Archives de la catégorie ‘Théâtre

« Arable », la pièce de théâtre jouée à l’Institut Français

Une mise en scène étonnante, minimaliste, mais très agréable à voir, un « monologue » à deux voix joué par deux excellentes actrices Mouna Belghali, Estelle Lesage.
C’est du « vécu » donc évidemment subjectif.

Voici ce que l’auteure Karima El Kharraze dit de sa pièce :
« Arable
raconte le parcours d’une jeune femme née de parents marocains dans la France des années 80. L’invention de soi et la filiation passent par le rapport à la langue : l’arabe marocain, ciment de la mémoire du pays d’origine et vecteur d’une poésie orale, est confronté au français, langue de la littérature et de l’Histoire à travers l’école républicaine.
Arable veut dire fertile car au lieu de nous en tenir aux racines, nous invoquons des possibles. A l’instar des poumons de mon père pleins de la terre rouge de son pays et du mastic de la chaîne de montage de Renault Flins, je porte en moi les strates de toutes les terres traversées, de la Normandie à Essaouira en passant par l’Allemagne. Arable est autant un hommage aux racines qu’aux boutures ».

Voici quelques photos prises pendant la pièce :

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et une courte vidéo qui rappellera à ceux qui ont vu la pièce, quelques moments :

Arable – Karima El Kharraze from A Bout Portant on Vimeo.

Publié 21 mai 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Art, Culture, Théâtre

Demain soir : Théâtre à l’Institut Français d’Agadir : « ARABLE » à 19H30

Texte et mise en scène de Karima El Kharraze

Arable

Ce monologue à deux voix raconte le parcours initiatique d’une jeune femme entre la France et le Maroc. À trois périodes de leurs vies, F et M tentent de se forger une identité hybride pour échapper aux assignations, de la fille arabe sous couvre-feu à la beurette intégrée.
Le rapport à la langue omniprésent dans ce monologue exprime à la fois le lien et la rupture, l’invention de soi et la filiation. L’arabe marocain, langue domestique, ciment de la mémoire du pays d’origine et vecteur d’une poésie rugueuse qui résiste à toute assimilation, se trouve confronté au français, langue de la littérature, de la subjectivité et de la transmission de l’Histoire à travers l’école républicaine. La théâtralité singulière de ce texte tient à l’alternance entre élan lyrique et éléments dramatiques, ce qui permet de créer une friction entre des temporalités, des langues et des lieux différents. Arable est autant un hommage aux racines qu’aux boutures.

Mercredi 20 mai à 19h30

Sur invitation à retirer à l’IFA

20e Festival International du Théâtre Universitaire d’Agadir : La pièce espagnole «Tartufo» rafle trois prix

MAP – lematin.ma – 29/04/2015

Plus de 200 pièces ont été présentées, lors du 20e FITUA, de différents pays et de diverses écoles et tendances dramaturgiques, partant du théâtre classique jusqu'à l'improvisation en passant par le théâtre expérimental. Ph : facebook.com

Plus de 200 pièces ont été présentées, lors du 20e FITUA, de différents pays et de diverses écoles et tendances dramaturgiques, partant du théâtre classique jusqu’à l’improvisation en passant par le théâtre expérimental. Ph : facebook.com

La pièce théâtrale «Tartufo» de l’Ecole royale supérieure d’art dramatique de Madrid a raflé trois prix, dont le Grand Prix, à la clôture mardi soir, du 20e Festival international du théâtre universitaire d’Agadir (FITUA), initié par la Faculté des lettres et des sciences humaines, sous le signe «Promotion du dialogue des sensibilités théâtrales».

La comédienne Arachili Contreras de la même troupe s’est vu décerner le prix de la meilleure interprétation féminine dans cette pièce qui, sans être une version libre de Tartuffe de Molière (conçue en 1664), se veut une «version dénudée de ces fioritures finales dictées par le rapprochement étroit entre le personnage et l’auteur».

Le prix de la meilleure interprétation masculine est revenu au comédien de la même troupe espagnole Pablo Chavez ex aequo avec le comédien tchèque Pavole Seris pour son rôle dans la pièce «Ca vous a plu, monsieur ?» de la Faculté de Théâtre de Brno.

Le Prix d’espoir a été décerné à la pièce «Hibal min khazz» de l’ENCG Agadir et le prix de la scénographie à la pièce «Bastards in the mind» de l’Académie du théâtre de Roma Sofia (Italie), alors que le prix du Jury est revenu à la pièce «L’Opéra de quat’sous» de l’Institut national des arts et de la culture de Belgorod (Russie).

Le Jury de cette édition était composé de Hassan Youssefi, Fatima Boujou et de l’écrivain dramaturge Mohamed Khomis, à qui un vibrant hommage a été rendu au côté de l’artiste Bouchra Ahrich en signe de reconnaissance pour les services rendus à l’art de la scène.

Intervenant en clôture, le président de l’Université Ibn Zohr, Omar Halli a souligné qu’avec cette édition le FITUA aura présenté plus de 200 pièces théâtrales de différents pays et de diverses écoles et tendances dramaturgiques, partant du théâtre classique jusqu’à l’improvisation en passant par le théâtre expérimental.

Pour lui, c’est précisément ce cumul quantitatif et qualitatif, conjugué à l’implication active de gens épris des arts de la scène en terme d’écriture, de composition ou de mise en scène, qui redonnent force et détermination aux organisateurs pour aller de l’avant au service d’une manifestation «ayant montré la preuve, grâce à l’adhésion du public, que l’action culturelle ne manque ni de fans, ni de férus».

Le fait marquant de cette 20e édition a été le retour du FITUA à ses quartiers de départ dans la salle de la municipalité d’Agadir, d’où il est parti il y a vingt ans, avec pour objectif d’ancrer, selon ses initiateurs, l’engagement de l’Université à s’ouvrir sur son environnement immédiat pour s’ériger en composante essentielle de l’agenda culturel de la Cité.

L’autre nouveauté consiste en l’organisation, tout au long des journées du festival, de tableaux artistiques devant le siège de la commune urbaine d’Agadir et d’un concours d’improvisation encadré par des professionnels marocains et étrangers, en plus de la tenue d’une conférence-débat sur la thématique «Théâtre et médias» avec la participation d’une pléiade de chercheurs, experts et professionnels de divers horizons.

Sur un total de 26 demandes de participation, le comité d’organisation a retenu, lors de cette édition, neuf pièces théâtrales représentant des troupes de l’ENCG-Agadir, la Faculté des lettres d’Agadir, la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales-Aïn Sbâa de Casablanca, en plus d’autres pièces en provenance de la Palestine, Egypte, Tunisie, Tchéquie, Russie, Italie et d’Espagne.

