Une vingtaine de produits du terroir labellisés

Anne-Sophie Martin – lavieeco.com

Une quinzaine de produits en cours d’examen par la commission de labellisation. Quatre organismes agréés par le ministère de l’agriculture sont chargés du contrôle. Près de 14 000 tonnes ont été exportées durant la campagne 2011-2012.

Coopérative féminine ASSAFAR huile d'argan

Depuis l’entrée en vigueur de la loi 25-06 relative aux signes distinctifs d’origine et de qualité (SDOQ) des denrées alimentaires et des produits agricoles et halieutiques en juin 2008, 21 produits du terroir ont été labellisés par le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Dix-sept produits, entre autres l’argane, la clémentine de Berkane, les dattes Majhoul de Tafilalet, la viande d’agneau de Béni-Guil, la grenade Sefri de Ouled Abdellah et le fromage de chèvre de Chefchaouen ont obtenu la mention «Indication géographique protégée» (IGP) qui permet d’«identifier un produit comme étant originaire d’un territoire […] lorsqu’une qualité, une réputation ou toute autre caractéristique déterminée dudit produit peut être attribuée essentiellement à cette origine géographique». Trois autres, l’huile d’olive de Tyout-Chiadma, le safran de Taliouine et la rose de Kelâat M’Gouna-Dadès sont estampillés «Appellation d’origine protégée» (AOP) destinée à mettre en valeur les facteurs humains et naturels qui donnent au produit sa qualité et sa réputation. Enfin, la viande rouge a son label «Agneau laiton».

La commission en charge de l’examen des produits labellisés traite actuellement 15 dossiers qui incluent notamment les labels agricoles «Dattes Najda» et «Huile d’olive vierge extra Al Alfiya», l’AOP pour l’«Huile essentielle de lavandin d’Oulmès», le «Miel de Haha» et l’«Huile d’olive vierge extra Ghmat Aylane» et l’IGP pour 10 produits, notamment les câpres de Safi, le henné de Foum-Zguid ou encore le raisin doukkali. Avant d’être labellisés, les produits sont systématiquement contrôlés par l’un des quatre organismes de certification et de contrôle agréés par le département de l’Agriculture, à savoir Ecocert Maroc, Bureau Veritas Maroc, Normacert et Certiparh.

«La labellisation des produits agricoles et halieutiques n’en est qu’à ses débuts», indique Khadija Bendriss, chef de la division Labellisation au ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, qui souligne que l’un des soucis dans la mise en œuvre de la stratégie est «la difficulté observée dans l’application des cahiers des charges et à convaincre certains producteurs d’adhérer à cette démarche de qualité».

L’Union européenne est le premier débouché à l’étranger

Pour le moment, «le flux des produits certifiés sous label SDOQ dans le commerce est encore timide et jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons relevé aucun cas de fraude», fait remarquer Mme Bendriss. Le chef de la division Labellisation souligne qu’«en plus des exportations en continu de certains produits comme l’argane cosmétique et alimentaire, le safran, les dattes ou la figue de barbarie, une partie des produits labellisés est commercialisée au niveau des GMS, des épiceries fines et des différentes foires régionales des produits de terroir».

D’après les chiffres communiqués par l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), qui portent sur les dattes, les figues sèches, l’huile d’argane, le safran, l’huile de figue de barbarie et les plantes aromatiques et médicinales (PAM), 13 900 tonnes ont été exportées pendant la campagne 2011/2012. Le chiffre d’affaires total s’élève à 371,32 millions de dirhams.

Sans grande surprise, les PAM arrivent en tête avec 12995 tonnes pour une valeur de 238,8 MDH. L’Union européenne (44%) est la principale destinataire des exportations de PAM marocaines, devant l’Amérique (22,6%). L’huile d’argane (alimentaire, cosmétique et bio confondues) arrive en 2e  position avec 892,6 tonnes pour un chiffre d’affaires de 130,15 millions de dirhams. Là aussi, l’Union européenne est le premier client avec 96% du volume expédié. Elle est également la principale importatrice des figues sèches et surgelées, de l’huile de figue de barbarie, des dattes et du safran non broyé marocains.

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Publié 28 novembre 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agriculture, Développement

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