Plan Azur L’Etat doit achever les stations

par Hajar Benezha – leconomiste.com

  • L’Etat doit achever les stations et les mettre à la disposition du privé
  • Nécessité de revoir le modèle en priorisant les sites les plus avancés
  • Stimuler la demande pour attirer les investisseurs
Pour Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme, «il est important d’assumer les erreurs d’appréciation qui ont marqué le plan Azur. C’est l’Etat qui devrait terminer les stations et les mettre à la disposition des professionnels pour une période déterminée»

Pour Fouzi Zemrani, vice-président de la Confédération nationale du tourisme, «il est important d’assumer les erreurs d’appréciation qui ont marqué le plan Azur. C’est l’Etat qui devrait terminer les stations et les mettre à la disposition des professionnels pour une période déterminée»

– L’Economiste: Le nouveau plan d’action du ministère cible des marchés comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Hollande. Pensez-vous que le Maroc pourrait représenter un intérêt stratégique pour ces pays en quête d’une offre balnéaire?
– Fouzi Zemrani:
Dans le but de diversifier nos marchés, il est important aujourd’hui de chercher de nouveaux relais de croissance. Ces pays, qui ont une véritable culture du voyage, sont des cibles intéressantes pour nous, d’autant plus qu’ils sont dans un rayon abordable pour les compagnies aériennes et plus particulièrement les low-cost. Oui, le Maroc peut et doit intéresser ces marchés et pas seulement sur le balnéaire. Sur ce point, Agadir est une station qui répond à leur attente de par son positionnement climatique. Plus de 300 jours d’ensoleillement, une mer tiède qui profite du passage du Gulf Stream et un arrière-pays très diversifié. D’où l’intérêt aujourd’hui d’accélérer Taghazout et de mettre à niveau l’offre d’Agadir tant en hébergement qu’en animation. D’autre part, ces marchés sont en pleine croissance et ne pas s’y intéresser serait dommageable. Sur le Royaume-Uni et l’Allemagne nous sommes en progression en offre city break et circuits culturels. Ce qui démontre qu’il ne faut pas cataloguer ces pays uniquement sur du balnéaire.

– Selon vous, quels sont les pistes permettant de dynamiser des stations balnéaires comme Saïdia?
– Il faut avant tout terminer ces stations et notamment Saïdia qui est aujourd’hui notre seule offre sur la Méditerranée. Sans une capacité critique, on ne pourra pas attirer les tour-opérateurs. Saïdia ne pourra fonctionner qu’avec les TO sur des programmations charters back to back et des séjours de 7 nuits minimum. En l’état actuel, aucun TO ne veut se risquer sur la destination d’autant plus que la qualité du produit laisse à désirer, que l’animation est quasi inexistante et surtout que la saison est très courte. La partie immobilière ne donne pas satisfaction, destinée au départ à une clientèle nord-européenne aisée et disponible. Aujourd’hui boudée les infrastructures de Saidia ne suivent pas en termes de qualité. Il y a lieu de repositionner cette destination. Nous sommes en train d’y réfléchir sérieusement avec des pistes que nous pourrons proposer prochainement.

– Le plan Azur n’a pas porté les fruits escomptés. Que faut-il revoir pour atteindre les objectifs fixés?
– Le plan Azur était ambitieux et, avec du recul, quasi irréalisable. Il faut être honnête. Aucune destination touristique n’a jamais lancé autant de stations simultanément en comptant uniquement sur l’investissement privé. Les Turcs ont lancé Antalya, les Egyptiens Hurghada puis Charm El Cheikh, les Tunisiens Hammamet, les Espagnols la Costa del Sol.

. avec le succès que l’on leur connaît. Il faut revoir la totalité du modèle en priorisant les sites les plus avancés. Nous ne pouvons pas aujourd’hui abandonner et nous devons assumer nos erreurs d’appréciation. Faute d’investisseurs fiables, c’est à mon avis l’Etat qui devrait aujourd’hui terminer les stations puis les mettre à la disposition des professionnels internationaux et nationaux pour une période déterminée. C’est ce qui avait été fait par le passé avec les chaînes nationales directement gérées par l’ONMT (Diafa et Maroc tourisme) puis cédées à des particuliers. Ce qui est sûr aujourd’hui, c’est que nous avons besoin d’une offre balnéaire pour atteindre les objectifs fixés par la vision 2020.

– Où résident les gisements d’amélioration des investissements?
– C’est l’attractivité de la destination qui attirera les investisseurs. L’investissement ne se décrète pas, il ira là où il y a une véritable demande. Et ce ne sont pas les avantages ou les primes qui convaincront les investisseurs, mais bien le retour sur investissement. C’est ce qui a fait le succès de Marrakech à une certaine période et on devrait s’atteler à améliorer l’attractivité de la destination pour un Rev
PAR optimum, faute de quoi les investissements risquent d’en pâtir. Pour cela, il faut enrichir le produit, diversifier les expériences, assainir, sécuriser, innover, promouvoir et communiquer.

 

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Publié 20 février 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Tourisme

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