Tourisme : Agadir prise d’assaut

par Fatiha NAKHLI – leconomiste.com

  • Un rush qui ne profite pas aux hôteliers
  • Le locatif meublé, tous prix confondus, a la cote
  • Le projet Biladi, aux prix accessibles, serait une bonne alternative pour tout le monde
Entre le Nord et le Sud, pas de grande différence. Les touristes nationaux cherchent tous un bout de plage pour y passer leurs vacances. Ci-contre, les plages du Souss littéralement prises d'assaut, tout autant que le locatif informel proposé aux touristes nationaux dans tous les types de quartiers... Il suffit d'y mettre le prix

Entre le Nord et le Sud, pas de grande différence. Les touristes nationaux cherchent tous un bout de plage pour y passer leurs vacances. Ci-contre, les plages du Souss littéralement prises d’assaut, tout autant que le locatif informel proposé aux touristes nationaux dans tous les types de quartiers… Il suffit d’y mettre le prix

Difficile de trouver une chambre d’hôtel ces jours-ci à Agadir. Difficile car les réservations sont saturées depuis quelques mois, mais pas impossible, car des annulations ou décalages de séjour peuvent toujours être enregistrés à la dernière minute. Le fait est que les vacanciers affluent en grande masse vers la station balnéaire très prisée en cette période. Les touristes nationaux et les MRE sont en grande partie responsables ce surbooking. Une clientèle particulièrement attirée par le locatif informel. Chambres, appartements, logements pavillonnaires, villas… sont proposés dans tous les quartiers de la ville, des plus huppés aux plus populaires. Les prix varient selon le produit et la durée de séjour. Entre 5.600 DH à 7.000 DH la semaine selon le produit. Les villas sont un peu plus chères. «Un séjour à l’hôtel avec ma famille me coûterait trop cher, c’est pourquoi je préfère les appartements meublés», explique ce père de famille pour qui l’essentiel est de trouver un logement à Agadir durant l’été. Il faut dire que toutes les classes sociales peuvent trouver leur compte dans ce créneau. Et certains clients recherchent particulièrement le locatif vu les budgets limités dont ils disposent. Les touristes étrangers sont aussi preneurs. «La formule All inclusive ne me tente pas, je préfère loger chez l’habitant pour réellement tout découvrir à ma guise», déclare Jean F, touriste français. Mais ce rush de clients ne profite pas à tout le monde. C’est le cas notamment des professionnels du tourisme qui déclarent leurs revenus et payent leurs impôts. Pour eux, ce commerce informel est un chiffre d’affaires mal orienté et une véritable concurrence anarchique et déloyale vu qu’il accapare une frange importante de la clientèle potentielle. Même si la cible du locatif meublé et celle des hôtels n’est pas la même.
Il faut souligner toutefois que ce domaine est tellement anarchique que n’importe quel habitant de la ville peut proposer sa propre habitation à louer afin d’arrondir ses fins de mois. Il n’hésite pas à céder sa maison et à aller habiter chez la famille en attendant la fin du séjour. Les hôteliers espèrent donc que les autorités compétentes puissent trouver une formule, réagissent et structurent le secteur. Le projet en développement Biladi serait une bonne alternative pour tout le monde. Les prix négociés par le gouvernement varient entre 400 et 500 DH par chalet avec une qualité de produit qui respecte le client. En attendant, la demande pour le locatif va crescendo au grand bonheur des intermédiaires qui vont jusqu’à accoster les clients à la criée. Pour ce qui est de la restauration, ce sont surtout les snacks de la ville, gargotes du port et restaurants d’Aourir, à quelques kilomètres d’Agadir, qui profitent économiquement de cette avalanche de clients. Les autres structures, plus chères et plus recherchées n’ont pas vraiment la cote. Le fait est que le marché national génère de fortes retombées économiques qui peuvent booster toutes les activités liées au tourisme à condition qu’il soit structuré.

La place Al Amal convertie en parking

Durant l’été, trouver une place de parking dans la station balnéaire est une véritable prouesse pour les automobilistes. Pour la deuxième année consécutive, la commune urbaine d’Agadir a décidé de convertir occasionnellement la place Al Amal en parking gratuit afin de décongestionner. Cet espace est connu pour accueillir depuis plus de dix ans le festival Timitar. Pour les autres parkings de la ville, la municipalité affiche des tarifs fixes : 2 DH le jour et 3 DH la nuit pour le stationnement des véhicules. Mais ces mesures n’empêchent pas la prolifération des gardiens de voitures de fortune à tout-va et qui proposent aussi le nettoyage et lavage de voitures.

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Publié 6 août 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Hôtellerie, Tourisme

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