Le Grand prix de la précédente édition du FITUA, organisée du 19 au 22 mars 2014, a été remporté par la pièce «Vie-rus» de l’Ecole normale supérieure de Meknès, relevant de l’Université Moulay Ismaïl.

FESTIVAL INTERNATIONAL DU THÉÂTRE UNIVERSITAIRE D’AGADIR

ev.ma

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La vingtième édition du Festival international du théâtre universitaire d’Agadir (FITUA), initiée par la Faculté des lettres et des sciences humaines relevant de l’Université Ibn Zohr, aura lieu du 25 au 28 avril sous le signe «vers une consécration de la créativité et du dialogue entre les sensibilités théâtrales». Placée sous le Haut Patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, cette édition sera marquée par la participation de neuf troupes théâtrales universitaires du Maroc et de l’étranger, sur un total de 26 demandes de participation parvenues au comité d’organisation, indique un communiqué de la Faculté.

Le public aura ainsi l’occasion de suivre neuf pièces théâtrales présentées par l’Université Ibn Zohr, représentée par la Faculté des lettres et l’ENCG Agadir, la Faculté des lettres Aïn Sbâa de Casablanca, en plus d’autres pièces en provenance de la Palestine, Égypte, Tunisie, Tchéquie, Russie, Italie et d’Espagne. Outre une conférence sur «théâtre et médias» animée par des spécialistes et des enseignants chercheurs, cette édition sera ponctuée par des hommages aux artistes Bouchra Ahrich et Mustapha Khoumays.

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Publié 25 avril 2015 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Art, Théâtre, Université

Maroc : coup d’envoi de la 12ème édition du festival national du théâtre amazigh

atlasinfo.fr

Le coup d’envoi de la 12ème édition du festival national du théâtre amazigh, organisée par l’Association marocaine de la recherche et de l’échange culturel avec d’autres partenaires jusqu’au 28 courant, a été donné jeudi soir à la municipalité d’Agadir.

L’ouverture de cette édition, baptisée du nom du défunt artiste amazigh Abdellah Ouzad, a été marquée par une chorégraphie riche en couleurs intitulée « Retour aux sources » et présentée avec brio par huit jeunes de l’Atelier du quartier d’Agadir.

Abdellah Ouzad

Le public a par la suite suivi la présentation de la pièce « Alili » (Laurier) de la troupe Dramédia d’Agadir et qui se présente comme un périple dans la mémoire décousue et fragmentée d’une dame où le présent s’emmêle au passé dans la quête des protagonistes à déchiffrer des termes ambigus comme « dignité », « Ahchouma » et d’autres « ce qu’on dira-t-on ».

Réalisée par Boubker Oumalli, qui a également participé à l’écriture avec Ali Oublal et Mohamed Mouhib, cette pièce est interprétée par Zahia Zouhri et Zahra Mahboul.

Dans une déclaration à la MAP, le président du festival a indiqué que la nouveauté de cette édition consiste en la présentation de six pièces théâtrales de différentes régions du Maroc, des hommages à nombre de personnalités culturelles amazighes et l’organisation d’un colloque sur le corpus théâtral amazigh avec la participation de plusieurs chercheurs et académiciens.

Outre la troupe Dramédia d’Agadir, sont en lice pour les trophées de cette édition, initiée en partenariat avec l’Institut royal de la culture amazighe et la Commune urbaine d’Agadir, l’Association Tawzri de Tiznit avec la pièce « Tamgharte », l’Association Unité et solidarité de Chtouka Aït Baha avec « Taskoute », le Théâtre de l’image de Casablanca avec « Isli Tislit », l’Association Aït Idir pour les arts dramatiques de Tinghir avec « Aman N Maroune » et la troupe Jeunes du Rif d’Alhoceima avec la pièce « Assaqsan ».

 

Publié 26 décembre 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Festival, Théâtre

Agadir, Théâtre hassani : Le renforcement des liens entre artistes

MAP – lematin.ma

Ouverture à Agadir, du 2e Festival national du théâtre hassani. Il ambitionne de contribuer au développement de la pratique théâtrale au Sahara et d'attirer l'attention sur l'importance de lui accorder davantage d'intérêt. Ph : MAP.

Ouverture à Agadir, du 2e Festival national du théâtre hassani. Il ambitionne de contribuer au développement de la pratique théâtrale au Sahara et d’attirer l’attention sur l’importance de lui accorder davantage d’intérêt. Ph : MAP.

Le coup d’envoi de la deuxième édition du Festival national du théâtre hassani, une manifestation initiée du 14 au 18 mai par l’Atelier Wafa de théâtre d’Agadir avec le soutien d’autres partenaires, a été donné, mercredi à Agadir, en présence de plusieurs troupes théâtrales.

«Les organisateurs sont fermement convaincus de la profondeur et de la richesse de la culture hassanie, ainsi que du droit du théâtre hassani à un rayonnement conséquent», a souligné en ouverture le président du Festival, Ismaïl Elenetra.

Pour lui, cette expression artistique, loin de rester cantonnée dans une région géographique précise, se doit de s’ouvrir à un public plus large dès lors que la langue hassanie ne représente point un handicap pour les récepteurs ne la parlant pas.

Il a noté que ce Festival ambitionne de contribuer au développement de la pratique théâtrale au Sahara et d’attirer l’attention sur l’importance de lui accorder davantage d’intérêt, soutenant que la tenue de cette manifestation hors des trois régions du Sahara traduit la volonté et la propension des organisateurs à l’ouverture.

Sur le programme de cette édition, il a évoqué une série de représentations théâtrales de troupes venant d’Agadir, Guelmim, Essmara et de Lâayoune, la performance d’une troupe musicale de Tan Tan et un récital de poésie animé par Mohamed Salem Baba rey de Dakhla, en plus d’ateliers de formation et d’autres activités culturelles avec la participation d’une pléiade de chercheurs, artistes et intervenants concernés par la culture et le théâtre hassanis.

De son côté, le secrétaire général du CNDH, Mohamed Sabbar, a indiqué que l’adhésion du Conseil à ce festival s’inscrit en droite ligne de son souci de contribuer à la promotion des droits culturels en tant que composante des droits de l’Homme et en parfaite conformité avec les dispositions de la Constitution de 2011 ayant consacré la diversité des affluents de la culture nationale, dont la culture hassanie.

