Grâce à l’assainissement des eaux de baignade Agadir améliore ses finances

Samir Benmalek – lematin.ma

La pression sur les ressources en eau douce (ici dans la région d'Agadir) se fait de plus en plus ressentir. L'IPEMED, think tank euro-méditerranéen, prône une nouvelle gouvernance et une gestion innovante. Ph. DR

La pression sur les ressources en eau douce (ici dans la région d’Agadir) se fait de plus en plus ressentir. L’IPEMED, think tank euro-méditerranéen, prône une nouvelle gouvernance et une gestion innovante. Ph. DR

L’ensemble des pays du bassin méditerranéen connaissent le même stress hydrique et les chiffres sont à ce sujet fort éloquents, les 180 millions de Méditerranéens disposent de moins de 1.000 cubes par an, niveau retenu pour définir la pauvreté en eau. L’Afrique du Nord, quant à elle, ne recèle que 0,1% des ressources mondiales d’eau naturelle renouvelable. À cette situation de déficit chronique en eau, s’ajoutent les changements climatique. à ce sujet, le dernier rapport de l’Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED), publié en fin de semaine dernière, rappelle qu’à l’horizon 2050, une diminution significative des ressources en eau est prévue dans les pays du bassin méditerranéen, dont le Maroc. Cette régression est imputable à des hausses de température de 2 à 4 °C ainsi qu’à une baisse de la pluviométrie de 4 à 30% dans la région. Dans son étude intitulée «Financer l’accès à l’eau et à l’assainissement en Méditerranée : les financements innovants : solution ou illusion ?» le think tank rappelle que la consommation d’eau devrait augmenter de 170 km3 à 228 km3 d’ici 2025, compte tenu de la forte croissance démographique. Ainsi, les pays du pourtour méditerranéen vivent un double paradoxe : une raréfaction de la ressource conjuguée à une augmentation de la demande. Quid du Maroc ? L’étude de l’IPEMED, think tank euro-méditerranéen créé en 2006, estime que la demande sur les ressources hydriques devrait augmenter de 66% au Maroc, ce qui aura un impact sur les disponibilités en eau qui passeront de 1.131 m3 par habitant actuellement à 751 m3 par habitant à l’horizon 2025. Cependant, la stratégie adoptée par le Maroc en matière de gestion des ressources hydriques est «à soutenir», selon un rapport qui souligne l’investissement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement comme facteur de croissance. Sur ce chapitre, l’exemple de la ville d’Agadir est édifiant. «à Agadir, au Maroc, les politiques d’assainissement des eaux de baignade ont permis une augmentation de 2% des ressources financières de la région, soit 13,5 millions d’euros par an en 2010 et 36 millions d’euros par an en 2015, grâce à l’augmentation de l’activité touristique qui en a découlé», est-il rapporté dans cette étude. En revanche, le rapport de l’IPEMED insiste sur la nécessité de la mise sur pied d’un annuaire hydrologique au Maroc permettant l’évaluation des prélèvements d’eau annuels et de la demande en eau par usager et le développement et la centralisation des statistiques sur les volumes d’eau facturés et payés par les usagers ainsi que sur les volumes d’eau potable produits et distribués en milieu urbain et rural.

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Publié 22 juillet 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Développement, Eau, Environnement

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