Station de dessalement Cap Ghir : La polémique retombe

par Fatiha Nakhli – leconomiste.com

  • Les porteurs du projet rassurent les surfeurs
  • Le spot Boilers sera préservé

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Le spot mondialement connu «Boilers» (La bouilloire) n’est pas menacé par la station de dessalement de l’eau de mer prévue à Cap Ghir, à une quarantaine de kilomètres au nord d’Agadir. L’environnement non plus puisqu’il n’y aura pas de rejets chimiques dans la mer. C’est bien ce qu’ont assuré les porteurs du projet à l’issue d’une rencontre de concertation tenue à la wilaya d’Agadir vendredi dernier.

En fait, cette réunion fait suite à la mobilisation massive de la communauté des surfeurs qui redoute l’impact d’un tel projet sur l’environnement et sur le spot «Boilers» autour duquel s’est développée toute une économie locale (cf. L’Economiste du 12/3/2015). Les surfeurs ont donc fait entendre leur voix. Et leur appel a reçu écho de la part des autorités locales qui ont programmé la réunion afin d’échanger autour du sujet. Les représentants de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) et de l’entreprise Abengoa, en tant que porteurs du projet, ont ainsi présenté des exposés pour donner les éclaircissements sur la consistance, les objectifs et les implications écologiques de la future usine. L’idée étant de rassurer les surfeurs et de calmer leurs craintes. Il ressort de la présentation qu’il n’y a pas de risque pour la vague.

Le site de la Bouilloire ne sera pas impacté vu que toutes les canalisations de cette station de dessalement, basée sur la technologie de l’osmose inverse et d’un réservoir de stockage d’eau traitée de 35.000 m3, seront creusées sous le fond marin. Ainsi, les rejets de saumures consisteront en un retour à la mer d’eau, initialement prélevée de la mer avec une  concentration en sel de 37 g/l et qui ressort avec une salinité concentrée de 68g/l. «L’opération  se fait à travers des diffuseurs de rejets dimensionnés selon des modèles mathématiques pour permettre leur dilution rapide et localisée en mer et ainsi minimiser  leur impact sur l’environnement», explique Selma Jariri, chef de la division Nouvelles technologies de l’eau. Ces diffuseurs sont des conduites réalisées par perforation sous le fond marin et leur extrémité ressort à une distance d’environ 200 m au large», a-t-elle ajouté. Bien entendu, en réagissant, la communauté des surfeurs du Maroc ne remet pas en question l’utilité de la station de dessalement.

D’autant plus dans une région semi-aride comme le Souss Massa et où aucun développement économique n’est possible sans eau potable. La future station pourrait produire à terme jusqu’à 200.000 m³ d’eau dessalée par jour afin de couvrir les besoins urgents en eau potable de la région du Grand Agadir jusqu’à l’horizon 2030.

Le projet de la station de dessalement de Cap Ghir est réalisé en partenariat public-privé dans le cadre d’un contrat Built operate transfer (BOT), relatif à la loi 54.05, pour la gestion des services délégués entre l’ONEE et la Société de l’eau de dessalement d’Agadir (SEDA). Celle-ci est composée d’un consortium de l’entreprise Abengoa et  du fond d’investissement Infra Maroc, filiale de la CDG. Le montant d’investissement du projet est d’environ 1 milliard de DH.

Accès rétabli
A l’origine de cette polémique, le choix de l’emplacement de la station et l’interdiction d’accès au littoral dès le démarrage des travaux, il y a plus d’un mois. A ce propos, la réaction de Mohamed Yazid Zelou, wali de la région Souss Massa a été immédiate.
Il s’est déplacé avec ses équipes jusqu’au site pour évaluer la situation et veiller au rétablissement du passage. Sur ce point, la Confédération des entreprises marocaines de surf touristique (CEMST) fait observer que des réajustements seraient encore à faire pour que les surfers puisse attraper la vague plus facilement comme ils l’ont toujours fait.
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Publié 23 mars 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Eau, Sport

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