Il a, aussi, relevé que le soutien qu’apporte le Conseil à cette manifestation s’inscrit dans le prolongement des actions menées par le CNDH et ses trois commissions régionales dans les provinces du Sud visant à promouvoir les droits de l’Homme en général et les droits culturels en particulier.

Il a, ainsi, rappelé que le Conseil a œuvré, avec d’autres partenaires, pour le lancement du projet d’un musée du Sahara à Dakhla, l’élaboration d’une anthologie de la musique hassanie, la création d’un master des études sahraouies et d’un Centre des études sahariennes, mettant l’accent sur le rôle de ce Festival dans la professionnalisation de la pratique théâtrale au Sahara, le renforcement des liens entre artistes hassanis et leurs pairs d’autres régions du Royaume et l’enrichissement de l’expression artistique et culturelle aux plans régional et national.

La cérémonie d’ouverture a été émaillée par un vibrant hommage à une constellation d’artistes, dont Mohamed El Jam, Hassan Badida et Mostafa Toubali, ainsi qu’à Touriya Jabrane qui préside le jury de cette 2e édition, aux côtés de Miloud Bouchaid (universitaire et chercheur en théâtre hassani), Ahmed Mouloud Weldaydah Elhlal (professeur universitaire à Nouakchott et directeur du Centre des études sahariennes), Abdellatif El Taibi (journaliste et artiste), Moukhtar Eldah (un des fondateurs du théâtre hassani), Naima Zitane (professeur à l’Isadac) et Ahmed Mesaaya (écrivain et universitaire).

Le 2e Festival national du théâtre hassani est organisé en partenariat avec le CNDH, le Centre des études sahraouies, le groupe OCP, l’Agence du Sud, le ministère de la Culture, la commune urbaine d’Agadir et l’Association SMD Cultures.

Publié 16 mai 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Art, Théâtre

Ouarzazate à l’honneur au Festival international du théâtre universitaire d’Agadir

par Badr Aït Saïd – almaouja.com

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La 19ème édition du Festival international du théâtre universitaire d’Agadir (FITUA) s’est déroulée du 19 au 22 Mars 2014 sous l’organisation de la Faculté des lettres et sciences humaines en collaboration avec l’Université Ibn Zohr d’Agadir. Ce nouveau rendez-vous a ainsi pu réunir différents troupes d’Instituts supérieurs de théâtre de nombreux pays telles la Russie, l’Italie, l’Egypte, la Tunisie ainsi que les troupes universitaires du Maroc. La Faculté Polydisciplinaire de Ouarzazate était représentée lors des compétitions du FITUA avec le spectacle « Moi, le Président » joué par un groupe d’étudiants de la FPO passionnés par le théâtre et encadrés par Mohamed Drissi. Cette pièce a remporté le prix de la meilleure scénographie.

Mohamed Drissi, l’un des personnages les plus actifs et aimants du théâtre sur Ouarzazate, a préparé pendant quatre mois avec les étudiants de la Faculté la pièce théâtrale intitulée « Moi, le Président » qui aborde des sujets de dimension politique.

Avant d’être présentée au FITUA, le spectacle a pu être interprétée une première fois le 17 mars 2014 dans les locaux de la FPO. Le public s’est montré satisfait du jeu des étudiants acteurs qui formaient en effet un groupe harmonieux en raison de leur précédentes expériences théâtrales avec Mohamed Drissi l’année précédente. Ils ont ainsi pu donner à voir une image favorable de Ouarzazate qui pourtant souffre du vide culturel, et plus particulièrement dans le domaine du théâtre.

Mohamed Drissi a accepté de répondre aux questions d’almaouja.com afin de s’expliquer plus en détails sur son cursus, son expérience dans la scène théâtrale ainsi que sur la pièce elle-même, « Moi, le Président ».

Almaouja.com – Tout d’abord parlez nous de vous et de votre expérience dans le domaine du théâtre.

Mohamed Drissi – Je suis né à Imassin dans la région de Skoura d’où j’en suis parti dés mon enfance pour rejoindre Agadir. J’y ai passé le primaire et le collège, pour ensuite revenir à Skoura suivre mes études au lycée. Mon expérience dans le domaine du théâtre a débuté depuis mon enfance. Au primaire, nous jouions des pièces éducatives lors de plusieurs fêtes nationales comme par exemple la fête du Trône.

Mais le vrai commencement s’est produit au lycée, et ce en raison de la faiblesse de la vie culturelle dans la région de Skoura à cette époque. Nous avons essayé de bouger un peu et ainsi d’éviter la routine du quotidien en créant un groupement de jeunes motivés. Nous avons donc commencé à réaliser et jouer différentes pièces théâtrales.

Quand j’ai eu mon baccalauréat en 1997, je suis revenu à Agadir pour mes études universitaires. J’ai alors intégré l’équipe de théâtre de l’université. Quelques mois plus tard, nous avons pu jouer une pièce qui nous a permis de participer à des festivals nationaux et mondiaux. Pour moi, cette étape universitaire était l’étape de la maturité et de l’expérience dans le domaine du théâtre.

L’Institut culturel français d’ Agadir a aussi joué un très grand rôle dans notre apprentissage puisqu’il fonctionnait alors comme une plateforme qui rassemblait les grands œuvres théâtrales universelles et surtout qui nous permettait de prendre part à leur présentation publique. C’est ainsi que nous avons excellé dans une pièce théâtrale à la Faculté des sciences d’Agadir, spectacle qui nous a emmené dans une grande tournée au Maroc où nous avons gagné plusieurs prix, et ce dans plus de 7 festivals.

Mon expérience n’est pas achevée pour autant, bien au contraire. J’ai intégré l’équipe régionale du théâtre, sous la présidence de M. Al Achàari, le Ministre de la culture à cette époque. J’ai ainsi pu travailler comme comédien avec Khoumiss, un formateur dans l’école française Jack Le Coq, structure considérée comme l’une des plus formatrices dans le théâtre moderne. Ensemble, nous avons travaillé sur une pièce intitulée « Talalayt » qui a connu un très grand succès au niveau national.

À l’achèvement de mes études universitaires, j’ai travaillé dans le secteur de la jeunesse et du sport, puis ensuite dans le Ministère de l’éducation. C’est pour cette raison que je suis venu travailler sur Ouarzazate en tant que coordinateur du centre provincial de la technologie éducative.

Une fois sur place, un ami m’a conseillé de travailler avec les étudiants de la Faculté et j’ai pris la bonne décision de leur faire confiance. En tant que metteur en scène, nous avons travaillé sur une pièce théâtrale nommée « L’affaire » avec laquelle nous avons gagné en 2013 des prix pour le meilleur jeu de comédien dans le festival d’Agadir.

