Agadir : Les pharmaciens se constituent en groupements

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com

  • Cette nouvelle organisation peut économiquement sauver l’officine
  • Le droit à la prévoyance sociale…une des doléances

OFFICIELLEMENT, la santé est l’une des priorités du gouvernement. Les citoyens sont donc en droit de disposer en toute égalité, de soins, de médicaments et de produits pharmaceutiques. Tous les citoyens.
Pourquoi les pharmaciens -entre autres- en sont-ils exclus? Comment  peuvent-ils garantir un service de santé efficient sans pour autant pouvoir en bénéficier ?
Sachant que les aides-pharmaciens sont eux couverts avec l’Assurance maladie obligatoire (AMO). «Pour la profession, il est temps d’instaurer un système de prévoyance sociale pour le pharmacien et sa famille pour lui permettre de jouir d’une couverture sociale comme tout citoyen», a déclaré Dr Salah Eddine Haddou, du Comité d’Organisation. C’est ainsi que, dans la région, certains praticiens, face à des maladies chroniques, disent être obligés de se séparer de leur officine pour pouvoir se payer des soins onéreux mais indispensables.

Politique de développement

D’un autre côté, le volet économique des pharmacies ne pourrait se développer sans la généralisation de l’AMO. Ce qui impacterait positivement le pouvoir d’achat des patients et permettrait ainsi aux pharmaciens d’officine d’échapper à des contraintes telle que le crédit accordé aux patients, qui plombe leur fiscalité.
La tenue du 1er Forum économique de la pharmacie, autour du thème «Pharmacie de demain, contraintes économiques et perspectives managériales», qui a eu lieu récemment à Agadir a été l’occasion de débattre des perspectives de développement du secteur. Parmi les solutions proposées, l’intégration de nouvelles structures sous forme de groupements, associations, sociétés ou autres. L’objectif étant d’asseoir une politique de développement de l’économie officinale. La réussite de l’expérience du Groupement «Mpharma» qui a démarré de Rabat a été présenté à l’occasion. «L’objectif de cette structure est de rompre l’isolement des pharmaciens et de faire bénéficier les adhérents de l’expérience de tout un chacun», explique Dr Salami. «Le Groupement des pharmaciens est une réponse du secteur face à la crise afin de maintenir l’équilibre des officines», a-t-il ajouté. En effet, le groupement permet d’avoir un vrai tableau de bord au niveau de la logistique et aussi d’être un acteur actif. En centralisant tout ce qui relève de l’achat de médicament et de bureautique, cela permet, notamment, de bénéficier de remises intéressantes. Les formations mises en place dans ce cadre permettront aux pharmaciens de développer de nouvelles compétences en matière de management et de gestion de l’entreprise. Il faut signaler dans ce sens, que la cotisation mensuelle à la CNSS comprend une taxe pour la formation cependant, les affiliés, à savoir les aides pharmaciens, n’en bénéficient pas. La mise à niveau des agencements des officines pour améliorer l’espace d’accueil des patients et mettre en place de nouveaux moyens de communication dans le but d’améliorer l’image de la pharmacie dans la société est une autre recommandation émise lors de la rencontre. Enfin, pour la viabilité économique de l’officine, des niches peuvent être développées afin de vendre des produits dits «Over the counter» (OTC), sans prescription médicale, touchant des volets tels que la nutrition, la cosmétique.

Pour rappel, le 1er Forum économique de la pharmacie est organisé par le syndicat des pharmaciens d’Agadir. Cet événement a réuni tous les partenaires économiques du secteur. A savoir, les pharmaciens d’officine, industriels, distributeurs, experts économistes , banquiers et experts comptables venus en masse pour enrichir le débat.

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Publié 22 décembre 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Santé, Société

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