Agadir / Urbanisme Un patrimoine architectural à protéger

par Malika Alami – leconomiste.com

  • La ville fête ce mois de février les 54 ans de sa reconstruction
  • Les édifices de la première étape de la reconstruction toujours pas classés
Le Cinéma Salam, qui compte parmi les édifices marquants de la ville, est aujourd’hui à l’abandon. Un promoteur immobilier l’a acquis ces dernières années et le bâtiment risque la destruction pour être remplacé par un projet immobilier. La société civile ne cesse d’interpeller les élus à son sujet

Le Cinéma Salam, qui compte parmi les édifices marquants de la ville, est aujourd’hui à l’abandon. Un promoteur immobilier l’a acquis ces dernières années et le bâtiment risque la destruction pour être remplacé par un projet immobilier. La société civile ne cesse d’interpeller les élus à son sujet

Plus d’un demi-siècle déjà ! La ville d’Agadir fête ce mois-ci ses cinquante-quatre ans. C’est à la fois un anniversaire qui consacre le défi relevé de sa reconstruction, mais c’est aussi une date empreinte de tristesse pour les anciens habitants de la ville. En effet, chaque mois de février réveille en eux l’amer souvenir du violent séisme de 1960. Un tremblement de terre qui a rasé la cité et causé la mort de près de 15.000 personnes.
Très vite après ce terrible drame, sous l’impulsion de Feu Mohammed V et la direction de Feu Hassan II, la reconstruction de la ville fut lancée. La cité fut rebâtie selon un urbanisme fonctionnaliste, une maîtrise du foncier et une rupture avec le style architectural arabo-islamique. Agadir fut en effet conçue sous l’influence de l’époque, le mouvement architectural moderniste. Le résultat fut une ville caractérisée par une unicité du décor à travers une architecture qui se distingue par la pureté et la simplicité de ses formes. Un aspect que renforce le béton de décoffrage fortement utilisé lors de la première étape de la reconstruction. Résultat: plusieurs édifices constituent aujourd’hui la mémoire collective d’Agadir. De grandes signatures internationales, tels Zevaco, Ben Embarek, Ecochard, Azagury, Rioux, Faraoui, De Mazières, ont laissé leur empreinte dans la ville.
Aussi certains bâtiments sont même connus mondialement et ont reçu il y a fort longtemps un prix pour leur singularité. Paradoxalement, beaucoup d’habitants d’Agadir méconnaissent la valeur de ce patrimoine. Le manque d’entretien des bâtiments et parfois l’abandon de certains d’entre eux sont également à déplorer. Depuis dix ans, les élus de la ville parlent de classement des bâtiments de la première étape de la reconstruction et de préparation de dossiers pour une reconnaissance de ces monuments par l’Unesco comme patrimoine de l’humanité.
Mais les années passent et rien n’est fait pour protéger la mémoire collective d’Agadir. Certes, un zoning de protection a été établi. Les bâtiments qui se trouvent dans la zone en question sont en passe, selon les élus, d’être classés et aucune modification ne peut être apportée aux édifices concernés et surtout à leur façade. Mais depuis plus rien à ce sujet. Le cas du cinéma Salam, aujourd’hui à l’abandon, qui risque d’être détruit par un promoteur immobilier suite à son acquisition est inquiétant. Cette situation rappelle encore une fois qu’il y a urgence dans la réactivation du dossier de préservation du patrimoine architectural de la ville.

 

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Publié 25 février 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Immobilier, Patrimoine, Souvenir

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