Mohamed Drissi, acteur de la scène théâtrale de Ouarzazate
Almaouja.com – Comment l’idée de passer de l’interprétation à la mise en scène vous est venue ?

M.D – J’ai déjà réalisé deux pièces théâtrales auparavant avec l’équipe Aska à Agadir en langue amazighe. Nous avons aussi gagné le premier prix du Festival maghrébin du théâtre avec la pièce « Tlatig » qui signifie « Il y a de la valeur ».

En venant à Ouarzazate, les étudiants de la Faculté ont réincarné en moi le théâtre et j’ai recommencé à travailler avec un nouvel esprit comme metteur en scène. Après une première expérience, j’ai décidé de poursuivre une autre création avec les étudiants mais cette fois-ci sur une nouvelle thématique. Nous avons voulu mélanger la politique et l’humour. J’espère bien que ce nouveau spectacle aura du succès. Et dans le même temps, je travaille aussi avec des lycéens qui montent alors sur scène pour la première fois. Ce sont des amateurs à qui j’ai aussi fait confiance et qui m’ont vraiment fasciné.

Almaouja.com – Quel est le genre et le contenu de votre pièce « Moi, le Président » et pourquoi avoir choisi ce personnage ?

M.D – J »ai voulu m’inscrire dans ce que l’on appelle la comédie noire qui met de l’ironie dans la comédie. Nous traitons un sujet que les œuvres artistiques abordent partout dans le monde. Il s’agit des dirigeants de quelques pays qui sont en fait des ignorants au niveau de leurs comportements humains, mais qui s’accrochent à leur pouvoir et veillent à ne jamais perdre leur autorité.

Nous avons imaginé que le pays est comme un parking, et le personnage y travaille. C’est un jeune homme qui garde et gare les voitures, une personne qui ne connaît rien à la politique. Ce personnage, à un moment donné, va s’imaginer comme un président. Donc il se met à penser à tous les problèmes et contraintes qu’il peut rencontrer avec son entourage. Nous avons joué sur le symbolisme surtout au niveau des raisonnements du président ; comme par exemple dans sa relation avec le personnage Ch3iba, qui symbolise le peuple, ou alors dans sa relation avec la femme étrangère qui gère ses affaires.

Ces réalités existent surtout dans les pays arabes qui emploient des étrangers pour faire valoir un niveau de prestige. Nous avons montré plusieurs exemples de situation pour ce personnage devenu président dans sa tête, comme sa relation avec l’opposition par exemple.

A terme, nous disons que ce parking existe déjà, en donnant des exemples de pays comme la Tunisie, l’Egypte, la Lybie et la Syrie qui souffrent d’instabilité politique en ces derniers temps.

C’est un pièce qui nous ne concerne pas seulement en tant que marocains car c’est une représentation universelle du dirigeant. « Moi, le Président » était la pièce la plus longue parmi les autres et la seule où le public est resté jusqu’à la dernière minute. Ce qui a encouragé les étudiants à se détendre et à bien jouer leurs rôles.

Une personne présente dans le public nous a dit à la fin que notre spectacle n’est pas qu’une simple pièce théâtrale mais une leçon de morale à revoir plusieurs fois.

Nous avons reçu le prix de la meilleure scénographie et cela nous fait énormément plaisir et nous donnent la force et l’envie de continuer de jouer cette pièce dans d’autres festivals.

"Moi le Priésident" joué par des étudiants de Ouarzazate

Almaouja.com – Vous êtes une équipe qui a su faire face au vide culturel qui hante Ouarzazate. Pouvez-vous nous parler un peu de ce vide, et comment peut-on trouver une issue ?

M.D – Quand je participe à des évènements au nom de Ouarzazate, ils me disent qu’on a vraiment la chance d’être sur Ouarzazate, parce que c’est une ville d’art. Je dois dire que cette formule ne correspond pas à ce que je vis et ressens de Ouarzazate. Il a certes des tournages cinématographiques mais dans la réalité il n’y a rien qui ressemble à une vie artistique. Par contre, il est exact de dire que nous avons beaucoup de talents créatifs dans la ville.

Aucune salle de théâtre n’est disponible, aucune salle de cinéma non plus. Nous vivons avec ces paradoxes.

Quand je suis venu en 2010, on m’a dit qu’il y avait dans le passé sur la scène nationale des personnages issus de Ouarzazate qui ont excellé dans le théâtre. Mais pour l’instant, il n’y a personne, à part quelques amis travaillant dans l’éducation et qui font de petites expériences ; et bien sûr il y a ceux qui organisent, au nom de l’association Fawaniss, le Festival national de théâtre Amanay de Ouarzazate.

Nous devons constater l’absence d’encadrants et de formateurs, et bien évidemment l’absence d’infrastructures. Depuis quatre ans, nous attendons avec impatience la grande salle qui est toujours en construction, prise en charge par le Ministère de la culture, mais peut-être devrons nous encore attendre quatre années de plus. Pour l’instant, nous travaillons dans la salle de la municipalité qui manque d’éclairages et d’espace, le palais des congrès n’étant pas disponible aux activités théâtrales et plus généralement aux associations. À Zagora ou Kalàat Mgouna, il existe de très belles salles qui ont été construites par le Ministère de la culture.

Nous rêvons toujours d’une belle salle aussi dans notre ville afin de nous permettre de nous donner encore mieux à notre passion, pour le bénéfice de tous.

"Moi le Président" joué par des étudiants de Ouarzazate

Publié 14 mai 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Art, Spectacle, Théâtre, Université

«Tqerqib Ennab» : Le Théâtre Nomade investit l’espace public

Dalila Saadou – lematin.ma

Des troupes de théâtre se sont produites devant la gare Casa-Voyageurs pour le plus grand bonheur des badauds.

Des troupes de théâtre se sont produites devant la gare Casa-Voyageurs pour le plus grand bonheur des badauds.

