Le vrai-faux des écoles françaises à l’étranger

Delphine Bancaud – 20minutes.fr

Alors que le réseau des établissements français à l’étranger fête ses 25 ans ce vendredi, «20 Minutes» décrypte les a priori qui courent sur eux avec la directrice de l’agence (AEFE), Hélène Farnaud-Defromont…

Hélène Farnaud de Fromont, directrice AEFE

Hélène Farnaud-Defromont, directrice AEFE

Trop chers, trop élitistes… Les a priori ont la vie dure. Alors que l’agence des établissements français à l’étranger (AEFE) fête ses 25 ans ce vendredi, 20 Minutes a cherché à savoir ce qui tenait du mythe ou de la réalité sur ces 494 établissements. 

1) Les inscriptions aux établissements français à l’étranger sont chères

Contrairement à la scolarité dans les établissements scolaires publics situés en France, qui est gratuite, celle des établissements français à l’étranger est payante. «Elle coûte en moyenne entre 3.000 et 3.500 euros pour une année, mais les frais de scolarité sont très variables d’un pays à l’autre (il faut par exemple compter environ 27.000 euros par an aux Etats-Unis et 100 euros à Madagascar)», précise Hélène Farnaud-Defromont, directrice de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). «Il existe aussi des aides à la scolarité pour les élèves français: 20% d’entre eux sont ainsi bénéficiaires d’une bourse, attribuée sous conditions de ressources», ajoute-t-elle.

2) Ils sont des ghettos pour les enfants de familles privilégiées

«Ce cliché ne tient pas compte du niveau de vie des Français installés à l’étranger. Les expatriés sont minoritaires et beaucoup de parents d’élèves français sont installés à l’étranger et touchent donc un salaire local. Quant aux élèves étrangers, ils font certes partie d’une élite culturelle, mais pas forcément fortunée car beaucoup de familles font un sacrifice financier pour pouvoir inscrire leurs enfants dans nos écoles», assure Hélène Farnaud-Defromont.

3) Ils encouragent le communautarisme franco-français

«C’est faux. Sur 330.000 élèves, 206.000 sont étrangers», informe Hélène Farnaud-Defromont. Les établissements brassent donc des enfants de différentes nationalités, dont beaucoup ne parlent d’ailleurs pas Français au départ et qui apprennent à vivre ensemble.

4) Les enseignants ne sont pas aussi compétents que ceux qui exercent en France

Dans ces écoles exercent 6.500 personnes qui sont détachées de l’Education nationale et 15.000 sont personnes recrutées localement. «Celles-ci sont souvent très diplômées. De plus, la formation continue est très développée au sein du réseau. Car 1.000 stages sont organisés chaque année pour le personnel des établissements afin qu’ils s’approprient notre pédagogie et qu’ils se familiarisent avec les réformes de l’Education nationale», souligne Hélène Farnaud-Defromont.

5) L’enseignement des langues étrangères n’y est pas de qualité

«C’est tout le contraire! En sortant du lycée, les élèves français maîtrisent l’anglais et la langue du pays d’accueil. Et les étrangers, le français et l’anglais», insiste Hélène Farnaud-Defromont.

6) Les mauvais élèves sont éjectés en cours de route

«C’est faux, car les enseignants ont mis en place une pédagogie individualisée et proposent un accompagnement personnalisé aux élèves en difficulté», indique Hélène Farnaud-Defromont.

7) Les lycées délivrent un bac «cocotier» qui a moins de valeur que celui obtenu en France

En 2014, le taux de réussite au baccalauréat était de 87,9% au niveau national, contre 95% pour les élèves des établissements français à l’étranger. «20% de nos élèves ont décroché une mention Très bien et 25% une mention Bien. Donc on ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’un bac au rabais», sourit Hélène Farnaud-Defromont. Le programme scolaire étant le même, les épreuves ne sont pas plus faciles pour les élèves des EFE et ils ne sont pas non plus corrigés de manière plus clémente. «Depuis 2011, les copies sont dématérialisées et donc envoyées à des correcteurs situés en France ou dans d’autres pays», précise la directrice de l’AEFE.

8) Faire sa scolarité à l’étranger peut être un obstacle pour accéder aux grandes écoles

«C’est plutôt le contraire car 20% de nos élèves accèdent aux classes préparatoires et 30% s’orientent vers des bi licences à l’université», précise Hélène Farnaud-Defromont. L’AEFE a aussi noué des partenariats avec plusieurs IEP pour que les élèves puissent passer les épreuves de sélection en visioconférence. Pas de raison donc de paniquer pour l’avenir des élèves.

Publicités

Publié 11 avril 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Culture, Scolarité

%d blogueurs aiment cette page :