Avec le Connect Institute d’Agadir, les jeunes se motivent en s’inspirant des grands

Par Pauline Chambost – telquel.ma – 6/5/2015

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Aïcha Ech-Channa, fondatrice de l’association Solidarité féminine Maroc lors d’Agora 2. Crédit : Connect Institute/Facebook.

Le Connect Institute d’Agadir rassemblera, le 16 mai prochain, plusieurs grandes personnalités marocaines pour qu’elles échangent sur leur expérience. Focus sur ce nouvel espace de rencontres original, inédit au Maroc, qui vient de fêter son premier anniversaire.

La chanteuse Malika Zarra, le président du Conseil national des droits de l’Homme Driss El Yazami, les journalistes Hind Meddeb et Abdellah Tourabi : ces quatre personnalités sont les invités de l’événement Agora 3, qui se tiendra le 16 mai prochain à Agadir. Le principe : inviter des personnes aux professions différentes pour qu’elles reviennent sur leurs parcours et les difficultés qu’elles ont rencontrées… bref, qu’elles se racontent. L’occasion pour ceux qui assistent à l’événement de découvrir des expériences humaines, s’en inspirent et peut-être, à terme, se motivent pour en faire autant.

Le Connect Institute : (re)créer du lien entre adultes…

Derrière Agora, un homme : Taha Balafrej, professeur, ancien haut fonctionnaire et membre de l’USFP. Il a lancé le Connect Institute à Agadir il y a un peu plus d’un an. Agora, organisé une fois par semestre, n’est qu’une des nombreuses activités menées. Son objectif : monter sur pied un nouvel espace de sociabilité. L’idée est née d’un constat : le manque de communication entre les personnes appartenant à différents milieux ou différentes générations. « La modernité a apporté tellement de fractures entre les personnes… On retrouve des groupements professionnels, religieux, mais pas transversaux. On peut avoir la nostalgie du passé et se lamenter, ou bien inventer quelque chose de nouveau », constate Taha Balafrej. Et c’est pour cette seconde option qu’il a opté.

… et inspirer les jeunes

Concrètement, le Connect Institute met en relation des personnes de différents milieux professionnels. Elles échangent, lors des rencontres organisées plusieurs fois par semaine, des sorties ou même au moment des cours de yoga proposés. Mais surtout, ces mêmes personnes sont écoutées par des jeunes d’Agadir, de 18 à 25 ans, qui lors des activités, rencontrent ces adultes instruits et déjà insérés dans le monde du travail. « Demain on reçoit par exemple le PDG de Copag. Les jeunes seront présents dans la salle, assis à côté de médecins ou d’architectes vers lesquels je les oblige à aller ». Parmi les personnalités que ce « club » a déjà reçues : Aïcha Ech-Channa, Fatym Layachi, Nour-Eddine Lakhmari, Youssef Tazi ou encore Hassan Aourid.

Les membres du Connect Institute deviennent alors des sources d’inspiration pour des jeunes parfois un peu paumés et en manque de motivation. « Des jeunes ont réussi à trouver un stage grâce au réseau, certains se sont fait soignés par un membre médecin. Ces échanges de services se faisaient avant mais comme cela n’existe plus, l’institut le rend possible », nous explique Taha Balafrej.

Déjà plus de 600 participants

Une trentaine de jeunes suit le programme « Grow » : « Nous faisons tout ce qui peut favoriser leur ouverture d’esprit : on organise des lectures d’articles, on écoute de la musique classique. Je leur explique : ‘que tu aimes ça ou pas n’est pas ton tord mais que tu ignores que cela existe pose problème’». Il ajoute : « Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas faignants c’est juste qu’ils ne voient pas d’alternative au pessimisme ou à l’extrémisme ». Et d’ailleurs, d’après Taha Balafrej, des changements se font déjà sentir sur ces jeunes accompagnés : « Cela se voit, certains sont plus libres, plus ouverts, l’une d’entre eux a même pour projet de créer sa propre entreprise ».

Le Connect Institute se rapproche des TedX, ou par certains aspects du Rotary Club, dans sa version originelle. Plusieurs initiatives similaires existent déjà depuis plusieurs années à l’étranger, notamment dans les pays anglo-saxons. Mais Taha Balafrej est tout de même surpris du succès de son initiative. Aujourd’hui, plus de 600 personnes ont déjà assisté aux activités du Connect Institute, qui compte une trentaine d’adhérents. Ces derniers paient une adhésion annuelle ; en revanche, les activités sont gratuites pour tous les jeunes.

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Publié 10 mai 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Culture

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