En partenariat avec l’arrondissement des Roches noires, et après plusieurs représentations réussies dans différentes villes du Maroc, notamment Rabat, Salé, Agadir, Marrakech et Sidi Taibi, le Théâtre Nomade revient avec son spectacle «Tqerqib Ennab» pour célébrer la Journée internationale du théâtre à Casablanca. La troupe du Théâtre Nomade a donc investi le parc devant la gare de Casa-voyageurs, l’espace d’une heure, durant laquelle les spectateurs casablancais sont passés du rire aux larmes, de l’intrigue à la surprise, pendant que comédiens, danseurs, musiciens, acrobates et marionnettistes se sont entremêlés pour un spectacle populaire.
Mise en scène par Mohammed El Hassouni, d’après le livre de Youssouf Amine Elalamy, cette pièce théâtrale et foraine en darija s’inspire des arts et traditions populaires marocains et dresse un portrait de la société marocaine avec humour et poésie. Le texte est une série de saynètes satiriques, burlesques, loufoques, teintées d’un cynisme amusé, de portraits d’individus singuliers brossés au vitriol, étonnants, drôles, amusants, pathétiques, tragiques, criants de vérité et qui nous éclairent sur notre propre condition. Les personnages de «Tqerqib Ennab» tournent en dérision toutes les couches de la société croquées dans une darija acide et réjouissante.

Toujours à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, l’arrondissement des Roches Noires avait pour ambition de contribuer au renfoncement des échanges dans le domaine de la connaissance et de la pratique des arts de la scène. Ainsi, outre le spectacle organisé par le Théâtre Nomade, plusieurs autres activités (des manifestations culturelles et des conférences) qui avaient pour thème le théâtre ont été organisées durant la fin de la semaine dernière.
Les étudiants de l’ENCG ont aussi participé à ces manifestations, en présentant trois pièces théâtrales au Théâtre Mohammed VI le 28 mars dernier.


Itinéraire du Théâtre Nomade

L’association culturelle Théâtre Nomade a été créée en 2006 par Mohammed El Hassouni et Soufia El Boukhari. L’association travaille en itinérance, au plus proche des populations vulnérables. Elle installe son «Atelier culturel itinérant» (El Khayma) pour une «résidence» d’un an dans les communes et quartiers ne disposant pas d’infrastructure culturelle. L’objectif est d’aller à la rencontre des populations vulnérables et notamment des jeunes exclus en leur proposant des activités artistiques. L’association agit ainsi comme un service public culturel itinérant mis à la disposition des communes qui le souhaitent. Depuis sa création, l’association a travaillé dans différents quartiers de Salé entre 2006 et 2011 (Hay Inbiâat, Maza, Douar Mika), sur la commune de Bouknadel (2011-2012) et sur la commune rurale de Sidi Taibi (2012-2013), et prochainement à Sidi Moumen. L’association cible prioritairement les jeunes en situation d’exclusion, les femmes et les personnes en situation de handicap.

Publié 3 avril 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Art, Théâtre

Agadir : Le grand prix du 19ème FITUA remporté par la pièce théâtrale « Vie-rus »

lemag.ma

Agadir – Le grand prix de la 19ème édition du Festival international du théâtre universitaire d’Agadir (FITUA), organisée du 19 au 22 mars, a été remporté, samedi soir, par la pièce « Vie-rus »de l’Ecole normale supérieure de Meknès (Université Moulay Ismaïl).

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« Vie-rus » raconte l’histoire d’une mère qui, emportée par un amour fougueux, met en danger la stabilité de sa famille. L’image de la mère se désagrège aux yeux des enfants, son infidélité est mise à nu et les relations se dégradent tellement qu’une tentative d’assassinat est ourdie pour sauver l’honneur de la famille.

Selon la MAP, le prix de la meilleure mise en scènes est revenu à la pièce « Le dictateur » de l’ENCG relevant de l’Université Hassan II de Casablanca, le prix de la scénographie a été remporté par l’Espace Drâa pour la création dramatique de la faculté poly-disciplinaire d’Ouarzazate (Université Ibn Zohr) pour la pièce « Je suis le Président », le prix de la meilleure chorégraphie ayant été du ressort du Theatre Academy of Rome Sofia Amendolea pour la pièce « Kill the children (Tuer les enfants) ».

L’artiste égyptienne Hala de l’Institut supérieur des arts dramatiques d’Egypte s’est vu décerner le prix du premier rôle féminin pour le rôle d’une princesse dans la pièce « Histoire orientale », tandis que Fayçal Fadil de la Faculté de droit de Marrakech a remporté le prix de la meilleure interprétation masculine pour sa prestation dans la pièce « Le Médecin ».

Le prix du jury, composé cette année de Hamid Tbatou, enseignant à la faculté d’Ouarzazate, Uma Ananda Dagnino, artiste et chargée des Affaires culturelles à l’ambassade du Venezuela à Rabat, et Hut Schneider, réalisateur allemand, a été attribué à la pièce « Lâaça Frwida (Le bâton dans les roues) » de la faculté des lettres d’Agadir.

Cette 19ème édition a été marquée par la présentation de 13 pièces théâtrales de troupes venues de Russie, d’Italie, de Tunisie et d’Egypte, outre des troupes de théâtre représentant les universités Mohamed Ier d’Oujda, Moulay Ismail de Meknès, Mohammed V de Rabat, Cadi Ayyad de Marrakech et Ibn Zohr d’Agadir (facultés poly-disciplinaires de Taroudant et d’Ouarzazate et faculté des lettres d’Agadir).

Cette manifestation a été également ponctuée par des ateliers de formation aux métiers du théâtre encadrés par des professionnels, ainsi que par une exposition de masques sous la supervision de l’artiste Mohamed Maloumi.

Elle a aussi été une occasion pour le public gadiri d’échanger avec des noms du théâtre national, comme Abdessamad Miftah El Kheir, Jaouad Essayeh ou encore Amal Seddiki, alors que la cérémonie de clôture a été animée par l’artiste marocain du flamenco Hakim.

Hier soir à l’Institut Français d’Agadir : « Sur les traces de Landru »

Nous avons pu assister hier soir, au théâtre de verdure de l’IFA à cette pièce présentée par l’Atelier des Institutions Européennes.

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Une belle et humoristique pièce de théâtre de Michel Gervais, mise en scène par Rita Sallustio, qui retrace, sous forme de thriller, la vie et le procès de Landru, ce « serial killer » d’après guerre 14-18 qui a été guillotiné le 30 novembre 1921 et dont l’histoire s’est transformée en légende.

Tous les acteurs sont amateurs : d’horizon et de langue différente étant donné leur profession ( fonctionnaires européens ). Ce spectacle se joue en français. Il compte exceptionnellement un acteur issu du monde professionnel pour le rôle de Landru: Peppino CAPOTONDI, du « Petit Pan théâtre ».

