« Homeland » : Hindi Zahra revient avec un deuxième album et une tournée prévue au Maroc (INTERVIEW)

par Anaïs Lefébure – huffpostmaghreb.com – 09/04/2015

Cinq ans après la conception de son premier album, « Handmade », Hindi Zahra revient avec un second opus, « Homeland », dans les bacs le 13 avril. Un retour aux multiples sources d’inspiration de la chanteuse, de son Maroc natal au rythmes du Cap Vert, en passant par l’Iran, Cuba et le Brésil.

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HuffPost Maroc: En 2010, vous sortiez votre premier disque. Pourquoi une absence aussi longue entre « Handmade » et « Homeland »?

Hindi Zahra: Nous avons eu une longue tournée de deux ans et demi pour le premier album. Il était important pour moi de défendre l’album à l’étranger, et comme on nous appelait, j’y allais. Je me suis arrêtée ensuite pour commencer la conception du deuxième album. Je me suis attelée toute seule à la production et aux arrangements; cela m’a donc pris près de deux ans pour le faire.

Votre album s’intitule « Homeland ». Pourquoi? Où se situe la marocanité dans cet album?

« Homeland », ce n’est pas forcément le Maroc, ni ailleurs. C’est plus une maison intérieure. Quand je suis arrivée au Maroc pour composer un album que je voulais plus marocain, je me suis finalement dit que d’autres chanteurs font de la musique marocaine bien mieux que moi. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt le mélange des musiques, des genres et des cultures. Étant fille de militaire, je n’ai jamais vécu longtemps au même endroit, et ayant des racines touarègues, je me suis rendue compte que je n’étais pas attachée à un lieu en particulier. Cet album est donc influencé par des rythmiques brésiliennes, cubaines, du Cap Vert ou de l’Iran. Certaines chansons sont aussi en amazigh.

C’est donc un album « métissé »…

C’est plutôt un voyage et une recherche de ce que j’ai de commun, en tant que Marocaine, avec les autres musiques sur lesquelles je me suis attardée. Par exemple, il y a un morceau qui s’appelle « Cabo Verde », pour lequel j’utilise une rythmique traditionnelle du Cap Vert. Ensuite, je fais jouer une guitare façon chaâbi, que je mélange avec des sons beaucoup plus psychédéliques et du clavier, afin de lui donner une texture plus moderne.

Vous avez participé en 2014 à un album hommage à Nina Simone. Que représente-t-elle pour vous?

Nina Simone représente la musicienne, chanteuse et artiste accomplie, dans le sens où il y a une projection humaniste de sa musique, il y a toujours une vision et de la profondeur dans ses textes, qu’ils soient engagés ou non. C’est quelqu’un qui a vraiment marqué l’histoire de la musique.

Vous avez déjà collaboré avec le groupe libanais qui monte, Mashrou’ Leila. Avez-vous d’autres projets de collaboration avec des artistes du Moyen-Orient?

C’est grâce à leur manager que je les ai rencontrés. Le chanteur de Mashrou’ Leila aimait bien ma chanson « Beautiful Tango », ils m’ont donc invitée une première fois pour faire un concert au Liban. Quand ils étaient à Paris, on a décidé d’enregistrer « Beautiful Tango » ensemble. Concernant mes collaborations futures, je ne préfère par prévoir. C’est souvent les rencontres qui font les occasions.

Vous avez récemment joué dans deux films. Comptez-vous renouveler cette expérience d’actrice?

Le film de Fatih Hakin, « The Cut », avec Tahar Rahim, a été une expérience extraordinaire. Par la suite, la réalisatrice maroco-irakienne Tala Hadid m’a contactée pour « The Narrow Frame of Midnight », qui a reçu un prix récemment au festival de Tanger. Je n’aurai jamais pensé que j’allais être comédienne, mais je suis prête à sauter le pas et à vivre l’expérience. J’ai été très bien entourée sur ces deux tournages. Tala Hadid savait que je n’étais pas comédienne, donc ils ont été plus indulgents et ils ont su me mettre à l’aise.

Avez-vous un projet de 3ème album, ou il est encore un peu tôt pour en parler?

Donnez-moi d’abord le temps de faire ma tournée… (rires) Ma vie tourne surtout autour du live. Faire un disque, être en studio, c’est assez compliqué pour moi, parce que c’est un peu figer la musique. Le live, c’est vivant et ça nous permet aussi d’expérimenter les morceaux sur scène, et d’aller toujours plus loin avec nos musiques.

La tournée marocaine

Plusieurs dates sont prévues au Maroc: au mois de mai à Meknès, Agadir, Casablanca, via les théâtres et les Instituts français (Concert le 12 mai 2015 à Agadir). Accompagnée de Mehdi Nassouli, Zahra Hindi sera également de la fête au Festival Gnaoua d’Essaouira, une première pour la chanteuse.

Ce premier extrait de Homeland, le second album de Hindi Zahra, annonce un opus ensorcelant. Un clip en noir et blanc très graphique tourné au Theatre Royal de Marrakech accompagne Any Story. La chanteuse franco-marocaine nous donne rendez-vous le 13 avril pour découvrir la suite. On a hate.

 

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Publié 15 avril 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Musique, Spectacle

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