AGADIR, LA VILLE IMPASSIBLE, MAGNIFIQUE LIVRE DE HASSAN WAHBI

par Nathalie Perton  – agadir.madeinmedina.com/

LA PART DE MYSTERE, REGARDS D’ESTHETES A Agadir, du fait du séisme et de sa reconstruction – et donc de ce que d’aucuns ont interprété comme une ville jeune, dépouillée de son histoire- de nombreux intellectuels, artistes, voyageurs exigeants, ne donnent qu’un regard compatissant ; un peu hautain ; comme on le ferait sur une femme à la belle plastique mais qu’on suppose un peu creuse. Dans ces pages on retrouve du mystère de notre ville que nous avons toujours défendu.

Photo Isabelle de Balathier

Photo Isabelle de Balathier

Impassible… 

Je me demandais en rédigeant cet article pourquoi le choix de cet adjectif ; impassible… Imperturbable ? Stoïque ? Placide ? Je recherchais alors une définition précise… Qui ne laisse pas voir son émotion, ses sentiments, qui montre un calme imperturbable… J’avais omis que se cachait dans le caractère impassible toute l’étendue de ce qui n’était pas montré, la pudeur, l’émotion qu’on peut supposer sourdre… Et c’est ce que nous propose cet ouvrage découvrir ce qu’Agadir ne laisse pas à voir, ne pose pas sous notre regard.

Une autre perspective bibliographique de la ville

Il va sans dire que nous ne condamnons pas les auteurs qui se sont attachés à faire parler de notre ville, bien au contraire souvent nous les avons mis à l’honneur eux qui se sont employés à faire découvrir le Souss et ses habitants ; l’histoire de la région, eux qui ont photographié la ville ou l’ont peinte pour nous offrir de beaux livres d’art. Mais effectivement force est de constater que souvent ses dernières années les publications tournaient autour de la thématique  de la reconstruction… Si l’histoire est fondamentale, la littérature sur Agadir avait besoin d’un nouveau souffle. Ce livre la lui donne. Il s’agit pour « Agadir, la Ville Impassible » d’une entreprise intellectuelle et artistique très ambitieuse ; un livre aux frontières du livre documentaire, du livre de poésie et du livre d’Art. Pluridisciplinaire et porté par des hommes de talent, le texte s’appuie sur un trésor pictural : les images de Michel Monteaux et Saïd Aoubraim (ce dernier médaillé d’or de «Al Thani Award for Photography», au Qatar en 2008) et nous font découvrir milles aspects méconnus, la part de mystère de cette ville en kaléidoscope. « Michel Monteaux, offre un regard neuf et affectueux sur les couleurs discrètes mais bien présentes de la ville, sur ses habitants affairés loin des lieux de villégiature. »

Soulever l’étoffe

Si les images offrent un nouveau regard ; la puissance du livre on la doit à Hassan Wahbi, l’écrivain et professeur émérite de l’Université Ibn Zohr, celui- là même qui nous a proposé ses entretiens avec Abdelkébir Khatibi dans : « la beauté de l’Absent », qui déjà nous livrait de sa dimension poétique et esthétique dans « La part de lumière. » (tous deux édités par l’Harmattan). Ainsi il fait sourdre la beauté d’Agadir. Ce n’est pas rien rendre la splendeur d’une ville, c’est un peu comme peindre une femme avec pudeur, cacher sa nudité pour ne pas que sa beauté  apparaisse de façon violente et impudique. Soulever l’étoffe. Hassan Wahabi soulève juste l’étoffe, par endroits. Sa dimension poétique lui a permis de faire jaillir les mystères, les beautés cachées d’Agadir.

Chapeau bas !

C’est à Azigzao – précédemment engagé pendant 10 ans dans l’édition du magazine « Agadir Première» – que l’on doit ce magnifique et unique ouvrage. Nous félicitons cette démarche et engageons nos lecteurs à se procurer d’urgence ce petit trésor, indispensable dorénavant.

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Publié 29 janvier 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Littérature

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