TOURISME : L’OFFRE BILADI, CONCURRENCE DÉLOYALE ?

Par Hicham Alaoui – le360.ma

L’offre Biladi suscite l’indignation des professionnels du tourisme, qui estiment que ses tarifs, fixé par le cahier des charges avec le ministère, s’apparente à une concurrence déloyale.

Lahcen Haddad, ministre du Tourisme.

Dans son édition de cette semaine, l’hebdomadaire économique La Vie éco consacre un article à l’offre Biladi, qui tient compte des besoins d’une classe moyenne multiple. Sous le titre «Des hôteliers dénoncent les bas prix pratiqués par les stations biladi», l’hebdomadaire relève que les prix pratiqués par les deux établissements Biladi existants «font grincer les dents de certains hoteliers, surtout du côté d’Agadir». Les tarifs pour ces deux hôtels, qui varient entre 400 DH et 450 DH, restent «en deçà des tarifs habituels», note le journal, ajoutant que ces prix sont imposés par le cahier des charges signé avec les autorités, dont le ministère du Tourisme et la Société marocaine d’ingénierie touristique (SMIT), dans le cadre de leur stratégie de promotion du tourisme interne, deuxième après celui des Français en termes de recettes. A long terme, le tourisme interne doit devenir la première manne du secteur. Selon les professionnels, ces prix sont très bas et défavorisent les hôteliers. «Un tel produit devrait être commercialisé entre 1000 et 1200 DH», commente un hotelier d’Agadir, cité par la publication.

Pour autant, passer un séjour dans un établissement estampillé Biladi ne revient pas à séjourner dans un hôtel ou de nombreux services sont évidemment mis à la disposition du client dès son arrivée, fait savoir La Vie éco, soulignant que les établissements Biladi n’incluent ni le service en chambre ni la restauration qui est payante, les logements étant équipés d’un coin de cuisine.

Des prix critiqués par les hôteliers

Les professionnels ne cessent de critiquer les prix bas pratiqués dans ses établissements. Pour un hôtelier de la région d’Agadir, « ces prix devraient être au minimum multipliés par deux ». Ils évoquent une concurrence déloyale. Pour sa part, le ministère de tutelle tient à rassurer les professionnels. « Les stations Biladi ne proposent pas le même service qu’un hôtel, ne s’adressent pas au même segment et n’ont pas le même positionnement », fait observer Lahcen Haddad, ministre du Tourisme.

L’hebdomadaire pose la question de savoir si les prix actuellement pratiqués permettent aux établissements de rentrer dans leurs frais, sachant qu’il faut entre 400 et 700 millions DH d’investissements pour développer une telle station. La réponse est apportée par un responsable de la société qui gère les deux stations touristiques Biladi (Ifrane et Imi Ouaddar), seules jusque-là opérationnelles, sur les huit que prévoyait la Vision 2020. « Les projets sont réalisés pour faire la promotion du tourisme interne et donc être à la portée de tous. Nous nous parlons donc pas de rentabilité même si nous ne nous plaignons pas en la matière », a-t-il assuré.

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Publié 2 janvier 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Tourisme

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