
Le talent ne suffit pas toujours dans ce genre de programme, le sort des artistes après l’émission est entre leurs propres mains. Il faut se dire que cette émission, c’est juste un tremplin et qu’après, tout reste à faire. Moi, j’ai repris tout à zéro. Ce qui m’intéressait ce n’était pas de devenir une star, mais d’être une artiste complète.
Cela fait dix ans que je travaille dans ce sens et je ne suis toujours pas devenue celle que j’ai envie d’être, j’ai encore beaucoup de chemin à parcours avant de devenir une véritable artiste. Certains s’imaginent artistes parce qu’ils passent à la télé, mais cela ne suffit pas pour faire de vous des artistes. Ce métier est passionnant, mais violent, le tri se fait automatiquement. Si on n’est pas là pour les bonnes raisons, on abandonne, c’est trop difficile. Ceux qui restent, ce sont les artistes, ceux qui vivent pour leur passion.

Vous êtes brillante sur scène, une excellente danseuse et poignante à l’écran, qu’est-ce qui vous transcende le plus dans tout cela ?
Ce qui me transcende c’est de me balader entre la musique, la comédie et le spectacle. J’ai compris au bout de dix ans que mon bonheur venait de cette alliance des trois. Si je ne faisais que chanter ou que tourner des films par exemple, il me manquerait quelque chose. D’ailleurs depuis Cléopâtre, je ne suis pas allé sur scène avec un spectacle et ça me manque. La comédie musicale c’est un registre qui me va vraiment bien, car il y a la danse la musique et la comédie.

Quels sont vos projets pour les mois qui viennent ?
Je travaille sur un projet de comédie musicale et parallèlement sur un nouvel album. Il y aura aussi le tournage de la suite des aventures d’«Aicha». Malheureusement la disparition en septembre dernier d’Hamidou Benmassoud (qui tenait le rôle du père d’Aicha dans le film) a bouleversé les choses. On devait reprendre le tournage plus tôt, mais comme il nous a quittés, on doit réécrire le scénario. Il va y avoir un manque énorme, mais on tient vraiment à tourner une suite pour lui rendre hommage.

Biographie de l’artiste

Née à Casablanca le 6 août 1984 d’un père marocain et d’une mère française, Sofia Essaïdi est chanteuse et comédienne. Passionnée de danse et de musique, Sofia Essaïdi participe à la saison 3 de la Star Academy et atteint la demi-finale. En 2007, elle obtient le rôle principal de Cléopâtre, une comédie musicale mise en scène par Kamel Ouali et connaît un véritable triomphe. En 2009, Sofia Essaïdi obtient le rôle principal d’«Aicha», un téléfilm diffusé sur France 2 et réalisé par Yamina Benguigui. Elle y interprète Aicha Bouamazza, une jeune maghrébine qui refuse la vie toute tracée qu’on lui a choisie. Le 23 janvier 2010, Sofia est élue artiste féminine francophone de l’année aux NRJ Music Awards, en 2012 elle reçoit le Buzz Awards de la meilleure artiste féministe.

Publié 13 novembre 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Musique, People, Spectacle

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