Dessalement d’eau de mer à Agadir : la production augmente, les coûts baissent

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Osmose et Osmose inverse

Osmose et Osmose inverse

Le contrat signé entre l’Office national de l’eau potable ONEP et le consortium Abengoa et Inframaroc portant sur le dessalement d’eau de mer à Agadir suscite plusieurs interrogations. Ce procédé, réputé pour être énergivore, sera maîtrisé. C’est  ce que nous explique Khalid Tahri, directeur technique et ingénierie à l’ONEP.

Pour un investissement global d’un milliard de DH, la station de dessalement d’eau de mer d’Agadir couvrira l’ensemble des besoins en eaux potable de la région d’Agadir jusqu’en 2030. Elle sera destinée à renforcer les ressources souterraines et superficielles déjà existantes dans la région.

Le procédé d’extraction de l’eau potable reposera sur l’utilisation de la technique d’osmose inverse. Cette technique est basée sur la mise sous pression de l’eau de mer, et permettra pour une quantité donnée, de transformer la moitié du volume d’eau de mer en eau potable. L’autre moitié, doublement concentrée en sel, sera rejetée dans l’océan.

Vous l’aurez deviné. Pour son fonctionnement, la station de dessalement utilisera une quantité importante d’énergie. Cependant, Khalid Tahri nous éclaire sur l’économie d’énergie que permet ce nouveau procédé: «l’utilisation de la pression contenue dans l’eau concentrée en sel permettra un gain en énergie qui peut aller de 35 à 40%. De plus, l’importante capacité de production de l’unité (1.000 litres/seconde) permettra de réaliser une économie d’échelle.» En d’autres termes, lorsque le niveau d’exploitation augmente, le coût y afférent baisse. «Ce volume d’exploitation permettra de réduire la consommation de 5 à 3 kilowatt/heure par m3» précise notre source.

Autrefois coûteux, ces investissements sont aujourd’hui moins onéreux et plus performants. «Il existe actuellement une dizaine de sociétés au monde qui fabriquent des membranes spécialisées dans le dessalement d’eau de mer. La compétition entre ces compagnies permet à la fois de proposer des investissements à bas prix, et une qualité de service plus élevée, notamment en ce qui concerne les machines tournantes.»

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Il est à noter que le Maroc a été l’un des premiers pays au monde à avoir fait appel à la technologie de dessalement d’eau de mer. En 1975 déjà, le Maroc a installé la première station à Tarfaya. Depuis, il a organisé la veille technologique dans ce secteur. Plusieurs villes sont actuellement équipées de centrales de dessalement d’eau de mer, parmi lesquelles  Laayoune et Tantan.

La station d’Agadir, qui sera opérationnelle fin 2016, sera la plus importante d’entre elles. Le Maroc qui sera sous stress hydrique dans quelques années, n’a pas d’autre choix que de développer le dessalement pour l’eau potable et le recyclage des eaux usées pour l’agriculture. L’une des options qui se présentent serait un couplage dessalement-énergie renouvelable (solaire ou éolien). Pour le moment, c’est un simple rêve.

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