Distribution (par ordre d’entrée) : Francesco Saporito, Jacques Polfort, Ekaterina Goloubkova, Nicole Vanhoutvinck, Jean-Luc Appart, Myriam de Pierpont, Joanna Basztura, Peppino Capotondi, Maria-Rosa de Paolis, Fatiha Mehladi, Véronique Rihoux, Maggy Triest, Elisa Agnolini, Patrik Åberg, François Bridelance, Nicole Dassonneville, Pascaline Deuquet, François de Pierpont, Luc Petit.

Danseuses de French Cancan : Maria di Nunzio, Ekaterina Goloubkova, Anna Vardanyan, Marie-Thérèse Angioi, Maria-Rosa de Paolis, Lucia Badalamenti, Dorota Myszkorowska.

Quelques photos prises pendant le spectacle :

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Publié 19 mars 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Culture, Spectacle, Théâtre

Agadir : 19e édition du FITUA du 19 au 22 mars

MAP – aufaitmaroc.com

La troupe Boa Compahnia de l'Université brésilienne de São Paolo avait remporté le grand prix de l'édition 2013 du FITUA, pour sa pièce 'Primus'. /DR

La troupe Boa Compahnia de l’Université brésilienne de São Paolo avait remporté le grand prix de l’édition 2013 du FITUA, pour sa pièce ‘Primus’. /DR

La Faculté des lettres et des sciences humaines d’Agadir organise, du 19 au 22 mars, la 19e édition du Festival international du théâtre universitaire (FITUA), avec la participation de plusieurs troupes venues du Maroc et de l’étranger.

 Cette édition sera marquée par la présence de troupes venues de Russie, d’Italie, de Tunisie et d’Egypte, outre des troupes de théâtre représentant les universités Mohamed Ier d’Oujda, Moulay Ismail de Meknès, Mohammed V de Rabat, Cadi Ayyad de Marrakech et Ibn Zohr d’Agadir (facultés poly-disciplinaires de Taroudant et d’Ouarzazate et faculté des lettres d’Agadir), indique un communiqué des organisateurs.

 Les troupes en lice pour les prix du festival seront départagées par un jury composé de Hamid Tbatou, enseignant à la faculté d’Ouarzazate, Uma Ananda Dagnino, artiste et chargée des Affaires culturelles à l’ambassade du Venezuela à Rabat, et Hut Schneider, réalisateur allemand.

 Cette manifestation sera ponctuée par des ateliers de formation aux métiers du théâtre qui seront encadrés par des professionnels, ainsi que par une exposition de masques sous la supervision de l’artiste Mohamed Maloumi.

 Cette édition sera également une occasion pour le public gadiri d’échanger avec des noms du théâtre national, comme Abdessamad Miftah El Kheir, Jaouad Essayeh ou encore Amal Seddiki.

 La tenue régulière de ce festival, organisé par la faculté des lettres d’Agadir depuis bientôt deux décades, confirme selon ses initiateurs, la volonté d’ériger les espaces de la ville, dont ceux de l’Université, en carrefours d’échanges entre les cultures et d’interaction entre les différentes sensibilités artistiques.

 Rappelons que le grand prix de la précédente édition du FITUA 2013 était revenu à la troupe Boa Compahnia de l’Université brésilienne de São Paolo, pour sa pièce Primus.

Théâtre à l’Institut Français d’Agadir : SUR LES TRACES DE LANDRU, le 18 mars 2014 à 19H30

landru_poster     L’Institut français d’Agadir a le plaisir de vous inviter à la représentation de la pièce théâtrale :

SUR LES TRACES DE LANDRU

Présenté par la troupe de l’Atelier Théâtral des Institutions Européennes

Mardi 18 mars à19h30

(spectacle en extérieur) 

     Les invitations sont disponibles  à la médiathèque de l’IFA

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SUR LES TRACES DE LANDRU

Texte de Michel Gervais

Adaptation et Mise en scène : Rita Sallustio

Plongez-vous dans l’histoire et la vie d’un criminel en série mythique.

Une pièce en 2 actes, écrite sous forme de «thriller».

Elle est présentée dans une ambiance d’euphorie d’après-guerre, au rythme du french cancan et de chansons tirées des chansonniers français des années 20.

La pièce est inspirée de l’histoire de Henri-Désiré Landru, un criminel en série qui a basculé dans le piège de l’argent « facile » à gagner pour ensuite  se retrouver dans l’obligation de tuer ses victimes  afin d’éviter l’horreur du bagne de Guyane.

Son histoire, s’est transformée étrangement en « légende »

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Publié 16 mars 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Culture, Théâtre

« L’encre des yeux » : Le théâtre contre l’abus sexuel des enfants

Fatiha Aboulhorma – MAP

Agadir – Le public gadiri a vécu, samedi soir, des moments d’intenses émotions lors de la présentation en avant-première de la pièce théâtrale « L’encre des yeux », une œuvre dramaturgique qui tente, pour la première fois aux plans national et arabe, d’aborder frontalement le phénomène de l’agression sexuelle des enfants, selon une approche alliant à la fois la brûlure des interrogations et les exigences de la scène.

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Fruit d’une collaboration entre l’association Douroub Al Fann Agadir et l’association « Touche pas à mon enfant », cette pièce tente de dépeindre les profondes répercussions psychologiques de l’agression sexuelle sur les enfants et de tirer la sonnette d’alarme sur l’ampleur d’un phénomène qui devrait interpeller l’ensemble des acteurs associatifs et des instances concernées. 

La pièce s’articule autour de l’expérience d’une fille, sans nom précis, ayant été victime d’un viol collectif puisqu’amplifié par le silence et la compromission généralisée. 

L’hémorragie initiale ou initiatique aura été d’une violence telle que la victime continue d’en porter des séquelles psychiques et sociales jamais cicatrisées. D’où un récit plaintif porté par quatre personnages qui, à coups de témoignages enchevêtrés, se relaient non sans hargne et véhémence. 

Au fond, il s’agit au fait d’un seul personnage central relayé par deux autres sosies, deux autres victimes de viol, qui viennent amplifier l’éclatement et la fragmentation psychologiques de la personne. Entre cris et mutisme, conscience et inconscience, mémoire et oubli, blessure et rétablissement, la présence du petit Nizar vient titiller le public avec l’innocence de ses questionnements incessants sur l’acte du viol, incapable qu’il est de « comprendre pourquoi et comment ça s’est passé ? ». 

Le réalisateur de la pièce Mohamed Jalal Aârab, qui en assure également la scénographie, explique dans une déclaration à la MAP que ce travail, mu par le souci de ratisser le plus large possible, a fait intervenir une batterie de procédés scéniques, dont certains s’inspirent des écoles dramaturgiques postmodernes. 

