Maroc – Un contrat de 175 millions $ pour la maintenance des très controversés futurs TGV

par Younès Djama – maghrebemergent.com

Une société mixte sera créée entre les chemins de fer marocains et français et s’occupera de la maintenance des lignes à très grande vitesse du royaume. La ligne TGV en construction entre Tanger et Casablanca est considérée par certaines associations comme un luxe pour un pays manquant d’écoles, d’hôpitaux et de bien d’autres infrastructures.

Selon l’Usine Nouvelle, l’opérateur ferroviaire marocain et l’opérateur ferroviaire français, l’ONCF et la SNCF respectivement, créeront au premier semestre 2015 une société conjointe (détenue à 60% par l’ONCF et à 40% par la SNCF) pour la maintenance des futurs TGV du royaume, avec à la clé un contrat d’entretien pour 175 millions d’euros (1,9 milliard de dirhams) sur 15 ans.

Cette filiale commune, précise le site spécialisé dans les informations industrielles, va aussi réaliser des opérations de maintenance ou de support pour les activités propres de la SNCF et ce, pour 90 millions d’euros.

Aux termes de l’accord, il est prévu que certaines opérations techniques ou de maintenance de la SNCF soient, dans un futur proche, délocalisées vers le Maroc. Selon la SNCF, ces prestations intègreront la réparation des pièces, l’assistance technique à distance et in situ, les prestations d’ingénierie de maintenance et de transport des pièces entre la France et la ville marocaine de Tanger.

Pour rappel, les deux opérateurs travaillent en commun, depuis 2009, sur le projet de réalisation de la liaison à grande vitesse entre Tanger et Casablanca. C’est l’ancien président français Nicolas Sarkozy qui en avait lancé les travaux à Tanger, en septembre 2011. Avec une vitesse de 320 km/h sur les 200 km entre Tanger et Kenitra, le temps de parcours entre les deux pôles économiques du pays sera de 2h10 au lieu de 4h45 actuellement et de 1h20 au lieu de 3h45 entre Tanger à Rabat.

Des associations rejettent le projet

Premier en Afrique, le futur TGV marocain ne fait pas l’unanimité. Un collectif dénommé « Stop TGV » demande l’arrêt de ce projet que ses détracteurs considèrent comme déplacé pour un pays pauvre comme le Maroc. Dans un entretien au Monde, Omar Balafrej, membre de ce collectif rappelle les raisons de ce rejet: « C’est un projet qui n’est pas prioritaire pour le Maroc. 25 milliards de dirhams, c’est l’équivalent de 25.000 écoles dans le monde rural, c’est 16.000 bibliothèques, 10. 000 médiathèques, c’est 25 centres universitaires hospitaliers, quand on sait qu’une grande ville comme Agadir n’a pas de centre universitaire hospitalier. »(La décision de construction a été prise pour ce CHU)

Une pétition circule sur le net appelant à abandonner le projet. Pour les premières associations signataires (ATTAC, Association Clarté Ambition Courage, Azetta, CAPDEMA, FMAS, Initiative BDS-Maroc, Transparency Maroc), »un meilleur Maroc est un Maroc où les grandes décisions stratégiques seraient prises dans la concertation et prises de manière démocratique. »

Le réseau des chemins de fer marocains comprend actuellement 2.120 km de lignes à voie normale, dont 1.060 km électrifiés et 600 km (soit 28 %) en double-voie.

C’est vrai qu’on peut se demander s’il n’y avait pas actuellement d’investissement plus utile à faire au Maroc.

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Publié 13 janvier 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Développement, Transports

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