Coup d’envoi à Agadir du 11ème festival « Cinéma et migrations »

lemag.ma – MAP

Agadir – Le coup d’envoi de la 11ème édition du festival « Cinéma et migrations », organisée par l’Association Initiative culturelle jusqu’au 15 novembre, a été donné, mardi soir à Agadir, en présence de plusieurs acteurs, artistes et réalisateurs marocains et étrangers de différentes sensibilités.

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Intervenant à l’ouverture de cette manifestation, placée sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, le ministre chargé des Marocains résidant à l’étranger et des affaires de la migration Anis Birou a mis l’accent sur la pertinence de la thématique retenue par ce festival, qui souffle aujourd’hui sa 11ème bougie, soit l’âge de la maturité d’un rendez-vous culturel qui a grandi grâce à la persévérance des organisateurs, le soutien des partenaires et l’adhésion des acteurs associatifs et du milieu universitaire.

Il a soutenu que le succès de ce festival, initié dans une région connue traditionnellement pour être une zone de migration, démontre une conscience aigüe de l’importance du sujet de la migration et de sa contemporanéité dans le domaine de la création en général et dans le cinéma en particulier, dès lors que l’industrie filmique retrace en quelque sorte l’histoire des évènements et dépeint les perceptions de l’Homme vis-à-vis de son semblable.

Notant que la perception du cinéma à l’égard de la question migratoire est restée en général polarisée par des stéréotypes, alternant acceptation et rejet de l’Autre, il a estimé que l’expression cinématographique, de par ses missions d’acculturation et d’éducation sociale, est appelée, plus que jamais, à faire valoir les idéaux de la culture, du respect, de l’ouverture, de la tolérance et du brassage fécond, loin de tout ostracisme, xénophobie ou chauvinisme.

A ce propos, il a souligné qu’à une époque marquée par les peurs, le recoquillement, l’exclusion et le rejet de l’Autre dans le sillage de la montée de l’extrême droite dans nombre de pays, le Maroc aura montré la voie et donné l’exemple d’une terre d’accueil offrant le droit au rêve à des dizaines de migrants en provenance des pays subsahariens et d’ailleurs, à la faveur du lancement, depuis début janvier dernier, de l’opération de régularisation des migrants en situation illégale.

De son côté, le président de l’Association Initiative culturelle Driss Moubarik a indiqué que la thématique des migrations revêt dans ce festival une place centrale du fait de l’épaisseur même de sa présence en tant que source d’inspiration pour nombre d’écrivains, artistes et cinéastes.

Il a noté que la direction du festival a pris l’habitude, au fil des précédentes éditions, de célébrer des artistes marocains locaux ou parmi les expatriés ou encore les étrangers qui ont enrichi par leurs oeuvres la cinémathèque nationale et internationale, tout en se félicitant de l’adhésion de nombre d’intervenants locaux et sponsors à l’aventure de ce festival qui entame aujourd’hui sa deuxième décade.

La cérémonie d’ouverture, rehaussée par la présence notamment du wali de la région Souss-Massa-Drâa, gouverneur de la préfecture Agadir Ida Outanane Mohamed El Yazid Zellou, du gouverneur de la préfecture Inezgane Aït Meloul Hamid Chennouri, des élus locaux et députés et d’autres personnalités civiles et militaires, a été agrémentée de spectacles de danses et de chants animés par des troupes locales, ainsi que par une chorégraphie exécutée par une troupe de l’Université de la culture et des arts de la ville russe de Belgorad.

Un des moments forts de cette cérémonie aura été, sans conteste, la rubrique hommage avec des clins d’oeil à Nour-eddine Lakhmari, qui représente la nouvelle génération des immigrés retournés au Maroc et qui ont imprégné le champ audiovisuel national par leurs créations, ainsi qu’au réalisateur pionnier de la région du Souss, Abdellah Dari pour ses œuvres audiovisuelles primées aux niveaux national et international et pour le soutien qu’il a apporté aux jeunes acteurs et réalisateurs de la région.

Outre un hommage à Naceur Oujri, acteur-figurant natif de la ville d’Ouarzazate, qui a figuré dans pas moins de 150 productions internationales durant les 50 dernières années avant d’être confirmé en tant qu’acteur, le festival a prévu un hommage spécial au président de l’Université Ibn Zohr Omar Halli en signe de reconnaissance pour son dynamisme au cours des trois dernières décennies dans le champ culturel, cinématographique et théâtral d’Agadir.

Lors de cette édition, qui promet une programmation riche et variée en activités et en projections, le jury de la compétition des longs métrages sera présidé par Yamina Benguigui, réalisatrice, productrice, ancienne ministre déléguée chargée de la francophonie et représentante personnelle du président de la République française pour la francophonie.

Le jury de la compétition officielle des courts métrages, fruit d’une collaboration et d’un partenariat avec l’Université Ibn Zohr (UIZ), sera présidé par Salah El Wadie, poète marocain, romancier et militant des droits de l’homme.

Cette édition prévoit la projection de quatre films documentaires sur l’émigration en présence de leurs réalisateurs, dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut français d’Agadir (IFA), en plus d’un panorama sur le cinéma amazighophone, avec à la clé la projection de films représentant l’évolution cinématographique marocaine de langue amazighe.

En marge du festival, des master-class seront organisés au profit des étudiants des différentes filières des métiers du cinéma et seront encadrés par des professionnels, dont Yamina Benguigui et Nour-eddine Lakhmari.

De même, une conférence sur « l’émigration au féminin » sera animée par Aicha Belarbi, sociologue marocaine et ancienne ambassadrice à l’Union européenne et ancienne secrétaire d’Etat chargée de la coopération, dans le cadre d’un partenariat avec « l’Observatoire régional des migrations : Espaces et sociétés ».

Les organisateurs prévoient aussi une table-ronde sur « la distribution des films au Maroc », qui sera animée par Najib Benkirane, producteur et président de la Chambre des distributeurs de films.

Le festival propose une programmation « Migra-mômes » pour les enfants de la ville, comportant des projections de films d’animation et des contes autour du thème de l’émigration, et des séances de sensibilisation contre toutes les formes de violences, et ce en partenariat avec l’association « Touche pas à mon enfant », l’IFA et une école privée de la ville.

Dans le cadre de son ouverture à l’international, une délégation russe est invitée à assister à cette édition du festival, en vue de jeter les bases d’une future collaboration dans le domaine culturel entre Agadir et la ville russe de Belgorad.

Des conventions de collaboration seront ainsi conclues entre l’Université de la culture et des arts de Belgorad et l’Association Initiative culturelle, d’une part, et l’Université de la technologie de Belgorad et l’Université Ibn Zohr d’Agadir, de l’autre.

Les invités et le public seront au rendez-vous avec ces activités dans différents sites d’Agadir, notamment à la salle du Cinéma Rialto, la salle des projections et des conférences de la CCIS, l’Université Ibn Zohr et l’Institut français d’Agadir.

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Publié 15 novembre 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Cinéma, Festival

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