Ainsi en est-il du recours aux multimédias (projections de photos des victimes, sit-in de protestation, déclarations d’acteurs associatifs concernés par la lutte contre l’agression sexuelle des enfants), ou encore de l’utilisation des arts de performance (chorégraphie, expression corporelle, chants, jeux), des arts du récit (flash-back, intertexte) et des arts visuels (éclairage, couleurs, théâtre d’ombre). 

Cette mise en scène ainsi perçue ambitionne, selon lui, de créer une dynamique interne entre les personnages de la pièce où le récit opère un va-et-vient constant entre la réalité crue et l’imaginaire, le symbole et l’évocation, assurant que l’interaction de l’ensemble de ces procédés donne au spectacle une structure fragmentée, presque chaotique, où se côtoient la raison et l’absurde, le sacré et le profane, le dit et le non-dit. 

Pour ce faire, a-t-il encore expliqué, « nous avons conçu une forme visuelle basée sur le symbole et sa charge référentielle dans la mémoire sociale, en faisant intervenir l’image de la pieuvre et son extension tentaculaire qui étouffe des poupées, symboles des victimes du viol ». 

La présidente de l’Association « Touche pas à mon enfant » Najat Anwar a, de son côté, souligné dans une déclaration similaire l’apport de toutes les formes d’expression artistique à la lutte contre le phénomène de l’agression sexuelle des enfants, rappelant la contribution de cette ONG à la réalisation d’un court métrage intitulé « Silence à haute voix » de Driss Al Idrissi, d’un long métrage « La danse du monstre » de Hassan Benjelloun, en plus d’autres chansons dans toutes les langues et dialectes. 

« Aujourd’hui, nous avons eu recours au théâtre, l’art par qui nombre de nations sont devenus matures et nombre de peuples ont évolué. Pourquoi ne pas associer le théâtre à notre lutte commune contre ce monstre qu’est le phénomène de l’agression sexuelle des enfants? », a-t-elle dit. 

Cette pièce d’une durée de 1h10 environ devrait être présentée dans la majorité des villes de la région Souss-Massa-Drâa et dans les grandes villes du Royaume, avant de mettre ultérieurement le cap sur des pays comme la Tunisie, le Koweït, l’Allemagne, la Belgique, la France, la Hollande, le Canada et l’Espagne. 

Hormis Kébira Berdouz ayant campé des rôles dans d’autres pièces théâtrales et films de cinéma, les trois autres interprètes de « L’encre des yeux », en l’occurrence Safia Zanzouni, Dina Anwar et le petit Badr Nizar Aârba, montent sur scène pour la première fois, alors que l’éclairage est assuré par Said Adil et la régie par Safae Ramdani.

Publié 4 mars 2014 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Théâtre

Hier soir, « Délire d’Agadir » par « Les Allumés du Souss »

Hier soir à l’Institut Français d’Agadir, la troupe de comédiens amateurs « LES ALLUMES du SOUSS » a produit , devant près de 200 spectateurs enchantés, un spectacle totalement inédit : « Délire d’Agadir »
Quelques photos prises au cours de ce spectacle :

La salle de l’Institut Français était pleine à craquer :IMG_7638 IMG_7639Les acteurs : de vrais pros ! IMG_7647 IMG_7649.IMG_7666 IMG_7668 IMG_7671. IMG_7674 IMG_7677 IMG_7679. IMG_7683. IMG_7684. IMG_7685 IMG_7686 IMG_7688 IMG_7689. IMG_7692

Créée il y a tout juste 4 mois, la section THEATRE de l’UNION des FRANÇAIS de l’ETRANGER, délégation d’Agadir, a conclu avec l’ASTAP (Académie Supérieure de théâtre et des Arts Pratiques) de Saïd Lasri un partenariat afin de permettre à ceux de ses Adhérents intéressés de s’essayer à jouer la comédie .IMG_7659 IMG_7662

Le résultat hier a été bien au-delà des espérances car cette troupe montait sur les planches pour la première fois et  les acteurs ont fait preuve d’un talent et d’une maîtrise totalement inattendus… sans compter que tous les textes des quelques 10 sketches interprétés avec maestria ont été écrits par eux.IMG_7645. IMG_7654

Les spectateurs ont été ébahis par tant de professionnalisme et ont abondamment félicité les interprètes.IMG_7695Bravo aux acteurs et à leur professeur Saïd Lasri !!! IMG_7696 IMG_7698Maintenant, au travail pour le prochain spectacle !

La section THEATRE est l’une des 13 sections d’activités qui ont été créées par l’UFE d’Agadir ( randonnée pédestre, 4X4, tarot, belote, scrabble, ping-pong, pétanque, danse, golf, chant …)

Elles permettent ainsi aux Adhérents de l’Association de se divertir en fonction de leurs goûts,  tout en exprimant leurs aptitudes et en se créant de nombreux contacts.

logoUFEL’UFE d’Agadir, une des 179 délégations de l’UFE dans le monde, compte aujourd’hui près de 500 Adhérents . Ceux-ci, outre la participation gratuite aux différentes sections d’animation ci-dessus, bénéficient du support et des conseils de l’UFE, et profitent, sur présentation de leur carte UFE,  des PRIVILEGES UFE, accords de prix accordés par une centaine de commerçants et d’établissements d’Agadir et de la région Souss-Massa-Draa .

L’UFE d’Agadir mène en parallèle un certain nombre d’actions de bienfaisance dans le domaine social, au bénéfice des Associations françaises et marocaines présentes à Agadir.

Tout renseignement sur www.ufe-agadir.com et à la Permanence UFE, lundi 14h-16h et mercredi 9h-12h, adresse Comptoir Agricole du Souss  Avenue Hassan II face à la place des taxis tel 05 28 82 36 15

Publié 4 juin 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Spectacle, Théâtre

Venez vous détendre demain soir (lundi 3 juin) à l’IFA avec les « Allumés du Souss »

Le spectacle « Délire d’Agadir » sera présenté à partir de 20 heures à l’IFA.
Ne ratez pas ce bon moment.

Entrée gratuite

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Publié 2 juin 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Humour, Théâtre

« Délire d’Agadir » par les « Allumés du Souss » le 3 juin 2013 à 20h00 à l’Institut Français Agadir

Une coquille s’est glissée sur l’affiche qui apparaissait sous le même titre.
La correction a été faite, voici l’affiche remise à jour :delire d agadir

Publié 23 mai 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Animation, Théâtre

1er Festival national du théâtre hassani d’Agadir

MAP – soussannonces.net

93ec5c2c7d9c77fb66a79b3f14715f6cAgadir accueillait depuis jeudi 16 la première édition du théâtre national hassani, sous le signe « Le théâtre, un des affluents de la culture hassanie ».
Cet événement, qui s’est achevé ce dimanche 19, était une initiative du Forum national des jeunes du Sahara et de l’Association Wafa théâtre, avec le soutien du Conseil national des droits de l’Homme.

