Le Maroc relance la machine du tourisme durable

par Malika Alami – leconomiste.com

  • Développement d’outils de suivi de la durabilité
  • La qualité de service au cœur de la réforme du classement des hôtels
Tourisme durable et équitable

Tourisme durable et équitable

Pas de croissance durable sans gestion responsable des ressources naturelles. Le secteur du tourisme dont la matière première est l’environnement est au plus haut point concerné. Mais comment concilier compétitivité et durabilité dans le domaine? C’est tout l’intérêt du 4e symposium international sur le tourisme durable qui s’est tenu lundi dernier à Agadir avec pour objectifs de créer une dynamique progressive d’actions en la matière. Ces dernières années, une batterie de mesure a été élaborée pour garantir l’intégration de la durabilité à tous les niveaux du produit touristique. Cela s’est traduit d’abord par un renforcement du volet réglementaire. C’est dans ce contexte que se sont inscrites les restrictions environnementales au niveau des cahiers des charges des projets touristiques, mais aussi dans la charte nationale de l’investissement. Après avoir posé ces jalons, il est question aujourd’hui de poursuivre la mise en œuvre du dispositif de suivi de la durabilité dans le domaine, souligne Nada Roudies, secrétaire générale du ministère du Tourisme. La responsable rappelle sur ce plan la réforme du classement des hôtels. Nouveauté à ce niveau dans un souci de durabilité, la qualité de service qui devient un critère de choix dans la démarche de classification d’une unité hôtelière. Pour l’heure, ce projet de loi est dans le circuit de l’approbation gouvernementale, est-il indiqué. En attendant, le département du Tourisme s’attelle à mettre en œuvre sur le terrain d’autres outils de suivi de la durabilité. Il s’agit d’un set d’indicateurs prenant en considération le respect des seuils de densité touristique, l’impact du développement de l’activité sur l’environnement mais aussi ses retombées socio-économiques. Il est question aussi de mesurer la perception du touriste de la durabilité tout au long de son expérience. Ce dispositif sera développé en partenariat avec les observatoires national et régionaux de l’environnement, souligne Nada Roudies. ‘’Il se veut comme un outil de veille et de pilotage mais également de promotion de l’engagement du Maroc pour la durabilité’’, poursuit la responsable. Toutes ces actions seraient probablement vaines sans une implication effective de tous les professionnels du tourisme dans cette belle dynamique. La présence de peu d’hôteliers d’Agadir au symposium montre qu’il y a encore du travail en matière de sensibilisation et de communication à faire auprès des concernés. Il est vrai que la profession est plus préoccupée aujourd’hui par le maintien des flux de touristes. La destination continue à avoir une activité à deux vitesses. Un nombre de plus de 5.000 lits nécessite une mise à niveau urgente. Le mécanisme d’appui aux entreprises touristiques dans le cadre de Moussanada Siyaha, qui s’inscrit dans le programme national pour l’innovation et la compétitivité touristique, pourrait être une solution à cette situation. Mais encore faut-il faire revenir la confiance tout d’abord dans le milieu des hôteliers et des investisseurs.

Organisation

Du logo, en passant par l’affiche de la rencontre et le kit documents, sans oublier le lieu, le symposium du tourisme durable, organisé par l’agence Avant-scène pour le compte du ministère du Tourisme, était vraiment placé sous le signe de la protection de l’environnement. Au-delà de s’inscrire dans la thématique du meeting, il est question d’offrir, à travers cette manifestation, une visibilité pour le Maroc en matière de développement durable face aux nombreux participants étrangers présents. Mais aussi conforter le rôle du Maroc en tant que président du partenariat mondial pour le tourisme durable sur la période 2013-2015.

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Publié 26 février 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Environnement, Tourisme

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