Des capteurs de brouillard pour collecter l’eau dans la région de Sidi Ifni

Medias24.com
Des capteurs de brouillard pour collecter l'eau à Sidi Ifni

Grâce à ce projet unique au Maroc et en Afrique du Nord, la quantité moyenne d’eau récoltée est de 6,3 m3 par jour.

 »Moissonner le brouillard ou la collecte de l’eau de brouillard » est l’intitulé d’un projet pilote, qui sera inauguré prochainement dans la commune rurale de Tnine Amellou (Sidi Ifni), à l’occasion de la Journée internationale de l’eau (21 mars).

 »C’est un projet de récolte de brouillard, une technique très ancienne qui a fait ses preuves en Amérique Latine et particulièrement au Chili (Camanchaca) et que nous avons essayé de dupliquer dans la région de Sidi Ifni connue pour son climat semi-aride exacerbé par la parcimonie des précipitations », a expliqué, vendredi à Agadir, Aissa Derhem, président de l’Association Dar Si Hmad, porteuse de ce projet unique au Maroc et en Afrique du Nord.

Ce projet est situé dans les montagnes de Boutmezguida où sont construits, à 1.225 m d’altitude avec une orientation Nord/Ouest, des filets en polypropylène qui servent à piéger l’eau contenue dans le brouillard.

Le nombre des bénéficiaires directs s’élève à quelque 400 personnes (80 ménages) et un cheptel d’environ 400 têtes de bétail dans cette zone qui compte 5 villages, deux écoles rurales et une medersa.

La quantité moyenne quotidienne d’eau de brouillard récolée est de l’ordre de 6,3 m3 par jour.

Le projet est composé de 600 m2 de filets capteurs (20 unités de 30 m2), deux citernes de stockage d’une capacité totale de 500 m3, d’un puits de forage, 9.000 m linéaires de canalisation, 20 branchements domiciliaires, 4 réservoirs et autant de stations de reprise, un système de filtration et stérilisateur et d’un observatoire du brouillard, le premier au monde.

M. Derhem a signalé que le principe du captage de l’eau de brouillard doit obéir à trois paramètres:

être dans une région avec beaucoup de brouillard,

être dans une zone avec anticyclone et à côté d’un océan avec une eau froide,

disposer d’un relief, un obstacle naturel, généralement une montagne assez haute, entre 500 et 600 mètres au-dessus du niveau de la mer.

A s’en tenir à ces trois prérequis, la région d’Ifni, comme d’autres zones atlantiques marocaines, semble se présenter comme un site idéal :  »Nous avons exactement cette situation avec l’anticyclone des Açores et le courant des Canaries, un gulf stream local, et des montagnes surplombant la région des Aït Bâamrane », a-t-il dit.

 »On a commencé par deux endroits : un à Ifni et l’autre en haute montagne à 1.225 m d’altitude. Après une année d’expérience, on a constaté qu’à Sid Ifni la collecte des eaux ne dépassait pas les 2m3 par m2, alors que dans la montagne (30 km au sud-ouest), la moisson était de 7,5 m3 d’eau récoltée », rappelle-t-il.

Avec un peu plus de recul et d’ajustements, les initiateurs du projet, souhaiteraient étendre l’expérience à tout le pourtour de la montagne qui est, selon eux, tout aussi important si l’on tient compte de l’importance de cette ressource naturelle aussi irrégulière qu’est le brouillard et dont il faut tirer profit au maximum.

Cette expérience peut s’étendre, depuis les Aït Bâmarane jusqu’à Essaouira au nord, pour reprendre, plus au Nord, dans le Rif, en passant par le Haut-Atlas et les reliefs de l’Anti-Atlas par la zone qui va pratiquement des Aït Baha jusqu’aux Aït Bâaquil au sud.

Sur son site internet, l’Association Dar Si Hmad, engagée également sur une myriade d’autres projets, précise que, dans une région semi-aride à aride comme les Aït Bâamrane, la carence de l’eau est un problème qui touche profondément le quotidien des villages situés dans les montagnes de l’Anti-Atlas et surtout la vie des femmes et des jeunes filles à qui revient la tâche de chercher l’eau.

Celles-ci consacrent une moyenne annuelle de 3,5 heures/jour pour la corvée de l’eau et ce temps constitue une perte d’occasion qu’elles pourraient employer, de manière plus valorisante, s’il y avait un accès plus facile à l’eau.

Advertisements

Publié 17 mars 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Développement, Eau, Région

%d blogueurs aiment cette page :