Cette manifestation visait, selon ses initiateurs, à encourager la créativité et stimuler les compétences théâtrales, promouvoir la culture hassanie à travers le théâtre et à établir des passerelles et consolider les échanges entre les artistes hassanis et leurs pairs des différentes régions du Royaume.

Les organisateurs ont noté, lors d’un point de presse mercredi au siège de la Commission régionale des droits de l’Homme-Agadir, que ce festival ambitionnait aussi de renforcer la présence de la langue hassanie dans les productions artistiques nationales, d’offrir aux jeunes talents l’opportunité de s’épanouir, d’enrichir la pratique théâtrale au Sahara et de contribuer au rayonnement culturel de la région Souss-Massa-Drâa.

Des troupes théâtrales venant de Tan Tan, Smara, Laâyoune, Dakhla et d’Agadir ont pris part à cette première édition, qui prévoyait aussi la présence d’invités d’honneur et de membres du jury de renommée nationale.
Outre une table ronde sur « L’état des lieux du théâtre hassani », cette rencontre a été ponctuée par des ateliers de formation et des spectacles de musique et de chants hassanis dans différentes salles de spectacle d’Agadir.

Ouverture à Agadir d’une Ecole Supérieure privée de Théâtre et des Arts Pratiques

ATSAPC’est la seconde Ecole de théâtre créée au Maroc.

Elle comprend déjà une troupe d’environ 20 personnes et disposera au début de l’année prochaine de 5 professeurs.

M. Saïd Lasri qui a créé cette Ecole nous a annoncé qu’un spectacle était en préparation et aurait lieu le 3 juin : « Les Allumés du Souss » (des sketchs comiques de 5 à 6 minutes)

 

Publié 20 mai 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Culture, Théâtre

Festival du théâtre scolaire en langue française : Des lycéens d’Agadir se produisent à Istanbul

aufaitmaroc.com

Logo-theatre-_23042013125802Des élèves du Lycée Lalla Meryem d’Agadir ont présenté dimanche à Istanbul, leur nouvelle pièce théâtrale “Les gouttes”, dans le cadre du Festival du théâtre scolaire en langue française qui s’est tenu du 9 au 23 avril dans la mégapole turque.

La pièce, qui traite de la thématique de l’eau et de la lutte contre la pollution, a été présentée à “Notre Dame de Sion”, un des lycées francophones d’Istanbul.

Les jeunes Gadiris ont séduit par leurs prestations et la profondeur du thème abordé, des élèves turcs venus nombreux assister à cette pièce de théâtre et qui découvraient la culture marocaine.

Dans cette pièce, Omar Sehnoune, écrivain et metteur en scène, a fait parler des gouttes d’eau qui racontent leurs “souffrances” du fait de la pollution qui envahit de nos jours mares, rivières, océans (ETC) dans un style simple et direct. Les comédiens marocains ont ainsi fait passer plusieurs messages sur l’importance de la préservation de l’environnement et de la lutte contre la pollution.

Les lycéens turcs ont par la suite interrogé la troupe Gadirie sur la pertinence du thème choisi et son importance dans “un monde peu soucieux des questions environnementales”, aux aspects purement artistiques et techniques, comme les costumes, le décor et la prestation des comédiens.

Loin d’être un coup d’essai

“À chaque fois, la troupe choisit des thématiques qui suscitent l’intérêt des étudiants dans le milieu scolaire ou celles qui traitent de questions globales qui touchent à l’avenir de l’humanité. C’était déjà le cas en 2012 quand la troupe a présenté une pièce théâtrale sur les conséquences du nucléaire.”

ABDELLAH BENCHIGUER, DIRECTEUR DE LA TROUPE

La troupe théâtrale du lycée Lalla Meryem d’Agadir n’en est pas à sa première production. Elle a représenté son lycée à plusieurs reprises dans plusieurs pays du monde comme la Roumanie, la France, le Canada ou l’Espagne, dans le cadre du réseau international du théâtre scolaire en langue française (Artdrala).

Publié 26 avril 2013 par Michel Terrier dans Actualité, Agadir, Art, Culture, Théâtre

Clôture du 18ème Festival international du théâtre universitaire : Une troupe brésilienne primée à Agadir

MAP – libe.ma

5397661-8052476Le grand prix de la 18ème édition du Festival international du théâtre universitaire d’Agadir (FITUA), organisée par la Faculté des lettres relevant de l’Université Ibn Zohr du 3 au 6 avril, est revenu à une troupe de l’Université brésilienne de Sao Paolo pour sa pièce « Primus ».
Ce spectacle de la troupe Boa Compahnia revient sur les rapports entre l’homme et le singe et tente d’approcher comment l’homo-sapiens peut apporter des réponses aux errances et aux interrogations existentielles qui taraudent l’homme moderne devenu, curieusement, capable de détruire d’un simple bouton la planète entière.
Le prix spécial du jury a été décerné ex aequo à « La dernière répétition », d’une troupe de l’Université de Monsatir (Tunisie) et à la pièce « Les envahisseurs » de l’ENCG Casablanca.
Alors que Mohamed Ayyad de la Faculté des lettres Ben Msick (Casablanca) s’est vu attribuer le prix de la mise en scène pour « Les émigrés », Karima Oulhout de la même troupe a remporté le prix du meilleur rôle féminin, le meilleur rôle masculin étant remporté par Fayçal Kaboul de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Kadi Ayyad de Marrakech dans la pièce « Le pendu ». Le jury a décerné le prix d’interprétation collective sur scène à un trio de la Faculté poly-disciplinaire d’Ouarzazate dans la pièce « L’affaire », tandis que le prix du meilleur costume a été attribué à une troupe de l’Université espagnole de Tolède pour la pièce « Caligula ».
Outre des hommages rendus à l’artiste marocaine Bouchra Ijourak, au réalisateur amazigh Houcine Bouyzgarne et à l’artiste Abdellah Chakiri, la cérémonie de clôture a été égayée par des partitions musicales et d’une chorégraphie haute en couleurs sur une mise en scène de Hicham Aâbed sous la supervision de Hanane Bennoudhi et Chadia Derkaoui de la Faculté des lettres d’Agadir.

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